•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La pêche au saumon « en crise » en Colombie-Britannique

Des bateaux sont amarrés dans le port de Steveston.

Les pêcheurs tentent tant bien que mal de diversifier leur pêche.

Photo : Radio-Canada / William Desaulniers

Des associations de pêcheurs de la Colombie-Britannique tiennent une conférence jeudi et vendredi pour trouver des solutions à la crise que, selon eux, traverse l'industrie de la pêche au saumon.

Trent Cusseter pêche le saumon quinnat, le saumon coho et le saumon rose depuis cinq ans. Quand je pars à la pêche au saumon, je pars pour deux mois jusqu'à Haida Gwaii, dit-il, campé sur le pont de son bateau amarré au port de Steveston, à Richmond.

Pour lui, la pêche au saumon est mal gérée. Par exemple, l'an dernier, on n'a pas eu le droit de pêcher le saumon quinnat avant le 20 août, alors que le saumon quinnat arrive en juillet et au début du mois d'août, s'indigne-t-il.

Pourquoi nous accorder des quotas et en même temps ne pas nous laisser pêcher quand le poisson est là?

Trent Cusseter, pêcheur de saumons

Le président de l'Association des pêcheurs à la traîne du nord de la Colombie-Britannique, David MacKay, note que les saisons de pêche au saumon de 2019 et 2020 ont été les pires saisons de l'histoire.

Il condamne, lui aussi, les interdictions de pêche prononcées par le ministère des Pêches et Océans ces dernières années.

Disons qu'on exploite 10 à 100 saumons quinnat sur un groupe de 5000 à 10 000. Ça reste un petit pourcentage, mais parfois, le ministère des Pêches et Océans accepte 0 saumon. Ça veut dire alors qu'on ne sort plus pêcher, gronde-t-il.

Il dénonce aussi la concurrence avec les pêcheurs de l'Alaska. L'an dernier, on n'avait le droit de pêcher que 115 000 saumons quinnat. C'est la moitié de ce que pêche l'Alaska et, finalement, on n'en a attrapé que 30 000, regrette-t-il.

Des bateaux de pêche sont amarrés au quai.

Au quai de Steveston, les citadins viennent s'approvisionner directement en poissons.

Photo : Radio-Canada / Alexandre Lepoutre

Parmi les 150 entreprises de pêche à la traîne qui sillonnent la côte nord de la Colombie-Britannique, beaucoup risquent de fermer dans les prochaines années, selon David MacKay.

La flotte vieillit. L'âge moyen d'un pêcheur est entre 50 et 60 ans.

David MacKay, président de l'Association des pêcheurs à la traîne du nord de la Colombie-Britannique

Après avoir pêché le saumon pendant plus de 20 ans, George Lubisz, un pêcheur de Steveston, a donc décidé de se reconvertir dans la pêche au thon.

Le thon n'est pas aussi difficile à pêcher que le saumon. Pour quelqu'un de mon âge, c'est un travail facile, explique-t-il.

Le pêcheur, qui porte une barbe blanche et une casquette décorée d'un poisson, se tient sur le pont de son bateau.

George Lubisz a commencé sa carrière de pêcheur en 1988.

Photo : Radio-Canada / William Desaulniers

Or, même ceux qui décident d'abandonner la pêche au saumon ont du mal à rebondir, selon David MacKay, parce qu'ils ne parviennent pas à revendre leur permis de pêche, dont la valeur peut dépasser 100 000 $.

Une dizaine d'associations de pêcheurs de la Colombie-Britannique tiennent donc une conférence virtuelle jusqu'à vendredi après-midi pour préparer des recommandations qu'ils enverront à la ministre des Pêches, des Océans, et de la Garde côtière, Bernadette Jordan.

On a besoin de transparence, croit David MacKay. On a besoin de travailler avec les gérants locaux parce ce sont eux qui savent ce qui se passe sur place.

Avec les informations d'Alexandre Lepoutre

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !