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Bateaux à moteur sur le lac Osisko : la Ville de Rouyn-Noranda veut légiférer

Des herbes hautes sur le bord du lac.

Vue sur le lac Osisko à Rouyn-Noranda (archives)

Photo : Radio-Canada / Alexia Martel-Desjardins

La Ville de Rouyn-Noranda souhaite avoir les coudées franches pour réglementer l'utilisation des bateaux à moteur sur le lac Osisko.

Selon la municipalité, ces bateaux remuent les sédiments et les contaminants contenus dans le lac, ce qui peut avoir des conséquences sur le poisson.

De plus, ajoute l'administration, les bateaux sont des propagateurs des espèces aquatiques envahissantes qui sont signalées sur le plan d'eau.

La Ville de Rouyn-Noranda avait lancé en 2019 une campagne de sensibilisation sur les risques d'utilisation des bateaux à moteur sur le plan d'eau.

Mais à part ça, ses pouvoirs sont limités, puisqu'elle ne peut pas interdire l'accès aux plans d'eau, qui est plutôt du ressort d’Ottawa. Maintenant, elle souhaite aller plus loin et trouver une solution à long terme.

En février, elle organise une rencontre en présence de Transports Canada pour en savoir plus sur le processus de réglementation menant à l’application de restrictions sur les plans d’eau.

On veut aller vers une restriction ou une interdiction, mais c'est en fonction des besoins de la population, il faut qu'on fasse une consultation ou une sensibilisation dans le processus de restriction, donc ça va être considéré dans le processus à savoir jusqu'où on peut aller dans la restriction, explique la conseillère en environnement Laurence Dupuis.

Vélo-cité Rouyn-Noranda, qui loue des embarcations comme des pédalos et des kayaks aux abords du lac, croit que la présence des bateaux à moteur sur le lac est un irritant.

L'organisme a fait circuler une pétition en 2018 afin d'interdire ces engins sur le plan d'eau. Le président, Michel Lessard, croit qu'il est possible d'aller plus loin que ça.

L'idée ce n'est pas juste d'empêcher les embarcations de provoquer la prolifération de ces herbes-là, mais aussi d'initier des moyens pour débarrasser le plus possible... les détruire si possible avec des tapis de jute ou d'autres systèmes qu'on peut développer, dit-il.

La pancarte installée par Forêts, Faune et Parcs

Une affiche avait été installée à l'été 2020 pour sensibiliser la population à la présence du myriophylle à épis, une plante exotique envahissante. (archives)

Photo : Radio-Canada

L'organisme Collectif Territoire, qui travaille à la restauration du lac Osisko, ne souhaite pas se prononcer sur le sujet pour le moment.

Le vice-président Guy Larochelle dit que son équipe travaille sur des projets qui seront présentés prochainement au ministère de l'Environnement du Québec.

On va présenter des projets de laboratoires pour voir l'impact que ça aurait, par exemple pour être capable d'aller enlever les plantes aquatiques envahissantes, on voudrait faire un projet pilote par rapport à ça. Aussi un autre projet pilote pour récupérer les sédiments qui sont au fond du lac, ça serait sur des petites superficies, pour être capable de mesurer l'impact que ça va avoir, mentionne le vice-président.

Pour l'Organisme de bassin versant du Témiscamingue, interdire ou limiter les embarcations à moteur va éliminer ou limiter l'un des vecteurs importants de propagation, ce qui représente une action de protection importante pour la santé de cet écosystème.

Transports Canada réplique

Transports Canada affirme de son côté qu’aucune demande de restriction de navigation ne lui a été présentée pour le lac Osisko. Il précise qu’une demande de restriction de navigation présentée auprès de Transports Canada est un processus rigoureux, qui comprend la description des problèmes rencontrés ainsi que leurs causes, la consultation publique, qui est un mécanisme essentiel à la résolution de conflit, la mise en place et l’essai, pendant au moins une saison de navigation, des mesures/solutions alternatives avant de recourir à la règlementation, proposées lors des consultations avec les utilisateurs du plan d’eau et une analyse coûts – avantages , afin de bien démontrer que le projet de règlement recommandé est la meilleure option à envisager pour régler le ou les problèmes. Transports Canada préconise l’usage préalable de mesures alternatives telles que les codes d’éthique volontaires, la sensibilisation ou l’application de règlements déjà existants, ajoute le ministère.

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