•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les opposants à la mine de sable à Vivian veulent être entendus par la province

Image représentant l'usine de traitement de la compagnie CanWhite Sands une fois construite.

Une image conceptuelle du projet de la compagnie CanWhite Sands qui représente un investissement de 80 millions de dollars.

Photo : Environment Act Proposal de la compagnie CanWhite Sands Corp.

Le groupe What The Frack Manitoba a lancé une pétition en ligne pour avoir son mot à dire sur la construction d'une mine de sable siliceux à Vivian, dans la municipalité rurale de Springfield située dans le sud-est du Manitoba. Une première proposition de l'entreprise albertaine CanWhite Sands pour installer son activité est à l'étude auprès de la province.

La pétition a déjà recueilli plus de 2000 signatures sur les 2500 qu’elle souhaite atteindre.

Au cœur de la discorde, les opposants au projet craignent que l’activité de minage du sable dans la source d’eau souterraine ne déséquilibre cet aquifère.

[Avec le minage] on mobilise dans cet aquifère des métaux lourds et d’autres substances néfastes comme la pyrite, dit le porte-parole du groupe, Don Sullivan.

L’inquiétude est croissante alors qu’une première étape du projet est déjà soumise à l’approbation environnementale de la province. Il s’agit de l’installation de l’usine de transformation du sable.

Le ministère de la Conservation et du Climat confirme étudier ce dossier après que des consultations publiques se sont tenues en août.

Le groupe What The Frack Manitoba souhaite avoir son mot à dire dans l’étude du projet de la mine et demande à la province la mise en place d’un comité public d’étude du projet.

Ça nous permettrait de parler [aux experts de CanWhite Sands] et d’avoir un examen croisé de leur rapport technique [avec le nôtre], précise Don Sullivan.

Portrait de Don Sullivan en chemise bleue avec une casquette blanche sur la tête.

Don Sullivan craint que l'activité de la mine ne pollue l'aquifère de Sandilands.

Photo : Don Sullivan

Selon lui, la province pourrait imposer ce mode de fonctionnement au cours de son étude du projet.

Du côté de l’entreprise, le chef de l'exploitation de CanWhite Sands, Brent Bullen, estime que les opposants veulent réécrire les règles du jeu.

Ils ont déjà fait des demandes infructueuses auprès des agences de réglementation provinciales et fédérales, et maintenant, ils veulent réécrire les règles, explique-t-il.

M. Bullen assure que son entreprise se plie aux exigences provinciales et fournit des rapports clairs sur son projet.

[What The Frack Manitoba] a un expert en tout et rien et nous estimons que plusieurs éléments de son rapport sont faux.

Brent Bullen, chef de l'exploitation de CanWhite Sands

Pour le moment, la firme AECOM a été mandatée par CanWhite Sands pour établir un dossier technique sur le projet de la mine. Le dossier doit aussi prendre en compte d’éventuels risques environnementaux.

Selon Brent Bullen, les demandes du groupe What The Frack Manitoba sont prématurées, puisque ce rapport n’est pas attendu avant le printemps.

Brent Bullen lors d'une conférence vidéo.

Brent Bullen estime que son entreprise suit le processus requis pour s'établir à Vivian.

Photo : Radio-Canada

Ce dernier sera ensuite soumis à la province après un processus de consultation publique. Les gens auront l’occasion de contester le projet. Toutes les données seront là, assure Brent Bullen.

Il regrette par ailleurs que les opposants au projet refusent d'être présents lors des consultations publiques. Cela a déjà été le cas lors d’une récente rencontre le 15 décembre. Don Sullivan confirme qu'il ne compte pas davantage être présent au printemps.

Une consultation publique menée par l’entreprise n’est certainement pas aussi rigoureuse qu’un comité public gouvernemental indépendant, affirme Don Sullivan.

L’importance de l’aquifère de Sandilands

L’aquifère de Sandilands s'étend jusqu’à la frontière américaine et est utilisé par de nombreux résidents de ces régions.

Carte où on peut voir la localisation de la nappe phréatique de Sandilands, notamment située sous les municipalités rurales de La Broquerie, Sainte-Anne, Taché, Springfield, Piney et Stuartburn. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Dans des municipalités rurales du Manitoba, le système d'eau repose sur l'utilisation de puits.

Photo : Radio-Canada

Peter De Jon est le président de Canadian Gold Beverages, à Marchand. Son entreprise puise l'eau de la source et la vend.

Pour beaucoup de personnes, nous n’avons pas d’eau courante parce que nous avons une excellente eau grâce au sable siliceux. En tant que résident ça m’inquiète, explique-t-il.

Le président craint également pour son entreprise. Nous ne vendons pas notre eau que localement, nous la vendons aussi à Winnipeg, au Canada et aux États-Unis. Si [la mine] nuit à notre usine, cela aura aussi des conséquences sur nos employés locaux, prévient-il.

Il reste toutefois sûr que ses députés comme le gouvernement provincial sauront entendre les inquiétudes des résidents.

Danger de l’exploitation du sable siliceux

Face aux questions soulevées par le projet, Brent Bullen assure qu’il n’y a aucun risque sur la qualité de l’eau.

Nous n’injectons rien de nouveau dans le sol. Ce qui y existe aujourd’hui continuera d’exister et on ne verra pas de changement dans les composants de l’eau, assure-t-il.

CanWhite Sands assure que le processus d’extraction n’injectera que de l’air pour faire remonter l’eau et le sable dans un circuit fermé pour éviter toute contamination. Il s’agit d’une technique semblable à celle utilisée pour creuser des puits d’eau potable, selon Brent Bullen.

De plus, seuls 5 % du sable de l’aquifère devraient être retirés.

Il reste la question de la dangerosité du sable de silice en soi. Selon l’expert en minéralogie de l'Université du Manitoba, Michael Schindler, le sable n’a pas d’effet négatif sur l’environnement, et sa présence n’est pas dangereuse pour l’homme.

Il existe toutefois un risque lorsque ce sable très fin se répand dans l’air. Il peut alors provoquer des problèmes respiratoires.

CanWhite Sands assure que le sable sera mélangé à l’eau pour éviter sa dispersion dans l’air et qu’il ne s’agit pas d’une mise à ciel ouvert.

Quant à la question de l’utilisation du sable pour des projets de mine de fracturation, Brent Bullen assure que le sable récolté devrait servir à des entreprises dans les énergies renouvelables, comme la production de panneaux solaires.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !