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La Dre Drouin contredit Legault : la population ne sera pas testée au hasard

Le premier ministre avait annoncé que des tests aléatoires seraient utilisés dans les secteurs chauds.

Plan rapproché de Mylène Drouin, assise.

La directrice régionale de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Interrogée à trois reprises, la directrice régionale de la santé publique de Montréal, Mylène Drouin, a été catégorique : il n'est pas prévu de tester au hasard les habitants des quartiers les plus chauds. François Legault avait pourtant annoncé le contraire, mardi.

Dans le réseau de la santé montréalais, plusieurs ont sursauté, mardi, en entendant le premier ministre annoncer que « des tests aléatoires rapides » pourraient être réalisés dans les quartiers les plus touchés de l'île de Montréal.

C’est possible, dans les prochains jours, qu’on demande d’aller vous faire tester, même si vous n’avez pas de symptômes, avec des tests rapides ou des tests réguliers.

François Legault, premier ministre du Québec, le 19 janvier

La Dre Drouin a paru ne pas savoir de quoi il s'agissait durant sa conférence de presse, vendredi. Je n'ai pas de réponse, a-t-elle dit. Ce n’est pas une stratégie qui est retenue pour le moment.

Selon quatre sources, des cadres de CIUSSS montréalais ont tous appris l'intention du premier ministre en direct à la télévision, mardi, et ils n'ont pas été plus informés dans les jours suivants.

C'est vraiment choquant que le premier ministre fasse des annonces sans se coordonner avec le terrain.

Marie Montpetit, porte-parole libérale en matière de Santé

« Est-ce qu'ils vont arriver sur les terrains des gens pour les tester ou venir les voir dans la rue? » se demandait, jeudi, le maire de la petite ville de Montréal-Est, Robert Coutu, dont la communauté est la plus frappée par le virus au Québec.

Montréal-Est rapporte autant de cas dans les 14 derniers jours que durant les 6 premiers mois de la pandémie. Un taux de contamination cinq fois plus élevé que la moyenne québécoise. « On n'est pas fiers », dit le maire.

Dès lundi, le ministère de la Santé ouvrira une clinique de dépistage au centre récréatif de Montréal-Est dans laquelle seront déployés des tests classiques, mais aussi des tests rapides.

Les tests rapides ne sont pas pour les asymptomatiques, prévient la Dre Drouin

Des professionnelles de la santé portant leur blouse bleue et un masque.

Les tests rapides commencent à être utilisés dans les cliniques de dépistage.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Mylène Drouin a même expliqué que les tests rapides ne sont pas prévus pour être utilisés avec des personnes asymptomatiques, en raison de leur manque de fiabilité. Ils fonctionnent mieux avec les symptomatiques.

Dans une file d’attente d'une clinique de dépistage, on pourrait prendre les symptomatiques et les diriger davantage vers les tests rapides, ce qui laisserait pour les autres personnes l’autre type de tests.

La Dre Mylène Drouin, directrice régionale de la santé publique de Montréal

La santé publique et le gouvernement ont en tout cas un objectif commun : augmenter le nombre de tests, car depuis le retour des fêtes, les cliniques de dépistage sont sous-utilisées.

Mylène Drouin souhaite rehausser le dépistage chez les 12-17 ans et intensifier la recherche de cas dans les quartiers chauds.

Selon un sondage réalisé par le CIUSSS du Nord-de-l'Île-de-Montréal, un habitant sur deux ne sait pas où aller ou comment faire pour se faire dépister.

Il faut aussi inciter les gens à se faire tester le plus rapidement possible. Plus la détection est rapide, plus l'isolement des cas positifs est rapide et plus on limite la contagion, a dit François Legault, mardi.

La santé publique prévoit faire des démarches dans les communautés pour que les membres de celles-ci aillent passer des tests en cas de symptômes ou de contact avec des cas de COVID-19, pour informer les gens dans leur langue et pour « démystifier les craintes ».

Le déploiement des tests rapides va commencer

Il donne une conférence de presse.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, donnait depuis deux mois des raisons expliquant pourquoi il n'avait pas encore utilisé les centaines de milliers de tests rapides dont il dispose.

Photo : La Presse canadienne / Ryan Remiorz

Une chose est sûre : Québec s'apprête à déployer massivement des tests rapides dans la province, à commencer par les points chauds de Montréal et de Laval.

Ces tests sont semblables aux prélèvements traditionnels, mais leur résultat vient beaucoup plus vite. Leur fiabilité est toutefois plus faible. C'est pourquoi ils seront utilisés de façon « complémentaire ».

Une directive sera acheminée dans le réseau prochainement afin de baliser l’utilisation prudente de ces tests au Québec.

Marjaurie Côté-Boileau, attachée de presse du ministre de la Santé du Québec

À Montréal, deux cliniques de dépistage, celles de Saint-Léonard et d'Hochelaga-Maisonneuve, disposent déjà de tests rapides. Ils seront aussi déployés à l'Hôpital Maisonneuve-Rosemont, en difficulté, dans le cadre d'un projet pilote.

Les tests rapides seront aussi utilisés au cours des prochains jours à l'école Calixa-Lavallée, de Montréal-Nord. Il s'agit aussi d'un projet pilote.

Le ministère de la Santé précise que les discussions continuent avec le réseau au sujet de l'utilisation de ce type de tests dans les écoles.

Il manquait de réactifs pour employer les tests rapides

Analyse d'un test de dépistage rapide.

Analyse d'un test de dépistage rapide

Photo :  CBC / Robert Short

Depuis deux mois, Québec était pressé par l'opposition d'utiliser les plus d'un million de tests rapides qui dormaient dans des entrepôts après leur livraison par le gouvernement fédéral.

Là, on a trouvé des endroits où c'est approprié de le faire, a expliqué le ministre de la Santé Christian Dubé, jeudi. On a reçu les réactifs pour le faire, a-t-il ajouté.,

Effectivement, nous avons reçu des quantités importantes des réactifs nécessaires à l’utilisation des tests rapides dans les derniers jours.

Marjaurie Côté-Boileau, attachée de presse du ministre de la Santé du Québec

Le cabinet du ministre assure que l’utilisation prudente des tests rapides au Québec n’a pas de lien avec le nombre de réactifs [dont nous disposions].

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