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Cabinet Biden : premiers feux verts pour Lloyd Austin, nommé à la Défense

Le général à la retraite Lloyd Austin, s'adressant aux reporters devant un écran bleu.

La nomination de Lloyd Austin, si elle est confirmée, sera historique.

Photo : Associated Press / Susan Walsh

En accordant une dérogation au général à la retraite Lloyd Austin, le Congrès a levé un obstacle susceptible de bloquer la nomination de celui qui serait le premier Noir à la tête du Pentagone.

Les élus de la Chambre des représentants et du Sénat ont successivement accepté, jeudi, dans un vote largement bipartisan, de déroger à une loi interdisant à quiconque ayant quitté l'armée il y a moins de sept ans d'être à la tête du Pentagone, un précédent déjà survenu deux fois au cours des 70 dernières années.

Ces premières approbations ouvrent la voie à la tenue d'un vote du Sénat sur la nomination de celui que Joe Biden souhaite placer aux commandes du département de la Défense.

Le militaire de carrière, qui a servi dans l'armée pendant quatre décennies, l'a quittée en 2016, après avoir été le chef du commandement central américain (CentCom), la division de l'armée responsable des opérations américaines au Moyen-Orient.

Le haut gradé, âgé de 67 ans, avait précédemment été vice-chef d'État-major de l'armée de terre des États-Unis.

Premier Noir à commander une division de l'armée et ensuite à diriger le CentCom, le général quatre étoiles a souvent fait figure de pionnier, et sa nomination à la tête du Pentagone serait historique.

Il était le commandant général des forces américaines en Irak lorsque Joe Biden, alors vice-président, était chargé du dossier irakien.

En décembre, celui qui était alors président désigné avait présenté Lloyd Austin comme l'homme de la situation, invoquant entre autres la distribution des vaccins contre la COVID-19, à laquelle l'armée participera. Il avait ainsi vanté son expérience logistique pour des opérations à grande échelle.

Lloyd Austin avait assuré qu'il assumerait son nouveau rôle en tant que leader civil, avec une expérience militaire.

Une exception qui se répète

La Chambre a donné son aval à la mesure d'exception à 326 voix contre 78, les républicains étant quatre fois plus nombreux à s'y opposer. Les leaders démocrates de la Chambre ont renoncé à l'étape préalable des travaux du Comité sur les forces armées, qui aurait ensuite formulé des recommandations.

Le comité homologue du Sénat a pour sa part donné son appui à la fois à la dérogation et à la nomination du haut gradé.

Les sénateurs ont ensuite confirmé la nomination du haut gradé, par une majorité de 69 votes contre 27. Quatre personnes se sont en outre abstenues. L'opposition est venue autant de démocrates que de républicains.

Certains élus, même chez les démocrates, n'avaient pas hésité à exprimer leur inconfort devant la possibilité d'outrepasser une loi qui a pour but de confier à un civil la responsabilité des forces armées américaines, d'autant plus que cette mesure exceptionnelle survient pour la deuxième fois en moins de quatre ans.

Après l'annonce de sa nomination par Joe Biden, au début de décembre, la confirmation de sa candidature ne semblait pas assurée.

Selon le New York Times, l'équipe de transition de Joe Biden n'a cependant pas hésité à exercer des pressions pour convaincre les élus démocrates de soutenir sa décision.

Au sein du camp démocrate, des élus ont insisté auprès de leurs collègues récalcitrants sur le message qu'enverrait un refus aux premiers jours du mandat du président démocrate et sur la nature historique de la nomination de l'ancien chef militaire américain à la retraite.

Quelque 40 % des militaires en service sont des personnes issues de la diversité. Pourtant, seuls 2 des 43 militaires américains les plus hauts gradés sont des Afro-Américains, la grande majorité étant des hommes blancs, indiquait en juin dernier un article du New York Times.

Lloyd Austin devient ainsi le troisième militaire en 70 ans, après George Marshall, en 1950, et James Mattis, en 2016, à obtenir cette autorisation spéciale de la Chambre des représentants et du Sénat.

Il y a quatre ans, plusieurs élus étaient rassurés de ce qu'un ancien militaire dirige le Pentagone alors que Donald Trump ne possédait aucune expérience ou connaissance en matière de défense.

Un processus qui encourt des délais

Avril Haines s'adresse aux reporters.

Avril Haines sera la première femme à la tête du DNI.

Photo : Reuters / JOSHUA ROBERTS

Jusqu'ici, un seul des membres du Cabinet Biden nécessitant l'aval du Sénat a vu sa nomination confirmée. Avril Haines est ainsi devenue la directrice du Renseignement national (DNI) mercredi, quelques heures après l'investiture du 46e président américain.

Les audiences de quatre autres membres potentiels du Cabinet ont commencé mercredi devant des comités du Sénat : Tony Blinken au département d'État, Janet Yellen, nommée au département du Trésor, Alejandro Mayorkas à la Sécurité intérieure ainsi que Lloyd Austin.

Pete Buttigieg, nommé secrétaire aux Transports, a pour sa part comparu jeudi.

À son entrée en fonction, Barack Obama comptait déjà dans son Cabinet six membres dont la nomination avait été confirmée, et Donald Trump, deux.

Le délai actuel s'explique notamment par le refus des républicains, qui contrôlaient le Sénat jusqu'à mercredi, de reconnaître plus tôt la victoire de Joe Biden, ce qui a retardé le processus.

Seulement 2 des 25 membres du Cabinet de Joe Biden n'ont pas besoin du feu vert du Sénat : son chef de cabinet Ron Klain et la vice-présidente Kamala Harris, qui ont tous les deux été assermentés mercredi.

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