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Analyse

Joe Biden suscite des espoirs prudents à Québec

Le président et son épouse regardent un feu d'artifice.

Le président Joe Biden et la première dame, la Dre Jill Biden, ont regardé un feu d’artifice lors de la cérémonie d’inauguration depuis la Maison-Blanche.

Photo : AFP / Chip Somodevilla

Comme bien d’autres politiciens au centre droit de l’échiquier politique, François Legault a plusieurs fois été comparé au 45e président des États-Unis. C’était bien malgré lui, car il ne regrettera pas le départ de Donald Trump de la Maison-Blanche.

Si le premier ministre pouvait respecter le sens des affaires du controversé président, il a bien constaté que son instabilité et son penchant protectionniste en faisaient un mauvais partenaire.

Transiger avec l’administration Trump représentait « un défi », reconnaît la ministre des Relations internationales, Nadine Girault. En entrevue avec Radio-Canada, elle se félicite d’avoir su maintenir de bonnes relations au sud de la frontière en dépit du personnage.

Toutefois, on ne peut pas dire que les 22 missions réalisées en 2 ans aux États-Unis, dont 4 dirigées par le premier ministre, on fait les choux gras des entreprises d’ici.

Le Québec ne regrettera certainement pas une administration qui imposait des tarifs à nos entreprises pour favoriser les siennes, de l’aéronautique à l’aluminium en passant par le bois d'œuvre.

Exporter de l’électricité

Nadine Girault tient une tablette dans ses mains lors d'une conférence de presse.

Transiger avec l’administration Trump représentait un défi, reconnaît la ministre des Relations internationales, Nadine Girault.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Joe Biden reçoit un accueil favorable des deux côtés du Salon bleu à l’Assemblée nationale. Sa présidence fait l’unanimité du simple fait de ne pas être celle de Donald Trump.

Il n’empêche qu’au gouvernement, on espère que le démocrate sera plus qu’un moindre mal. Et comme disait Jean de La Fontaine, de tout inconnu, le sage se méfie.

Québec a deux priorités au sud de la frontière : vendre de l’électricité et devenir la batterie de l’Amérique du Nord, et réduire la portée du Buy American Act.

Pour la première, tous les espoirs sont permis. L’abandon du projet d’oléoduc Keystone XL semble confirmer la sensibilité écologique de Joe Biden, ce qui augure bien pour Hydro-Québec.

D’un protectionnisme à l’autre

Lorsqu’il s’agit de favoriser le libre-échange, la ministre Girault craint le pire. C’est évident qu’on ne verra pas une diminution du protectionnisme avec ce président-là, dit-elle.

Elle mise sur nos contacts actuels avec la Maison-Blanche, tant chez les républicains que chez les démocrates, pour convaincre nos voisins de troquer le Buy America pour le Buy North America.

Surtout, la ministre compte sur la prévisibilité de Joe Biden, et sur le retour d’une administration normale à Washington.

Hélas, prévisible et normal sont des mots bien relatifs en temps de pandémie. La COVID-19 pourrait bien poursuivre le travail de sape de Donald Trump en ce qui a trait à nos relations commerciales avec notre partenaire au sud de la frontière.

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