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Plus d’un millier d’Estriens en attente de services en santé mentale

Consultation chez un psychologue.

Les listes d'attente pour consulter un spécialiste en santé mentale s'allongent en Estrie.

Photo : getty images/istockphoto / lorenzoantonucci

Les Estriens en attente d’une consultation avec un professionnel en santé mentale doivent s’armer de patience. Les listes d’attente explosent depuis le début de la deuxième vague de la pandémie.

Une demande d’accès à l’information, formulée par Radio-Canada à l’automne dernier, permet de constater que près de 600 noms sont inscrits sur une liste d'attente pour obtenir des soins en psychiatrie.

En pédopsychiatrie, plus de 450 enfants devront attendre au mois 8 mois pour avoir accès à des services.

Un tableau présente le nombre de personnes en attente d'une consultation en santé mentale pour la pédopsychiatrie, la psychologie et la psychiatrie en Estrie.

Les listes d'attente pour obtenir des soins en santé mentale s'allongent en Estrie.

Photo : Radio-Canada

Le délai moyen pour obtenir une première consultation peut varier de plusieurs mois à un an.

C’est trop long, se désole la porte-parole de la Coalition des psychologues du réseau public québécois, Béatrice Filion. On a fait un sondage partout au Québec, et l’attente pour avoir accès à un psychologue se situe entre six mois et un an.

La coalition s’inquiète également de la qualité des services octroyés. Béatrice Filion craint que la durée des soins soit raccourcie pour traiter le plus de personnes possible.

Quand on parle de santé physique, on va voir son médecin de famille ou on va à une clinique sans rendez-vous, explique-t-elle. En santé mentale, on laisse les gens en détresse, et si on a de l’argent, on va au privé. Sinon, on poireaute.

Si on a besoin d’un suivi de 30 séances de chimiothérapie, on ne va jamais dire à quelqu’un : ''Pour que vous attendiez moins, on va vous donner 15 séances''. Jamais. On fait ça en santé mentale et il faut que ça change.

Béatrice Filion, porte-parole, Coalition des psychologues du réseau public québécois

Aucun laissé-pour-compte

Le CIUSSS de l’Estrie-CHUS reconnaît avoir modifié son offre de services pour répondre à la demande grandissante.

Avant, une rencontre pouvait durer 90 minutes. Maintenant, peut-être qu’elle dure 60 minutes. Si le groupe se rencontrait pendant 12 semaines, c’est peut-être rendu 10 semaines. Par contre, si à la fin des 10 semaines, on se rend compte que ce n’est pas suffisant pour l’usager, on va lui offrir un autre service, clarifie Annie Masson, du CIUSSS. 

Le nombre de demandes a vraiment augmenté dans la phase deux de la pandémie.

Annie Masson, coordonnatrice des services intrahospitaliers en santé mentale et dépendance pour le CIUSSS de l’Estrie-CHUS

Nul n’est laissé pour compte, tiennent à spécifier les autorités de la santé.

Pendant la pandémie, on a eu la possibilité de rappeler chacun des usagers qui était en attente pour voir un psychiatre ou pour un autre service, renchérit la coordonnatrice. On a eu la chance de récupérer certaines situations où on se rendait compte que l’usager était un peu plus désorganisé. On a réussi à lui offrir d’autres services en attendant, ou à devancer un rendez-vous pour s’assurer de sa sécurité.

Le gouvernement du Québec a fait de l'accès aux soins en santé mentale son cheval de bataille durant la deuxième vague. Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a notamment annoncé un investissement de 100 millions de dollars pour améliorer l’offre de services dans le domaine.

On a fait des ajouts de postes dans le réseau de la santé, on a réussi à mettre en place de nouveaux intervenants qui sont venus offrir le bon service, au bon endroit, par la bonne personne, se réjouit Annie Masson.

Selon le CIUSSS, ces solutions pourraient permettre de donner un peu de répit aux différents intervenants, mais il admet qu'il est encore trop tôt pour crier victoire.

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