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Pékin, 25 janvier 1981 : la bande des Quatre condamnée pour ses crimes politiques

Jiang Qing lors de son procès en janvier 1981

Le 25 janvier 1981 débutait à Pékin le procès retentissant de la veuve du président Mao Zedong, Jiang Qing, et de la bande des Quatre.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Il y a 40 ans, à Pékin, se tournait la page d’une des plus sanglantes périodes de la révolution communiste en Chine. Jiang Qing, la plus célèbre membre de ceux qu'on surnomme la « bande des Quatre » et veuve du fondateur de la République populaire de Chine, Mao Zedong, est condamnée à mort.

La chute de  l’impératrice rouge 

Les yeux se sont tournés vers Pékin pour le procès de Jiang Qing, veuve de Mao et membre de ce qu’on a appelé la bande des Quatre. Ils sont accusés d’usurpation du pouvoir après la mort de Mao Zedong.

Roger Bouchard, 30 décembre 1981
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Revue de l'année 1981, 30 décembre 1981

Roger Bouchard, narrateur de la Revue de l’année 1981, rappelle qu’au mois de janvier de cette année-là, la veuve du président Mao Zedong, Jiang Qing, a été accusée de crimes contre l’État et a été condamnée à mort avec un sursis de deux ans.

Les trois autres membres de la bande des Quatre ont pour leur part été condamnés à de longues peines d’emprisonnement.

Un procès parallèle de hauts gradés militaires, qui auraient comploté contre le président Mao Zedong, écopent eux aussi de très sévères peines de prison.

La décision du tribunal remplit de joie une partie importante de la population chinoise.

Jiang Qing, qu’on surnomme régulièrement Madame Mao en Occident et que les Chinois appellent souvent l’impératrice rouge , est un personnage détesté en Chine.

On reproche surtout à celle qui est devenue la quatrième épouse du président Mao et aux autres membres de la bande des Quatre d’avoir perverti jusqu’à des sommets de violence le projet de grande révolution culturelle du chef communiste.

Une révolution culturelle violente et chaotique

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Téléjournal, 9 septembre 2006

À l’occasion du trentième anniversaire du décès de Mao Zedong, la journaliste Ruth Loiselle présente, au Téléjournal du 9 septembre 2006, un reportage qui résume les origines et les conséquences de la grande révolution culturelle en Chine.

On comprend à regarder ce reportage, qu’entre 1966 et 1976, la révolution communiste chinoise a traversé une période particulièrement violente et chaotique.

Cependant, si le président Mao était le grand penseur derrière cette révolution culturelle, il ne s’occupait pas de son aspect opérationnel.

Mao Zedong a laissé cette mission à son épouse Jiang Qing.

C’est elle qui manipule les millions d’étudiants endoctrinés qui se mobilisent pour détruire la hiérarchie du Parti communiste chinois.

Ceux qui deviendront bientôt célèbres dans le monde entier sous le sobriquet de gardes rouges persécutent et torturent des millions de membres et de cadres communistes.

Les ordres viennent de Jiang Qing et de ses proches collaborateurs.

L’économie chinoise est paralysée. On évalue que plusieurs centaines de milliers, voire des millions de personnes, sont mortes de façon violente durant cette période.

Dépassé par les événements, Mao Zedong cherche dans les dernières années de sa vie à endiguer sa révolution culturelle.

Mais il décède le 9 septembre 1976.

Le 6 octobre suivant, Jiang Qiang est arrêtée ainsi que ses plus proches collaborateurs. Le procès de la bande des Quatre débute aussitôt.

Démaoïsation de la Chine et ouverture accélérée à l’Occident

La Chine veut justement rassurer, veut convaincre le monde que la période des grands désordres, la période des grandes mobilisations, la période de la lutte des classes, si vous voulez, est révolue.

William G. Badour, professeur à l’Université d’Ottawa, 1980
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Ce soir, 27 novembre 1980

Dans une entrevue présentée à l’émission Ce soir le 27 novembre 1980, l’animateur Gérard-Marie Boivin interroge le sinologue William G. Badour sur les raisons de l’immense publicité qu’accorde Pékin au procès de la bande des Quatre.

Selon William G. Badour, le gouvernement chinois donne beaucoup d’importance à ce procès, car cela montre clairement sa volonté de rupture avec les politiques du président Mao.

La Chine communiste, de 1949 au décès du président Mao Zedong en 1976, avait tissé de très importants liens avec l’Union soviétique et ses satellites de l’Europe de l’est.

Les successeurs de Mao Zedong, notamment Deng Xiaoping, veulent dorénavant ouvrir de façon prioritaire la Chine communiste à l’Occident.

L’heure très tardive qu’indiquent leurs horloges biologiques explique la rapidité des réformes entreprises par les nouveaux dirigeants chinois, souligne William G. Badour.

Deng Xiaoping et ses proches collaborateurs, relève l’universitaire, sont des septuagénaires, voire des octogénaires. Ils pourraient mourir bientôt.

Quant à Jiang Qing, sa peine de mort est commuée en peine de prison à perpétuité en 1983.

La veuve du président Mao Zedong se suicide dans sa cellule en 1991.

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