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Snowbirds vaccinés en Floride : « On va se faire haïr, mais on ne va pas mourir »

La Floride resserre les règles de son plan de vaccination pour éviter que l’État devienne une destination de tourisme vaccinal. Cependant, les snowbirds de 65 ans et plus qui y possèdent une propriété pourront continuer de s’y faire vacciner.

Un homme dans sa voiture et portant un masque montre l'endroit sur son épaule où il s'est fait vacciner.

Jacques, un résident de Saint-Jérôme, montre fièrement son épaule qui a été vaccinée en Floride.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il y a un service au volant pour tout en Floride : burger, services bancaires, café ou margarita. Faut-il s’étonner que la campagne de vaccination de l’État se déroule, elle aussi, dans un véhicule?

Dans un parc des environs de Fort Lauderdale, dans le Broward County, des centaines d'automobilistes attendent en file pour recevoir le vaccin. Environ 10 % des voitures ont une plaque d’immatriculation portant l’inscription Je me souviens.

Une voiture blanche stationnée près d'un centre de vaccination.

Un centre de vaccination dans la région de Fort Lauderdale, en Floride

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

On est très contents! On n’aura plus peur. Plus peur de mourir de ça, dit Francine, 70 ans, par la fenêtre de sa voiture.

L’air est tiède et tendre. La femme est bien, visiblement soulagée. Francine et son mari Jacques ont leur résidence permanente dans les Laurentides. Ils préfèrent taire leurs noms de famille.

« On va se faire haïr par notre entourage au Québec. Mais, au Québec, on n’aurait pas eu le vaccin avant longtemps. »

— Une citation de  Jacques, un snowbird québécois

Se faire haïr? Oui. Et pas seulement au Québec. Beaucoup d’Américains sont contre le fait qu’on puisse se faire vacciner ici. Il y a pas mal d’articles là-dessus dans les journaux, explique Francine.

En effet, des chicanes entre snowbirds canadiens et résidents américains dans des complexes de copropriétés ont fait la manchette au cours des derniers jours. Des politiciens floridiens ont aussi exprimé leur déplaisir de voir l'État devenir une destination touristique antivirale.

Il porte un masque et parle à l'extérieur.

Francis Suarez est maire de Miami.

Photo : Associated Press / Wilfredo Lee

La semaine dernière, le maire de Miami, Francis Suarez, a tenu une conférence de presse pour dire qu’il fallait changer les règles pour éviter qu’on vienne de partout pour se faire vacciner en Floride, alors que, dans certaines régions de l’État, des citoyens de 65 ans et plus doivent suivre d’interminables files et déjouer un système alambiqué pour avoir accès à la précieuse piqûre.

Changement des règles

Le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis, a annoncé mardi que l’État resserrait les règles en vigueur. Dorénavant, le plan de vaccination, qui était jusqu’à maintenant accessible aux populations vulnérables, c’est-à-dire les personnes de 65 ans et plus et les travailleurs de la santé, peu importe qu’ils soient ou non résidents de l’État, sera réservé aux citoyens permanents ou semi-permanents.

Cela inclut les Canadiens qui ont une adresse ici et qui y passent l’hiver pour rentrer dans le nord vaccinés et bronzés au printemps.

C’est le cas de Francine et Jacques qui ont acheté, il y a deux ans, une maison mobile en Floride. Ils ont une preuve de résidence et plus de 65 ans. C’est tout ce qu’il faut, ici, pour avoir accès au passeport vers la libération : le vaccin de Pfizer-BioNTech.

Francine et Jacques recevront leur deuxième dose le 11 février. Ils ont déjà le rendez-vous. Et ils en sont très heureux, parce qu’ils seront hors de danger pour célébrer leur anniversaire de mariage au mois de mars.

Ça va faire 50 ans qu’on est mariés. Et depuis qu’on est arrivés en Floride cette année, on ne va pas au restaurant, même s’ils sont ouverts. Mais le soir de notre anniversaire, on va se payer la traite, prévoit une Francine réjouie.

Immunité collective

Depuis la file d’attente, Daniel Boisvert, 69 ans, nous envoie la main. Nous l’avions croisé à Palm Beach au début de la semaine. Nous étions dans cette localité pour y documenter le retour de Donald Trump dans la région.

Nous avons parlé politique ensemble, puis il nous a dit qu’il se ferait vacciner cette semaine. Nous l’avons retrouvé à la sortie du site de vaccination, jeudi matin. Je suis arrivé à 7 h 30. Deux heures plus tard, j’ai été vacciné. Ça roule bien, raconte-t-il.

Un homme dans une voiture salue de la main.

Daniel Boisvert s’est fait vacciner en Floride et il est très content.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

M. Boisvert, qui possède une résidence en Floride depuis 30 ans, n’a pas hésité à venir cet hiver, malgré la réprobation à laquelle font face les individus qui effectuent des voyages non essentiels.

« Je fais très attention. J’applique les règles que nous avons au Québec. Je ne sors pas, je ne vais pas au restaurant. Je porte le masque et je garde mes distances. »

— Une citation de  Daniel Boisvert, un snowbird

L’homme explique que tout cela est bien plus facile au soleil. On vit dehors. Ici, il y a toujours de l’air, souligne-t-il. Et quand je rentrerai au Québec, je vais pouvoir contribuer à l'immunité collective, car je serai vacciné, fait-il remarquer.

Un homme assis sur la plage sous un parasol.

Daniel Boisvert profite des plaisirs de la plage en plein mois de janvier.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Lorsque nous avons rencontré Daniel Boisvert sur la plage de Palm Beach, il lisait le dernier roman de Ken Follet, Le crépuscule et l’aube. Pas très bon. Pas son meilleur, dit-il. Voilà pour le conseil de lecture.

Loin des tempêtes hivernales, M. Boisvert pourra continuer de contempler l’horizon maritime, sans se soucier des tempêtes médiatiques et politiques qui affligent le Québec et le Canada au sujet de la vaccination et des billets d’avion.

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