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Enseignement virtuel prolongé : réactions mitigées à Ottawa et dans l'est ontarien

Un enfant devant un écran d'ordinateur, dans un cours de mathématique à distance.

La majorité des élèves et étudiants de la région d’Ottawa et de l’est ontarien devront poursuivre leurs apprentissages en ligne (archives).

Photo : Getty Images / pinstock

Radio-Canada

Le ministère de l'Éducation de l'Ontario a annoncé mercredi que les écoles de l'est de l'Ontario et d'Ottawa resteront fermées jusqu'à nouvel ordre. La majorité des élèves et étudiants de la région devront donc poursuivre leurs apprentissages en ligne. La décision suscite des réactions mitigées.

Le directeur de l’éducation du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est (CECCE), Marc Bertrand n’a pas caché son inquiétude entrevue à l’émission Les matins d’ici

Ce qui prime, c’est la santé et la sécurité des élèves et du personnel. Le conseil va se rallier aux recommandations de la santé publique. On est conscient que ça porte son lot de défis pour les familles, soutient M. Bertrand. 

Portrait Marc Bertrand sur fond blanc.

Le directeur de l'éducation du Conseil des écoles catholiques du Centre-Est, Marc Bertrand.

Photo : Gracieuseté : CECCE

Pour l'apprentissage en ligne, je m'inquiète. Le personnel qui a des enfants à la maison doit s'occuper de leurs enfants et en même temps, prendre en charge un groupe et faire leur préparation. C'est certain que tous préfèrent que le retour soit possible le plus tôt possible.

Marc Bertrand, directeur de l’éducation au CECCE

Le CECCE s’attend à ce qu’une décision sur un retour en classe soit rendue le 10 février.

Avis partagés auprès des parents

Dans la population, les avis sur la décision de maintenir l’éducation en mode virtuel sont partagés. Mère d’un enfant de 5 ans, Micheline Villeneuve aurait préféré la réouverture des écoles d’Ottawa. 

La femme masquée devant un arrêt d'OC Transpo.

Micheline Villeneuve est mère d'un enfant de 5 ans et travaille dans le milieu de la santé auprès des aînés.

Photo : Radio-Canada

Ce n’est pas une bonne chose parce que je travaille. Je ne sais pas ce que je vais faire. Je ne sais pas si je vais avoir un emploi la semaine prochaine. C'est une journée à la fois. 

Micheline Villeneuve, mère d’un enfant de 5 ans

Mme Villeneuve offre des soins à domicile pour les aînés, un emploi qui ne peut être fait en télétravail.

J’ai besoin d’aide de la famille et on est censés rester à la maison. Comment quelqu'un peut venir m’aider s'ils n’ont pas le droit de venir chez moi, demande Mme Villeneuve. Soit que tout est ouvert ou tout est fermé. 

De son côté, Abdi Odowa voit d’un bon œil le fait que les écoles demeurent fermées. Le père de 4 enfants doit se rendre au centre-ville pour travailler tandis que sa conjointe reste à la maison. 

[L’école à la maison] je pense que oui, c’est une bonne idée pour le moment, le temps que ça se calme et voir comment la pandémie va évoluer, soutient M. Odowa.

Il se dit rassuré de voir que les enfants de la région continuent de suivre leurs leçons à partir de la maison, contrairement à ses voisins québécois.

J’aurais plus confiance en l'approche ontarienne puisqu’on ne sait pas encore comment évolue la maladie. L’approche ontarienne est plus rassurante pour les parents, dit-il.

La situation inquiète le psychologue et spécialiste de la réussite scolaire Égide Royer. Il estime que tous les élèves à la maison n’ont pas besoin du même type de soutien. Il est aussi d’avis que, de manière générale, l'enseignement en présentiel est beaucoup plus efficace que l'enseignement à distance.

Au niveau des apprentissages entre les élèves qui sont forts et les élèves qui ont plus de difficultés, les écarts vont en augmentant.

Égide Royer, psychologue et spécialiste de la réussite scolaire

Selon lui, il faut se préoccuper des jeunes qui sont vulnérables et souligne qu'une étude ontarienne a révélé qu'un élève sur trois vit des problèmes amplifiés par la COVID-19.

M. Royer propose un système organisé de tutorat pour tenter d'y répondre.

Il faut faire appel aux enseignants retraités, aux étudiants en éducation à l’Université, et créer avec rémunération une banque nationale ou provinciale de tuteurs. Être accompagné de manière individualisée par rapport à certaines difficultés scolaires, avec une seule personne, on a des indications que ça aurait des impacts positifs.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

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