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Découragement, résignation et espoir pour les étudiants

Assise à son bureau, une étudiante suit un cours en ligne de chez elle avec une fenêtre en arrière-plan.

Une étudiante suit un cours en ligne chez elle (archives)

Photo : Reuters / NATHAN FRANDINO

Depuis plus de 10 mois, les étudiants doivent suivre leur cours à distance ou en formule hybride. Devant leur écran, chez eux, ils tentent de poursuivre leurs études. Comment vont-ils?

J’ai hâte que ça finisse et j’ai hâte que l’on puisse vraiment vivre nos études, voir nos amis et profiter un peu de notre jeunesse, affirme Alicia Lévis, étudiante en Technique de soins infirmiers à Rouyn-Noranda.

En juin dernier, elle a terminé ses études secondaires, sans vivre son bal de finissants comme elle l’avait imaginé. Alicia Lévis souligne que lors de sa première session au Cégep non plus, les activités sociales n’abondaient pas.

C’est sûr que j’aurais voulu plus explorer le Cégep, mais on n'était pas mal plus obligés d’aller à nos cours, et quand nos cours étaient finis, soit qu’on partait, soit qu’on allait s’installer à la bibliothèque ou à la cafétéria et on ne bougeait pas. Il n’y avait pas vraiment d’activités, rapporte-t-elle.

Une jeune femme dans une grande robe bleue étendue autour d'elle alors qu'elle est assise au sol.

Alicia Lévis à sa graduation en juin 2020.

Photo : gracieuseté

Frédéric Duret, étudiant en Technique de travail social à Rouyn-Noranda, se dit profondément déçu de ne pas pouvoir s’impliquer dans la vie étudiante comme par les années passées.

Tu rencontres de nouvelles personnes, tu te crées un nouveau cercle social, tu te mobilises. Il y a plein de trucs à faire quand tu es étudiant, mais là, c’est juste les études. Tu es comme une usine, tu étudies et c’est fini après. Ça vaut ce que ça vaut. Il n’y a plus d’engouement. La vie étudiante est saccagée, déplore-t-il.

« J’étais vraiment démotivé et je ne savais pas comment j’allais passer au travers. C’est comme une roue qui s’enchaîne avec les autres étudiants en fait. Tout le monde capotait un peu, on ne savait pas où on s’en allait, on était découragés. »

— Une citation de  Frédéric Duret

Pour plusieurs, l’assimilation des connaissances devient ardue par visioconférence. Marc Potvin, étudiant en génie mécanique à l’UQAT, peine à demeurer concentré plusieurs heures devant l’ordinateur.

Quand arrivent les examens, tu es obligé de passer le double ou le triple du temps en préparation vu que des fois, tu te demandes si tu as écouté le cours ou pas, raconte-t-il. Avec les cours à distance, quand tu arrives pour faire des exercices, on dirait qu’il y a des notions que tu n’as pas vues, mais c’est juste que la concentration n’était pas là pour les capter.

Frédéric Duret parle au micro lors d'un rassemblement.

Frédéric Duret lors du pique-nique pour une relance économique plus verte cet automne

Photo : gracieuseté

Frédéric Duret aussi s’est à maintes reprises senti découragé par les latences informatiques, les bogues et le peu d’interactions sociales pendant les cours en visioconférence.

C’est vraiment du dégoût dans ma bouche, dit-il au sujet des cours en ligne. À distance, je trouve qu’un ordinateur, ce n’est pas une école. Je savais que ça allait être plus difficile parce qu’on sait que les écrans c’est plus dur pour la concentration. Écouter du monde sur Zoom, c'est encore plus dur, tu deviens fatigué plus rapidement. J’étais vraiment démotivé. J’ai même pensé quitter le Cégep ou laisser le temps à la pandémie de partir puis de revenir, dit-il.

Une photo officielle de Marie-Laurence Perron dans son uniforme des Astrelles.

Marie-Laurence Perron fait partie des Astrelles en volley-ball.

Photo : gracieuseté

L’annulation des activités en présence, comme les sports, a affecté plusieurs étudiants aussi. C’est le cas de Marie-Laurence Perron, membre de l’équipe de volley-ball des Astrelles et étudiante en Techniques policières.

C’est sûr que ça a fait un peu un vide. On n’avait plus notre sport pour nous motiver. Les personnes qui prenaient le sport comme motivation, c’est sûr que ça devait être plus difficile. Je pense aussi à celles qui en étaient à leur dernière année de Cégep et qui n’ont pas eu la chance de vivre leur dernier [tournoi] provincial, souligne-t-elle.

Résignation et espoir

Alors que les étudiants du Cégep entament leur session d’hiver, ils espèrent s’asseoir en classe à la session d’automne, ou terminer leurs études dans le temps prévu.

Il faut le voir semaine par semaine, estime Frédéric Duret. On se disait qu'il reste une autre session à traverser et après ça, on a fini et on va être en stage à temps plein. On va être comme des guerriers et guerrières, d’avoir traversé une pandémie durant une session assez lourde à combattre.

Un jeune homme sur une plage.

Marc Potvin étudie en génie mécanique à l'UQAT.

Photo : gracieuseté

Marc Potvin déplore que les stages en génie, annulés l’été dernier, retardent l’entrée de sa cohorte dans l’Ordre des ingénieurs.

C’est sûr que le côté monétaire en a mangé un coup. Et j’ai parlé avec d’autres personnes, elles ont été obligées de retourner à leur job étudiante d'avant, par exemple d’aller travailler dans un dépanneur, au lieu de faire un stage. Eux aussi, côté monétaire, ça a fait une grosse différence dans leur été, dit-il.

Ne sachant pas combien de temps leurs études se poursuivront ainsi, les étudiants attendent avec impatience de s’asseoir en classe en compagnie de leurs camarades.

J’aimerais que ça prenne fin quand même bientôt pour commencer la prochaine année en force, sans virus, et reprendre un petit peu la vie normale, on pourrait dire, conclut Marie-Laurence Perron.

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