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L'Ontario pourrait prévenir la mort de plus de 100 aînés en foyer, selon des experts

Un résident transporté sur une civière par des ambulanciers.

Le nombre de décès dans les foyers pour aînés en Ontario durant la 2e vague est en voie de dépasser celui de la 1re vague.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Un groupe d'experts qui conseille le gouvernement de Doug Ford critique sévèrement son plan de vaccination contre la COVID-19, affirmant que 115 vies pourraient être sauvées dans les foyers pour aînés si la province vaccinait tous les bénéficiaires avant la fin du mois.

Jusqu'à maintenant, l'Ontario a immunisé les résidents et les employés des centres de soins de longue durée dans les zones chaudes de Toronto, Peel, York et Windsor-Essex.

L'objectif du gouvernement Ford est d'offrir la première dose du vaccin aux aînés dans tous les autres foyers de la province d'ici le 15 février.

Le général à la retraite Rick Hillier, qui dirige le groupe de travail provincial sur la distribution des vaccins contre le coronavirus, a toutefois précisé cette semaine que la province pourrait rater cet objectif de quelques jours, en raison de problèmes d'approvisionnement en doses.

Or, selon les extrapolations du rapport de la Table de consultation scientifique de l'Ontario sur la COVID-19, le gouvernement Ford pourrait éviter 600 cas et sauver 115 vies parmi les résidents des centres de soins de longue durée en vaccinant tous les bénéficiaires d'ici le 31 janvier plutôt que le 15 février.

Une travailleuse de la santé injecte le vaccin dans l'épaule d'Anita Quidangen.

Anita Quidangen, une préposée d'un foyer pour aînés de Toronto, reçoit sa 2e dose du vaccin contre la COVID-19, le 4 janvier. Elle avait été la première personne en Ontario à être immunisée il y a 3 semaines.

Photo : Rogers/CBC

Vacciner des travailleurs de la santé

Contrairement à l'approche de plusieurs autres provinces y compris le Québec, les premières personnes à être vaccinées en Ontario n'étaient pas des aînés, mais des employés des centres de soins de longue durée.

Les autorités ontariennes ont expliqué qu'elles cherchaient ainsi à prévenir les infections souvent transmises par le personnel, en plus de pallier la difficulté initiale de transport du vaccin de Pfizer-BioNTech, qui doit être entreposé dans des congélateurs spéciaux.

Selon le gériatre Nathan Stall de l'Hôpital Mount Sinai de Toronto, qui est l'un des auteurs du rapport, l'Ontario a opté pour la mauvaise approche.

C'est un échec renversant. La priorité numéro un depuis le début aurait dû être de vacciner les aînés dans les foyers.

Dr Nathan Stall, gériatre

Le Dr Stall ajoute que la province avait assez de doses initialement pour vacciner tous les résidents des centres de soins de longue durée en priorité.

Selon le groupe d'experts, compte tenu des problèmes actuels d'approvisionnement pour le vaccin de Pfizer-BioNTech, la province devrait offrir une première dose à tous les bénéficiaires des foyers, avant de continuer à donner une deuxième dose aux employés.

Les critiques de la Table de consultation font écho à celles de l'opposition néo-démocrate et d'autres spécialistes médicaux, notamment, qui ont accusé le gouvernement Ford de mettre trop de temps à vacciner les aînés.

On aurait pu faire tellement mieux.

France Gélinas, porte-parole du NPD en matière de santé

Le NPD demande au gouvernement Ford d'appeler l'Armée en renfort comme durant la première vague, de bonifier le dépistage et d'embaucher plus de personnel dans les résidences pour personnes âgées.

Mme Gélinas critique le fait que la province a confié la campagne d'immunisation aux hôpitaux plutôt qu'aux bureaux locaux de santé publique. Les hôpitaux n'ont jamais fait de vaccination, ils ne connaissent pas ça, dit-elle.

Au Québec par exemple, tous les résidents des centres d'hébergement de soins de longue durée (CHSLD) ont reçu leur première dose.

Un porte-parole du ministère de la Santé de l'Ontario indique que la province a accéléré la cadence et devrait pouvoir vacciner au cours des prochaines semaines jusqu'à 40 000 personnes par jour, comparativement à environ 11 000 actuellement.

PRÉCISION : Une version précédente de ce texte indiquait que l'Ontario pourrait prévenir 580 décès de résidents dans les foyers en vaccinant tous les bénéficiaires avant le 31 janvier. En fait, ce chiffre correspond au nombre de vies sauvées comparativement au nombre projeté de décès s'il n'y avait pas du tout de vaccination en ce moment dans les centres de soins de longue durée.

Une « crise », selon la Coalition de la santé

Plus de 250 centres de soins de longue durée en Ontario font face actuellement à une éclosion, soit environ 2 foyers pour aînés sur 5.

La province a recensé 87 décès de plus, vendredi, y compris au moins 42 résidents de foyers pour aînés.

Le nombre de morts dans les centres de soins de longue durée durant la deuxième vague est en voie de dépasser celui de la première vague, note la Coalition de la santé de l'Ontario.

Anna Tomlinson tient une photo d'elle avec sa mère.

Anna Tomlinson s'inquiète pour sa mère, Gloria, qui est dans un centre de soins de longue durée à Barrie.

Photo : Zoom

Anna Tomlinson s'inquiète pour sa mère octogénaire, Gloria, qui habite dans un centre de soins de longue durée à Barrie, au nord de Toronto.

Elle souffre de démence et est incapable de marcher ou même de boire et de manger par elle-même.

Durant la première vague, elle n'a pas pu voir sa mère en personne pendant 186 jours. Ça fait maintenant 28 jours qu'elle ne l'a pas visitée, à cause des restrictions à sa résidence.

Nos aînés en Ontario meurent rapidement à cause de la COVID-19. Ils meurent aussi d'isolement et de négligence, parce que notre système de soins de longue durée ne fonctionne pas.

Anna Tomlinson, fille d'une résidente d'un centre de soins de longue durée

La directrice générale de la Coalition de la santé de l'Ontario, Natalie Mehra, accuse le premier ministre Doug Ford et sa ministre des Soins de longue durée, Merrilee Fullerton, de tenter de minimiser l'ampleur de la « crise ».

S'il ne s'agit pas d'une urgence, qu'est-ce qui leur faut?

Natalie Mehra, directrice générale de la Coalition ontarienne de la santé

Tout comme le NPD, elle soutient que le gouvernement Ford devrait recruter plus de préposés aux bénéficiaires et appeler l'Armée en renfort à court terme. Les gens meurent à un rythme sans précédent, nous avons besoin d'aide, dit-elle.

Le gouvernement répond

En réponses à ces critiques, le ministère des Soins de longue durée rappelle faire des investissements massifs pour répondre à la crise.

Notre gouvernement a lancé la plus grande campagne de recrutement et de formation de l’histoire de l’Ontario. Pour mettre en œuvre notre plan de dotation en personnel, nous faisons des investissements annuels supplémentaires, culminant à 1,9 milliard de dollars par an pour créer plus de 27 000 nouveaux postes pour les préposés au soutien personnel, les infirmières autorisées et les infirmières auxiliaires autorisées, affirme Krystle Caputo, responsable des communications pour la ministre Merrilee Fullerton, dans un courriel envoyé vendredi après-midi.

Notre dossier : La COVID-19 en Ontario
Avec les informations de CBC News

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