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Au moins 32 morts et 110 blessés dans un double attentat-suicide à Bagdad

Un marché de Bagdad, théâtre d'un double attentat-suicide.

Le site d'un double attentat-suicide dans un marché de Bagdad

Photo : Reuters / THAIER AL-SUDANI

Agence France-Presse

Au moins 32 personnes ont été tuées et 110 autres ont été blessées jeudi par deux kamikazes qui se sont fait exploser dans un marché du centre de Bagdad; c'est l'attaque la plus meurtrière depuis trois ans dans la capitale irakienne.

Un premier homme a déclenché sa ceinture explosive au beau milieu de vendeurs et de badauds dans un marché de vêtements d'occasion place Tayaran, a expliqué le ministère de l'Intérieur.

Alors qu'un attroupement se formait pour tenter de venir en aide aux victimes, un second kamikaze a fait détoner ses explosifs, a-t-il ajouté.

Un premier bilan donné par l'agence officielle irakienne faisait état de 28 morts et de 73 blessés. Les médecins, eux, disaient redouter que le bilan continue de grimper dans la métropole de 10 millions d'habitants, où le ministère de la Santé a annoncé avoir placé l'ensemble du personnel médical en état d'alerte maximale.

Sur la place, carrefour très passant de Bagdad, des flaques de sang étaient visibles, de même que des lambeaux de vêtements déchiquetés par les explosions, a constaté un photographe de l'AFP.

Soldats et ambulanciers étaient déployés en masse sur la place, les premiers bloquant les accès et les seconds s'activant à déplacer des corps ou à aider des blessés, dans un ballet d'ambulances aux sirènes entêtantes.

Un attentat suivant exactement le même mode opératoire avait déjà endeuillé cette place, faisant 31 morts, il y a trois ans quasiment jour pour jour.

Des forces de l'ordre sur la scène d'un double attentat-suicide à Bagdad.

La scène du double attentat-suicide dans une rue commerciale animée au cœur de Bagdad

Photo : Getty Images / SABAH ARAR

Comme en 2018, cette attaque survient alors que les autorités discutent de l'organisation d'un scrutin législatif, une échéance régulièrement accompagnée de violences en Irak.

Le gouvernement avait promis des élections anticipées pour un nouveau Parlement en juin. Les autorités proposent maintenant de les reporter à octobre afin de donner plus de temps à la commission électorale pour organiser ce scrutin.

De nombreux politiciens disent toutefois douter de la tenue d'une élection anticipée – en juin ou en octobre –, car la condition sine qua non est une dissolution du Parlement. Or, seuls les députés peuvent voter leur propre dissolution et aucun n'a donné d'assurance en ce sens.

Le président Barham Saleh a dénoncé sur Twitter des tentatives malignes de compromettre la stabilité du pays. Un acte aussi horrible n'influencera pas la marche de l'Irak vers la stabilité et la prospérité, a indiqué de son côté la mission de l'ONU en Irak.

Le double attentat-suicide de jeudi n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, mais ce mode opératoire a déjà été utilisé par le groupe État islamique (EI), qui a occupé près du tiers de l'Irak en 2014 avant que Bagdad déclare avoir gagné sa guerre contre les djihadistes fin 2017.

Depuis, des cellules djihadistes se terrent dans les nombreuses zones montagneuses et désertiques du pays. Jusqu'ici toutefois, l'EI n'a revendiqué que des attaques de faible envergure, menées généralement de nuit contre des positions militaires dans des zones isolées, loin des villes.

Les derniers attentats ayant fait plusieurs morts à Bagdad remontent à juin 2019.

Cette attaque survient alors que les États-Unis ont réduit le nombre de leurs soldats en Irak à 2500 hommes, une baisse qui reflète la hausse des capacités de l'armée irakienne, selon les mots du chef du Pentagone, Christopher Miller.

Cette réduction ne signifie pas un changement dans la politique des États-Unis, a-t-il souligné. Les États-Unis et les forces de la coalition restent en Irak pour assurer une défaite durable de l'EI.

Les États-Unis sont à la tête d'une coalition internationale déployée en Irak depuis 2014 pour lutter contre l'EI.

La quasi-totalité des troupes des autres États membres de la coalition ont quitté le pays en 2020, au début de la pandémie de nouveau coronavirus.

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