•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Il est trop tôt pour lever le confinement en Ontario, selon des experts

Une infirmière de l'Hôpital Humber River, à Toronto, portant un masque et une visière.

Toronto est l'une des villes les plus touchées par la COVID-19 au Canada.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

Près d'un mois après le début du confinement en Ontario, la baisse des nouveaux cas de COVID-19 est encourageante, selon des épidémiologistes, mais pas suffisante pour lever les restrictions et rouvrir toutes les écoles.

Le nombre d'hospitalisations continue de diminuer dans la province.

Par ailleurs, pour la quatrième journée de suite jeudi, le nombre de nouveaux cas de coronavirus est inférieur à 3000.

En fait, le nombre moyen de nouveaux cas par jour est à la baisse depuis 10 jours en Ontario.

Un signe « positif », selon l'épidémiologiste Ashleigh Tuite, de l'Université de Toronto, qui ajoute toutefois que l'Ontario est loin d'être sorti du bois.

Selon elle, il faut des semaines de progrès, pas seulement des jours, avant d'envisager de mettre fin au confinement.

Il faudrait probablement qu'il y ait des baisses de 25 % chaque semaine avant de pouvoir parler de rouvrir.

Ashleigh Tuite, spécialiste des maladies infectieuses à l'École de santé publique Dalla Lana

Malgré la baisse des hospitalisations, le nombre actuel d'Ontariens à l'hôpital à cause de la COVID-19 continue à dépasser les sommets atteints durant la première vague.

Jeudi, il y avait 1533 hospitalisations, y compris 388 patients aux soins intensifs. Au pic de la première vague, il y avait eu 1043 hospitalisations et 264 patients aux soins intensifs.

Globalement, les données provinciales récentes démontrent qu'il y a de l'amélioration, a déclaré jeudi la médecin hygiéniste en chef adjointe.

Le taux de cas par 100 000 habitants a connu sa première baisse depuis la mi-novembre, à 145,4, mais la Dre Barbara Yaffe estime qu'il est encore élevé.

Elle a également donné, à titre d'exemple, le taux de tests de dépistages positifs de 5,3 %, ce qui représente aussi une diminution. Il était de 6,3 % la semaine dernière.

Selon la Dre Yaffe, il faudra examiner les données d'une ou deux semaines encore, pour pouvoir dégager une tendance.

1000 cas par jour?

Au début de la semaine, le médecin hygiéniste en chef de l'Ontario, le Dr David Williams, a affirmé qu'il faudrait que le nombre de nouveaux cas chute à environ 1000 par jour avant de mettre fin au confinement.

La professeure Tuite, elle, croit qu'il n'y a pas de chiffre magique.

Son collègue Jeff Kwong, microbiologiste à l'Université de Toronto, soutient que le seuil de 1000 cas quotidiens est beaucoup trop élevé.

Je ne sais pas sur quoi le Dr Williams fonde ce chiffre de 1000 cas par jour, dit-il. J'ai entendu dire qu'on devrait viser un taux de 1 infection par million d'habitants. Comme l'Ontario a environ 15 millions d'habitants, ça voudrait dire approximativement 15 cas par jour. Il y a tout un écart entre les deux.

Rouvrir les écoles?

Le gouvernement de Doug Ford a annoncé mercredi que les écoles pourront rouvrir lundi dans certaines régions du Sud de l'Ontario, en plus de celles déjà ouvertes dans le Nord de la province.

Dans les zones les plus chaudes (Toronto, York, Peel, Hamilton et Windsor-Essex), la province avait déjà précisé qu'il n'y aurait pas de retour en classe avant le 10 février.

Pour le professeur Kwong, la question des écoles est « vraiment délicate ».

D'un côté, la fermeture des écoles peut aider à limiter la propagation des infections, dit-il. De l'autre côté, ajoute-t-il, l'actuel apprentissage en ligne n'est pas idéal, surtout pour les jeunes enfants, sans parler du manque de socialisation.

Le gouvernement, selon lui, devrait dévoiler publiquement sur quels critères sera fondée la décision de rouvrir les écoles dans le reste du Sud de la province.

Pour sa part, la professeure Tuite insiste sur l'importance du traçage, de l'utilisation de tests de dépistage rapide et de l'isolement des personnes infectées, ce qui inclut une compensation financière et des hôtels de quarantaine par exemple, pour éviter un autre confinement une fois les restrictions actuelles levées.

Une fois que les indicateurs auront baissé, il faudra faire tout ce qui est possible pour qu'ils restent bas, dit-elle.

Avec les informations de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !