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La recherche de charbon va déjà bon train dans les Rocheuses

Une mine à ciel ouvert devant les Rocheuses albertaines.

La région de Crowsnest Pass a par le passé été une plaque tournante de l'industrie canadienne du charbon, qu'elle espère aujourd'hui relancer.

Photo : CBC

Radio-Canada

L'exploration en quête de charbon est déjà amorcée dans les Rocheuses au moment où le débat s'intensifie sur la présence de l'industrie dans l’une des régions les plus préservées de la province.

Ils ont été très actifs là-bas, dit Kevin Van Tighem, qui vit à proximité de l'une des zones où des permis d’exploration ont été octroyés.

La décision du gouvernement conservateur uni de révoquer une politique qui interdisait l’exploitation minière dans les contreforts des Rocheuses depuis 1976 préoccupe de nombreux propriétaires de ranchs et de terres, ainsi que d'associations écologistes de la province.

Des pétitions contre les changements ont rassemblé plus de 100 000 signatures jusqu’à maintenant. Des personnalités connues de l'Alberta ont aussi récemment pris position contre les développements.

Des recours judiciaires ont également été entrepris par des éleveurs et de Premières Nations qui disent que le gouvernement aurait dû les consulter avant de faire des modifications législatives.

Des documents de l'Agence de régulation de l’Énergie montrent que des autorisations pour de l’exploitation ont déjà été accordées pour des centaines de sites de forage et des kilomètres de routes.

Le lendemain de l'annulation de la politique du charbon, nous avons commencé à voir des demandes pour de l’exploration, explique Katie Morrison, de la Société pour la nature et les parcs du Canada.

Avant même de procéder à des évaluations des conséquences, nous voyons déjà ces entreprises avoir de gigantesques conséquences potentielles sur cette terre.

L’entreprise Cabin Ridge Coal, qui a des activités à 50 kilomètres au nord de Coleman, a fait des demandes pour 197 sites de forage. Elle prévoit aussi 15 nouvelles routes d'accès et la remise en service de 19 routes abandonnées depuis des décennies. Ces projets impliquent le passage de neuf nouveaux ruisseaux et cours d'eau.

L’entreprise Elan Coal, au nord de Blairmore, a reçu les autorisations nécessaires pour 456 sites de forage et 66 kilomètres de nouvelles routes, pendant que 29 kilomètres de route seront remis en service.

L’entreprise Montem Resources, au sud de Coleman, a reçu l’approbation pour 71 sites de forage. Presque tous les lieux de forage se trouvent dans les habitats naturels de grizzlis, de chèvres de montagne et de moutons.

Les projets des entreprises expliquent comment réduire les conséquences environnementales en planifiant les aménagements dans les moments les plus tranquilles et soutiennent que la quantité de terres directement perturbées sera minime.

Selon Kevin Van Tighem, un ancien chef surintendant du parc national Banff, ces mesures d’atténuation ne seront pas suffisantes.

Elles ne sont jamais aussi bonnes que ce que les entreprises promettent. Elles ne sont souvent pas appliquées de manière cohérente, malgré ce que le gouvernement voudrait nous faire croire, dit-il.

Il précise que les animaux évitent les routes actives et les sites de forage dans un périmètre de 500 mètres, ajoutant que les routes créent de l’érosion et empêchent le ruissellement naturel.

Katie Morrison note qu'au moins à deux reprises, depuis la révocation de la politique de 1976 sur le charbon par le gouvernement, des entreprises ont demandé des dérogations aux règles les empêchant de poursuivre leurs activités pendant les périodes importantes pour la faune.

Les deux exemptions ont été demandées et accordées. Les travaux ont commencé en l'espace d'un jour ou deux, dit-elle.

Un porte-parole de la ministre de l'Énergie, Sonya Savage, affirme que le gouvernement prend au sérieux les préoccupations du public. La province a notamment annulé certains permis la semaine dernière.

Le ministère va travailler avec le ministère de l’Environnement pour déterminer les prochaines étapes et pour mieux répondre aux préoccupations évoquées, dit Peter Brodsky.

Nous ne choisissons pas entre protéger la terre et offrir des occasions sur le plan économique. Nous devons faire les deux d'une manière mesurée et respectueuse de l'environnement.

L’éleveur Gordon Cartwright pense souvent à ce qu’un géologue lui a dit l'été dernier.

Il a dit, vu l'intensité des opérations et des forages, que tout cela ressemble plus à de la préparation minière qu'à de l’exploration, raconte-t-il.

C’est une activité dommageable. Beaucoup de ces sols sont très sensibles à l'érosion et difficiles à végétaliser.

Il aurait été normal que des consultations aient lieu avant que cela ne commence et ne crée ce genre de perturbation.

Avec les informations de La Presse canadienne

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