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Toronto propose de créer 4 équipes d'intervention civiles pour les appels de crise

Un casque d'écoute déposé sur un clavier d'ordinateur.

Le nouveau service pourrait être demandé par le 911 ou d'autres lignes d'appel, selon ce que propose le rapport de la Ville.

Photo : iStock

La Ville de Toronto recommande de former quatre équipes de travailleurs de crise non armés, qui ne seraient pas des policiers, pour répondre à des appels reliés à la santé mentale et au bien-être de citoyens, notamment.

Dans un rapport (Nouvelle fenêtre) qui sera examiné mercredi prochain au comité exécutif, le directeur municipal propose un projet pilote qui serait lancé en 2022, et qui verrait la création de ces quatre équipes communautaires d’intervention en cas de crise.

Ces unités répondraient à des appels de crise non urgents et non violents, dit la Ville, sans toutefois préciser ce que cela implique.

Après de multiples appels à réformer la police et à retirer les policiers de certains types d'intervention, le conseil municipal s’était engagé l’été dernier à établir un tel programme.

Ces demandes de changement ont fait suite à la mort de plusieurs citoyens en crise lors d’interventions policières dans la région de Toronto – Regis Korchinski-Paquet, Ejaz Choudry et D'Andre Campbell, notamment.

Des quartiers identifiés

Les équipes seraient donc composées de civils, des professionnels de la santé mentale formés entre autres en désescalade, et seraient d’abord dépêchées dans trois zones de la ville :

  • le nord-ouest de Toronto (Etobicoke, York Centre et Humber River-Black Creek)
  • le nord-est (Scarborough)
  • l'est du centre-ville (Spadina-Fort York, Toronto Centre)

Ces quartiers comptent le plus grand nombre d’arrestations en vertu de la Loi sur la santé mentale et d’appels pour des personnes en crise.

La quatrième équipe pilote servirait spécifiquement les communautés autochtones.

La Ville propose de collaborer avec des agences de santé communautaire et organismes à but non lucratif, qui seraient alors responsables de gérer ces équipes.

Elle suggère de réserver un budget de 1,7 million de dollars en 2021 pour préparer le lancement, notamment pour l’embauche et la formation de personnel.

Le projet pilote serait ensuite mené sur trois ans, avec des évaluations régulières, dans le but d'être étendu à toute la ville à partir de 2026. Le budget pour 2022 est évalué à environ 7,9 millions.

Plusieurs portes d'entrée

Pour obtenir ce nouveau service, la Ville souhaite que les citoyens puissent appeler non seulement le 911, mais aussi d’autres lignes pour qu’il n’y ait pas de mauvaise porte d’entrée.

Le rapport suggère d'approcher entre autres le 211, une ligne d'assistance liée à des services communautaires et sociaux.

C'est une bonne idée, selon Rachel Bromberg, cofondatrice du Reach Out Response Network , une coalition qui fait la promotion des services communautaires d’intervention en cas de crise et qui a conseillé la Ville dans ses démarches.

On sait que le 911, c’est le numéro que beaucoup de gens connaissent et qu’ils vont composer en cas d’urgence. Mais c’était aussi important d’avoir d’autres voies pour ceux qui ne sont pas à l’aise d’appeler le 911, et pour limiter le volume d’appels au 911 et assurer une réponse rapide.

Solution de rechange

Le rapport relève que le Service de police de Toronto a vu une augmentation de 32,4 % des appels pour des personnes en crise au cours des cinq dernières années.

La Ville parle d’un sous-investissement dans le traitement de la santé mentale pendant des décennies, ce qui signifie qu'un plus grand nombre de personnes atteintes de maladie mentale ne reçoivent pas le soutien dont elles ont besoin et tombent en détresse, ce qui entraîne une augmentation des interactions avec les policiers, devenus premiers répondants par défaut.

Le SPT compte d’ailleurs une unité mobile pour répondre à des appels de santé mentale, mais qui jumelle des infirmières à des agents en uniforme armés, dans des autopatrouilles et qui reste donc associée à la police.

Plan resserré sur deux uniformes de membres d'une équipe mobile d'intervention en cas de crise de la police de Toronto.

L'unité d'intervention en cas de crise de la police de Toronto

Photo : CBC / Martin Trainor

Or le rapport souligne que l’envoi de policiers dans ces situations pose des risques en particulier à ceux qui sont Noirs, Autochtones, et issus de communautés marginalisées, en raison du racisme systémique enchâssé dans le système de justice canadien.

À la fin de 2020, la Ville a rencontré des membres de communautés autochtones, noires, francophones et LGBTQ2S+, des réfugiés, des personnes en situation d'itinérance, des personnes handicapées et des personnes ayant des problèmes de santé mentale et de toxicomanie pour recueillir des expériences vécues et aider à la conception de ce projet pilote, ajoute le directeur municipal, Chris Murray, dans un communiqué.

Une étape de plus

Rachel Bromberg estime que ce rapport marque une étape prometteuse.

Quant à l’échéancier, la Torontoise est partagée. Beaucoup d’autres villes ont fait ça bien plus rapidement. Et il y a bien des gens qui souffrent en ce moment.

Mais il faut aussi dire que Toronto est une grande ville, très diverse, et donc il faut trouver un équilibre entre vouloir faire les choses le plus rapidement possible, mais aussi ne pas couper les coins ronds. Prendre le temps de trouver les bonnes agences partenaires, que le service soit suffisamment financé et sensibiliser les répartiteurs du 911.

Elle espère voir une réponse positive du comité exécutif, puis du conseil municipal.

Vraiment, ce n’est pas un sujet controversé. C’est juste une question de bon sens, que ce soit des travailleurs en santé mentale qui répondent à des crises de santé mentale.

Rachel Bromberg

Interrogé sur le rapport lors d’un point de presse mercredi, le maire de Toronto s’est dit content qu’on aille de l’avant, et convaincu que ce projet aura un impact positif.

John Tory juge que les fonctionnaires municipaux ont travaillé rapidement pour défricher le terrain, et que cette année sera consacrée à trouver les bonnes personnes et ressources pour le programme.

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