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CRTC : non à plus de souplesse pour CBC/Radio-Canada, selon des producteurs

Hélène Messier, présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique

Hélène Messier, présidente-directrice générale de l’Association québécoise de la production médiatique

Photo : Radio-Canada

CBC/Radio-Canada ne doit pas diminuer ses obligations à la télé traditionnelle et le CRTC ne doit pas lui donner davantage de flexibilité puisque cela affaiblirait « la qualité et la diversité » de sa programmation, a plaidé l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM).

La Société plaide qu’elle a besoin de cette souplesse réglementaire pour accroître son offre en ligne, ce qui implique une réduction de ses dépenses consacrées à sa programmation [traditionnelle] , a affirmé Hélène Messier, présidente-directrice générale de l'AQPM, en cette neuvième journée d'audience devant le CRTC.

On n'est pas d'accord pour diluer les obligations sur l'ensemble des plateformes , a-t-elle ajouté.

Le diffuseur public a demandé cette plus grande flexibilité afin de se mesurer aux géants du web.

Hélène Messier craint qu'une fois libre de certaines de ses obligations, le diffuseur se tourne vers des émissions moins coûteuses [et] souvent étrangères .

Elle a aussi rappelé que les budgets pour les productions numériques ne sont pas les mêmes que pour la télé traditionnelle. Mme Messier craint donc que si Radio-Canada ne faisait que respecter le minimum de ses obligations, il y ait une une réduction réelle dans les contenus.

Investir des sommes importantes pour de la programmation de qualité dans les services (traditionnels) c'est aussi enrichir les plateformes , a-t-elle expliqué.

Son plaidoyer ressemble à celui fait mercredi par les groupes d'artistes et d'artisans de la télévision.

Mme Messier ne croit pas non plus que le numérique tuera la télévision traditionnelle .

La télé est rassembleuse, c'est une expérience unique qui va se distinguer de l'expérience en ligne , a-t-elle aussi dit.

L'AQPM s'oppose donc à la demande de Radio-Canada qui propose de diminuer son obligation de diffuser des émissions d’intérêt national (ÉIN) aux heures de grande écoute. Actuellement, la chaîne généraliste de Radio-Canada doit en diffuser au moins sept heures. Elle demande toutefois de réduire cette obligation à six heures.

Vu le financement fédéral supplémentaire de 675 millions de dollars, le diffuseur public devrait revenir à ses obligations historiques de dix heures de diffusion d'EIN. En 2013, le CRTC avait accepté de réduire ce nombre d'heures à cause des compressions budgétaires subies par CBC/Radio-Canada.

Qu'est-ce qu'une émission d'intérêt national (EIN)?

Le CRTC définit une EIN comme des émissions dramatiques et comiques, les documentaires de longue durée et les émissions canadiennes de remise de prix spécifiques qui rendent hommage à des créateurs et artistes canadiens.

Un autre problème soulevé par l'AQPM : le manque d'information fourni par Radio-Canada.

On manque de données pour nous même faire des recommandations très précises , a déploré Mme Messier.

Elle recommande que le CRTC exige que le diffuseur public communique ses données sur la fréquentation de chacune de ses plateformes en ligne incluant les abonnements au volet payant de son service en ligne Tou.tv, l'Extra.

CBC/Radio-Canada saluée par les para-athlètes

Le nageur Benoît Huot qui a participé à cinq jeux paralympiques a raconté qu'il a été inspiré de devenir un athlète grâce au diffuseur public.

C'est en regardant les Jeux du Canada en 1997 qu'il a compris qu'il pouvait devenir un para-athlète et, un jour, participer aux Jeux paralympiques.

Vous êtes des créateurs de héros et de modèles , a expliqué M. Huot, rappelant que son histoire ressemble à celle de nombreux Canadiens.

Aucun autre diffuseur n'a l'opportunité de partager le sport amateur et le sport olympique et paralympique comme Radio-Canada et CBC peuvent le faire , a-t-il ajouté.

Il encourage d'ailleurs la société à augmenter le temps de diffusion sur les médias traditionnels et sur le web pour encourager les Canadiens à être plus actifs.

Même son de cloche de la part du Comité paralympique canadien (CPC).

CBC/Radio-Canada comble un vide important au pays, a indiqué Karen O'Neil, la directrice générale du CPC. Aucun autre média n'a réussi à (démocratiser) le sport amateur comme CBC/Radio-Canada.

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