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Ramassage en magasin : efficace, mais pas pour tous

Un homme marche devant un magasin fermé.

Jusqu'au 8 février, seuls les commerces offrant des biens essentiels peuvent accueillir des clients à l'intérieur. Les autres sont tenus de se limiter au ramassage en bordure de rue.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

La possibilité de ramasser ses achats non essentiels à la porte des magasins semble concluante pour les commerces pouvant compter sur un site web performant. Mais la mesure est loin d’être une panacée, encore moins pour les petites boutiques.

L'entrée du magasin Zone Maison de la rue Saint-Denis à Montréal est devenue, depuis le 11 janvier, un petit lieu d'entreposage des commandes en ligne à remettre aux clients.

C'est avantageux, fait valoir sa présidente Madeleine de Villers. C'est une autre option. Elle rapporte que ses revenus ont chuté de 70 % par rapport à l'année dernière.

La moitié de ses ventes actuelles, provenant du web, fait maintenant l'objet d'un ramassage en magasin. Une façon de faire plus rapide et instantanée et qui évite bien des frais de main-d'œuvre et d’emballage comparativement au recours à un service d’expédition.

Rapidement, Mme de Villers condamne le service Amazon qui a créé une attente chez les consommateurs, où tout arrive par magie.

Pour nous qui n’avons pas les structures des grandes entreprises, c’est vraiment avantageux le ramassage en magasin.

Madeleine de Villers, présidente, Zone Maison

Dans les boutiques de quartier, sans site web, l'interdiction d'entrer réduit les ventes à presque rien. Le directeur d’Ophir Maison, rue Monkland, Marcel Aoun, ne cache pas que ça va mal. Depuis le 11 janvier, dit-il, nous avons eu deux clients qui nous ont appelés. Ils savaient ce qu’ils voulaient. C’est tout.

L’industrie de la mode en difficulté

Derrière les vitrines de nombreux détaillants de vêtements indépendants, les lumières sont la plupart du temps éteintes. Et lorsqu’elles ne le sont pas, l’heure est parfois à l’inventaire. Pour le moment, on est fermé, fermé, nous annonce une employée du magasin Neon de la rue Saint-Denis. Beaucoup préfèrent simplement attendre une véritable réouverture.

D'autres, qui ont repris du service, nous ont confié que la clientèle comprend peu les règles et que l'impossibilité d'essayer les vêtements sur place alourdit la tâche.

Seuls les magasins de sport et de plein air semblent, dans les circonstances, bien se tirer d'affaire. Paul Errandonera, directeur marketing pour La Cordée, indique que la cueillette à la porte tient le rôle d’une vente complémentaire; 80 % de la marchandise vendue transitent encore par la livraison à domicile.

La Cordée a investi dans son commerce en ligne ces derniers mois. Afin d'éviter un va-et-vient pour les essayages de vêtements et d'équipements, le site comprend davantage d’informations pour renseigner les clients sur les produits.

C’est plus facile, souligne un client. On se stationne, on ramasse. Quand un livreur laisse un colis devant la porte, le monde qui marche dans la rue peut facilement le ramasser.

Aux sportifs en quête de nouveaux produits, s'ajoutent les lecteurs qui dévorent plus de livres que jamais par les temps qui courent. La propriétaire de la librairie Le Fureteur à Saint-Lambert, Valérie Bossé, dit ne jamais avoir été aussi occupée qu’en ce moment. Des gens peuvent commander par téléphone et venir chercher leur livre, explique-t-elle. Quand ça a fermé au printemps, c’est ce qui manquait, la cueillette.

Valérie Bossé se sait, tout compte fait, bien privilégiée. Pour la plupart, le ramassage en bordure de rue, qui risque de perdurer au-delà du 8 février, demeure bien insuffisant.

On commence à entendre de la détresse, relate le directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD), Stéphane Drouin. La chaîne de liquidité est en train de briser un peu. Les détaillants n’ont pas fait leurs ventes de l’Après-Noël, les livraisons de marchandises pour le printemps commencent à arriver et il faut faire les paiements.

Une impression d’incohérence

Certains commerces qui vendent des biens essentiels se retrouvent à l’occasion dans une situation inédite. Un client y achète un produit essentiel à l’intérieur, mais commande en ligne sur son téléphone intelligent un produit non essentiel pour le recevoir ensuite à l'extérieur du magasin.

Canadian Tire, appelé à se retrouver dans cette situation plus souvent qu’à son tour, dit ainsi continuer à se conformer à tous les règlements et restrictions du gouvernement concernant la COVID-19.

Stéphane Drouin, du CQCD, reconnaît le caractère loufoque de cette situation, mais insiste sur la nécessité de trancher quelque part afin de trouver un équilibre entre la santé publique et l’économie.

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