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La Colombie-Britannique n’est pas à l’abri de l’extrême droite

Des partisans de Donald Trump, à l'extérieur du Capitole, certains portant des drapeaux américains ou pro-Trump, qu'ils ont pris d'assaut.

La pandémie est une occasion parfaite pour la radicalisation, selon des experts.

Photo : Getty Images / Spencer Platt

Radio-Canada

La COVID-19 et le climat politique tendu qui règne actuellement engendrent une hausse de la radicalisation et des idées extrémistes en Colombie-Britannique notamment parce que beaucoup de gens passent plus de temps sur les réseaux sociaux alors qu’ils sont vulnérables. C'est ce que croient des experts, qui ajoutent qu'il n'existe pas de solutions simples à ce problème.

Le suprémacisme blanc, l’extrême droite et les idéologies Incel sont particulièrement inquiétants, affirme le professeur adjoint en criminologie à l’Université Simon Fraser Garth Davies.

Selon lui, la province n’est pas immunisée contre la radicalisation et contre des événements comme l'assaut du Capitole à Washington, le 6 janvier.

Croire que nous n’avons pas les mêmes problèmes serait faux. Nous avons des groupes extrémistes de droite ici aussi, nous avons des Incels et nous en voyons l’augmentation depuis le début de la pandémie, dit Garth Davies, qui est également membre du conseil d’administration de Shift, un programme provincial de prévention de la violence et de la radicalisation.

La pandémie crée la parfaite occasion de radicalisation, explique-t-il, puisque les gens passent plus de temps devant leur ordinateur tout en faisant face à des difficultés financières et en ayant une santé physique et mentale affaiblie.

Pour se sentir connectés aux autres, ils finissent par se tourner vers des théories du complot comme celle de QAnon, des antimasques ou des antivaccins.

Ancien suprémaciste blanc, Tony McAleer affirme qu’un sentiment d’aliénation rend une personne plus susceptible de se radicaliser. Sa vulnérabilité peut la mener à mélanger son identité à ses idéologies.

Lorsque j’ai découvert les skinheads et plus tard les groupes néonazis, j'ai été accepté alors que je me sentais rejeté, j’ai eu du pouvoir alors que je me sentais impuissant et j’ai reçu de l’attention alors que je me sentais invisible. Tout ça me semblait fantastique, raconte-t-il.

Jadis, il se battait pour que la côte ouest devienne une enclave entièrement blanche. Aujourd’hui, il est auteur et cofondateur d’un organisme qui vient en aide aux personnes qui souhaitent abandonner leurs idées extrémistes.

Une nouvelle recherche du ministère de la Défense nationale du Canada avance que, plus la pandémie sera longue, plus la menace des groupes d’extrême droite sera grande. Ottawa a d’ailleurs déterminé que la montée de l’extrémisme de droite constituait une menace importante pour le pays.

Autant Garth Davies que Tony McAleer soutiennent que la censure n’est pas nécessairement la meilleure solution pour vaincre l’extrémisme au Canada. Ils croient aussi qu'insinuer qu’une personne a tort peut simplement la pousser plus loin dans son idéologie.

Retirer la désinformation de plateformes comme Facebook ou Twitter ne fait pas disparaître la radicalisation, assure Tony McAleer. Celle-ci migre plutôt vers de plus petites plateformes, moins connues et avec moins de modérateurs.

Cela prendra des années de discussion pour reconstituer les faits et la vérité avant de régler le problème de la montée de l’extrémisme, estime Garth Davies, qui croit que le problème continuera de grandir.

Avec les informations d'Andrea Ross

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