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Joe Biden met en œuvre une « stratégie de guerre » contre la COVID-19

Le plan du nouveau président américain prévoit des discussions avec le Canada et le Mexique pour l'adoption de protocoles de sécurité pour les voyages terrestres.

Joe Biden, à la Maison-Blanche, brandissant un document, avec Kamala Harris derrière lui.

Le président Joe Biden a présenté les idées directrices de son plan sur la COVID-19.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Au premier jour complet de son mandat, le président américain, Joe Biden, a annoncé une stratégie nationale pour s'attaquer à la pandémie de coronavirus en plus d'adopter une dizaine de décrets. Une décision qui signifie clairement la priorité qu'il entend accorder à cet enjeu.

Le nouveau président a signalé un changement de cap par rapport à son prédécesseur, qui a minimisé les risques de la COVID-19 et laissé en grande partie aux États la responsabilité de gérer la crise qui a fait plus de 400 000 victimes dans le pays.

Joe Biden a souligné l'ampleur du défi et comparé les actions à poser à une entreprise en temps de guerre.

Entouré entre autres de la vice-présidente, Kamala Harris, et de l'immunologiste en chef de la Maison-Blanche, Anthony Fauci, il a résumé les grandes lignes d'un plan qui comprend sept grands objectifs détaillés sur 200 pages.

Accélération de la campagne de vaccination, augmentation de la capacité de dépistage et accroissement de la production de matériel nécessaire, soutien financier des États dans leur campagne de dépistage et de vaccination, réouverture de façon sécuritaire des écoles d'ici 100 jours, recherche de nouveaux traitements pour la COVID-19 et meilleure analyse des données pour faciliter la réponse gouvernementale : la stratégie annoncée est très vaste.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Le président Biden lance un effort de guerre pour vaincre la pandémie

M. Biden a notamment rappelé que l'objectif est d'administrer 100 millions de doses du vaccin contre la COVID-19 au cours de ses 100 premiers jours, soit d'ici la fin d'avril.

Cette opération est l'un des plus grands défis opérationnels que notre nation ait jamais eu à relever, a-t-il soutenu, déplorant au passage l'échec lamentable de la mise en oeuvre de la vaccination jusqu'ici.

Le Washington Post a cependant évalué que l'objectif d'administration d'un million de doses par jour avait déjà été atteint cinq fois au cours des 11 derniers jours.

La nouvelle stratégie fédérale inclut également la décision d'entamer des démarches diplomatiques auprès des gouvernements du Canada et du Mexique concernant les protocoles de santé publique pour les points d'entrée terrestres.

Le plan de Joe Biden passe largement par le plan de relance de 1900 milliards de dollars, dont les grandes lignes ont été dévoilées la semaine dernière et qui nécessitera l’approbation du Congrès.

Si son prédécesseur a souvent minimisé la pandémie, Joe Biden a souligné que la crise était loin d'être terminée, malgré la mise au point de vaccins. Le bilan des victimes risque d'atteindre 500 000 le mois prochain, a-t-il averti.

Il faudra des mois pour renverser la situation, a-t-il admis, assurant toutefois que l'aide était en route.

Le président Biden avait aussi à ses côtés Jeff Zients, qui coordonne la réponse de la Maison-Blanche à la pandémie, et d'autres responsables de son équipe liés à la santé étaient présents par visioconférence.

Dix nouveaux décrets

Devant les journalistes, Joe Biden a signé plusieurs décrets contenus dans son plan d'action et visant à mettre en place rapidement certaines mesures.

L'un d'eux impose le masque dans les aéroports et dans le transport public sous juridiction fédérale, dont de nombreux trains, avions, navires et autocars interurbains.

Un autre ordonne aux agences fédérales d'invoquer la Loi sur la production de défense, qui permet au gouvernement fédéral de forcer des entreprises à produire en priorité certains articles au nom de la protection du pays, de façon à augmenter les stocks.

M. Trump l'avait déjà invoquée.

Selon le New York Times, l'administration Biden dit avoir repéré 12 articles qui sont en quantité insuffisante pour lutter contre la pandémie. Parmi ceux-ci, on compte des masques chirurgicaux N95, des blouses de protection, ainsi que des écouvillons, des réactifs et des pipettes pour les tests.

Des piétons à New York.

Des piétons portent des masques de protection à Times Square, à New York.

Photo : Associated Press / Frank Franklin II

L'administration Biden entend aussi ordonner aux départements de l'Éducation et de la Santé et des Services sociaux d'établir des lignes directrices pour guider la réouverture sécuritaire des garderies, des écoles primaires et secondaires ainsi que des établissements d'enseignement supérieur.

L'agence fédérale responsable de la santé et de la sécurité du travail devra aussi présenter des lignes directrices claires destinées aux employeurs pour protéger les travailleurs contre l'infection.

D'autres décrets prévoient l'instauration de quarantaines pour les voyageurs arrivant de l'étranger, la création d'un conseil visant à accroître la capacité de dépistage ou encore la création d'un groupe de travail sur l'équité dans la lutte contre la COVID-19.

Ce dernier doit se pencher sur les conséquences disproportionnées de la COVID-19 sur les groupes racisés.

Déterminé à marquer d'emblée une différence par rapport à son prédécesseur, le 46e président américain a signé la veille, quelques heures à peine après son assermentation, un décret pour rendre obligatoire le port du masque dans les bâtiments fédéraux.

Donald Trump n'avait endossé qu'à reculons le port du masque, loin d'en faire la promotion.

Le nouveau président a également signé mercredi un décret confirmant la réintégration des États-Unis à l'Organisation mondiale de la santé (OMS). M. Trump avait claqué la porte de l'organisation l'an dernier, car il l'accusait de manquer d'indépendance face à la Chine.

Plusieurs pans de la stratégie ont été annoncés il y a des jours, voire des semaines.

Le retour de la science, le soulagement du Dr Fauci

Le Dr Fauci sourit.

Le Dr Anthony Fauci a joué un rôle prépondérant lors de la deuxième conférence de presse donnée par la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki.

Photo : Reuters / JONATHAN ERNST

Dans une pointe pas même voilée visant son prédécesseur, Joe Biden a en outre assuré que son administration se garderait de toute ingérence politique dans le travail des scientifiques chargés de la réponse à la pandémie.

Nous allons nous assurer qu'ils travaillent sans ingérence politique et qu'ils prennent des décisions strictement basées sur la science et les soins de santé – la science et la santé uniquement – et non sur les conséquences politiques.

Joe Biden, président des États-Unis

C’est pour cela que vous allez entendre parler plus souvent le Dr Fauci, a-t-il ajouté. Donald Trump avait souvent attaqué la crédibilité du scientifique sur la place publique.

Le Dr Fauci, dont le président Biden a également fait son principal conseiller en matière de COVID-19, a d'ailleurs donné le coup d'envoi à la conférence de presse faite peu après par la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki.

Interrogé sur l'importance portée à la science par le nouveau président, il n'a pas cherché à cacher son soulagement.

L'idée de pouvoir venir ici et de parler de ce que vous savez – des preuves, de ce qu'est la science – et de savoir que vous pouvez laisser parler la science apporte un peu un sentiment de libération.

Anthony Fauci, épidémiologiste en chef de la Maison-Blanche

Il est très clair que certaines affirmations du président Trump plaçaient les scientifiques dans une position vraiment inconfortable, parce qu'elles n'étaient pas fondées sur des faits scientifiques, a-t-il reconnu en évoquant ses déclarations sur l'hydroxychloroquine.

Donald Trump avait à plusieurs reprises vanté ce traitement habituellement utilisé contre le paludisme, car il estimait qu'il pourrait révolutionner la lutte contre le coronavirus. Ses prédictions optimistes avaient suscité les mises en garde de plusieurs experts.

Je peux vous dire que je ne prends aucun plaisir à me trouver dans une situation où je contredis le président, a expliqué le Dr Fauci, évoquant les répercussions qu'une rectification était susceptible d'entraîner.

En mai 2020, l'ex-directeur de l'agence gouvernementale chargée du développement de traitements contre le coronavirus avait affirmé avoir été rétrogradé après avoir exprimé des préoccupations quant à l'hydroxychloroquine.

Un plan fondé sur la science

Pendant près d'un an, les Américains n'ont pu trouver aucune stratégie et encore moins une approche globale pour faire face à la COVID auprès du gouvernement fédéral. Tout cela va changer, avait résumé mercredi lors d’une séance de breffage technique Jeff Zients.

Le gouvernement fédéral doit être une source de vérité pour le public et fournir de l'information claire, accessible et scientifiquement exacte au sujet de la COVID-19.

Jeff Zients, responsable de la coordination de la lutte contre la COVID-19

Le manque de coopération de l’administration Trump a été un obstacle à la lutte contre la COVID-19, a aussi dit M. Zients, qui a été confirmé dans ses fonctions mercredi après-midi par un décret présidentiel signé par M. Biden.

Selon deux sources de CNN, l'administration Trump n'a laissé aucun plan fédéral digne de ce nom à la nouvelle équipe présidentielle. Il n'y a rien à retravailler. Il faut recommencer à zéro, a dit l'une. Cela prouve l'incompétence totale de l'administration précédente, a dit l'autre.

Le Dr Fauci s'est montré beaucoup moins tranchant. Nous arrivons avec des idées nouvelles, mais aussi avec des idées qui n'étaient pas mauvaises sous la dernière administration, a soutenu le scientifique.

Avec la collaboration de François Messier

Avec les informations de Washington Post, New York Daily News, Agence France-Presse, et CNN

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