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Un tirage au sort pour recevoir le vaccin dans un foyer pour aînés en Saskatchewan

Le centre de soins de longue durée Qu'Appelle House, à Regina.

Les résidents n'ayant pu recevoir le vaccin devraient pouvoir avoir leur première dose au mois de février. (archives)

Photo : CBC

Radio-Canada

Le centre de soins de longue durée Qu’Appelle House de Regina, se retrouvant à court de doses de vaccin pour tous ses résidents, a choisi de faire un tirage au sort pour savoir lesquels se feraient vacciner.

La situation découle du fait que 15 des résidents, tous âgés de plus de 85 ans, vivent dans une aile adjacente au centre, une section de l’établissement réservée aux personnes encore autonomes.

Ils ne reçoivent pas nos soins, mais partagent les repas et les activités avec les autres résidents. Ils se mélangent à eux, explique la directrice du centre Qu’Appelle House, Bev Desautels. Les résidents autonomes doivent suivre les mêmes règles sanitaires que les autres.

Lors de la commande du vaccin, Bev Desautels s’était assurée de demander suffisamment de doses tant pour les employés que pour tous les résidents, dont ceux de l’aile adjacente.

Or, en fin d’avant-midi, lundi, le jour même de la vaccination, des infirmières de la santé publique ont informé la directrice qu’elles avaient reçu comme directive de ne pas administrer le vaccin aux personnes âgées autonomes de l'établissement. Une nouvelle qui en a déçu plus d’un.

Un des résidents autonomes, Harold Olson, explique que tous les résidents autonomes avaient été avertis le matin qu’ils recevraient le vaccin.

Puis on nous informe à 11 h 30 que notre groupe ne serait finalement pas vacciné, explique-t-il. Tout le monde a été très déçu.

Un autre de ces résidents, Wendell Lindstron, souffre de problèmes pulmonaires. La perspective d’attraper la COVID-19 l’inquiète.

J’étais tellement déçu parce que nous étions censés le recevoir.

Wendell Lindstron, résident autonome à la résidence Qu'Appelle House

Jeanne Tweten, 98 ans, avait aussi été avisée que le vaccin lui serait administré dans la journée.

J’ai attendu tout l’après-midi, raconte-t-elle. Ce n’est pas comme si je devais aller quelque part parce que je suis confinée, mais tout de même, j’ai attendu. Et puis personne n’est venu.

Lorsque la vaccination des autres résidents et des employés était terminée, les infirmières ont réalisé qu’il restait encore suffisamment de doses pour vacciner 6 des 15 aînés laissés pour compte.

On m’a demandé de choisir [qui recevrait les doses], raconte Bev Desautels. Je ne peux pas sélectionner 6 de mes résidents. J’ai donc choisi de mettre les 15 noms dans un panier et j'ai demandé aux infirmières de venir en piger 6. Les personnes dont les noms sont sortis ont reçu les doses.

Selon la fille de Jeanne Tweten, Janet Craig, les employés ont tout fait pour que les vaccins soient inoculés.

Ça a brisé le coeur des travailleurs de devoir faire un tirage au sort. Ma mère n’a pas été pigée.

Même chose pour Wendell Lindstron, qui devra encore attendre.

Même s’il a été l’un des chanceux dont le nom a été tiré au sort, Harold Olson ne croit pas qu'une loterie pour ce genre de choses est la bonne démarche.

Les autorités réagissent

Le directeur général de l’Autorité de la santé de la Saskatchewan (SHA), Scott Livingston, explique que, bien que le groupe de résidents autonomes fasse partie des personnes prioritaires de la première phase du plan de vaccination, ceux-ci ne faisaient pas partie des doses prévues pour cette journée. Tous les autres résidents et employés l’étaient.

Il soutient toutefois que les travailleurs de la santé ont fait preuve de débrouillardise pour éviter que des doses ne soient perdues, puisqu’elles ne peuvent retourner une seconde fois dans les congélateurs.

La SHA étudiera malgré tout l’incident.

Le chef néo-démocrate, Ryan Meili, reconnaît pour sa part que certains facteurs, tels que le nombre de doses disponibles, ne sont pas du ressort de la province.

Par contre, la province est responsable d'organiser la livraison du vaccin à la population, soutient-il.

Ryan Meili croit que l’incident du centre Qu’Appelle House démontre le manque de vision et de communication de la part du gouvernement.

Le premier ministre, Scott Moe, a affirmé mardi qu’il n’était pas au courant de la situation. Il a toutefois rappelé que la province n’a pas suffisamment de doses pour vacciner tout le monde en ce moment.

Les neuf résidents autonomes n’ayant pas pu se faire vacciner devraient pouvoir l’être en février, selon un porte-parole de la SHA.

Visitez notre dossier sur les vaccins contre la COVID-19.

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