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Conflit de pêche : rupture du lien de confiance, selon le représentant spécial d’Ottawa

Une dizaine de bateaux sur l'eau.

Des bateaux de pêcheurs commerciaux naviguent au large de Saulnierville, en Nouvelle-Écosse, le 17 septembre 2020, pour protester contre la pêche des Autochtones.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Rupture du lien de confiance, manque de communication et de clarté du gouvernement fédéral : c’est ce qui ressort du rapport préliminaire du représentant spécial nommé par Ottawa dans le conflit qui oppose les pêcheurs autochtones et non autochtones de la Nouvelle-Écosse, dont Radio-Canada a obtenu copie.

C’est pour désamorcer la crise qui perdure dans le dossier des droits de pêche des communautés autochtones et pour faciliter les discussions que le gouvernement fédéral a nommé Allister Surette l’automne dernier en tant que représentant spécial.

Dans son rapport provisoire, il fait état d’un manque de communication et de clarté.

Il note que les balises entourant la pêche de subsistance convenable, reconnue par la Cour suprême dans l’arrêt Marshall, n’ont jamais été définies par Ottawa.

Allister Surette devant une webcam.

Le gouvernement du Canada a nommé le recteur de l'Université Sainte-Anne, Allister Surette, comme représentant spécial fédéral pour faciliter les discussions entre l'industrie du homard commercial et les Premières Nations du Canada atlantique.

Photo : Radio-Canada

Malgré le nombre d’initiatives mises en œuvre depuis 1999, il semble y avoir un manque de progrès du côté de la mise en œuvre de l’arrêt Marshall. Par conséquent, pendant toutes ces années, les attentes des Premières Nations n’ont pas été satisfaites et les frustrations des pêcheurs non autochtones se sont accrues graduellement, peut-on lire.

Un dialogue difficile

Allister Surette a rencontré 85 personnes à ce jour. La grande majorité, 81 %, sont des pêcheurs et intervenants non autochtones.

Je ne sais pas si c’est un manque d’intérêt, se demande M. Surette.

J’aimerais avoir plus de participation des Premières Nations, ça va faire partie de l’effort que je vais mettre dans la deuxième phase de mon rapport.

Allister Surette, représentant spécial fédéral

C’est important de clarifier mon mandat, je suis là pour rétablir la confiance, pour améliorer les relations, je ne suis pas négociateur, je ne suis pas impliqué dans les discussions avec les gouvernements, rappelle-t-il.

Sipekne'katik, dont le chef avait déjà émis des doutes sur l’impartialité de l’exercice, refuse toujours d’y participer.

Ce rapport n’a aucun poids, à mon avis le gouvernement utilise encore une fois un outil pour essayer de nous dicter ce que nous devons faire et nous ne sommes pas contents de cela, indique le chef de la communauté de Sipekne'katik, Mike Sack.

Mike Sack répond aux questions des médias dans un corridor.

Mike Sack, chef de la communauté micmaque de Sipekne'katik, a émis des doutes sur l'exercice de consultation.

Photo : Radio-Canada

Il faut dire que la communauté micmaque s’est aussi retirée des négociations avec Ottawa sur l’élaboration d’un plan de pêche durable. Les relations se sont encore davantage envenimées lorsque la GRC a saisi des centaines de casiers à homard dans la baie Sainte-Marie, dont plusieurs appartenaient à la communauté de Sipekne'katik.

Le rapport fait d'ailleurs état des communications difficiles depuis l’escalade du conflit dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Pour empirer les choses, particulièrement maintenant avec les médias sociaux, ce manque de renseignements officiels en temps opportun a laissé la place à la désinformation, dont le déploiement était instantané et à grande échelle, souligne M. Surette dans son rapport.

Les pêcheurs non autochtones satisfaits

L’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM) accueille favorablement le rapport provisoire. Le groupe réclame de faire partie de la discussion sur la mise en place d’une pêche convenable.

Martin Mallet devant sa webcam.

Martin Mallet, directeur général de l'Union des pêcheurs des Maritimes

Photo : Radio-Canada

Ce qui est évident dans le rapport, c'est que le gouvernement fédéral a beaucoup de choses à améliorer dans sa façon de traiter le dossier, et ce, depuis des décennies au niveau de la transparence, au niveau d'intégrer les Premières Nations aux groupes non autochtones. Ça aurait dû être fait il y a longtemps , indique Martin Mallet.

Allister Surette recommandera la mise en place de différentes tribunes pour faciliter les communications, y compris un forum de discussion et un centre d’échange.

La ministre Bernadette Jordan a également accueilli favorablement ce premier rapport.

Nous prendrons le temps nécessaire pour examiner attentivement le rapport provisoire et nous attendons avec impatience de recevoir le rapport final. Comme nous l'avons dit depuis le début, les pêcheurs autochtones et commerciaux pêchent côte à côte depuis des générations et il est impératif que nous travaillions à rebâtir les relations dans nos communautés. Les recommandations de M. Surette seront très utiles pour continuer à avancer ensemble, indique un porte-parole du ministère dans un courriel.

Un rapport final sera déposé au cours des prochains mois.

Avec les informations de Nicolas Steinbach

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