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Arrêt de Keystone XL : Kenney veut des sanctions contre les États-Unis

De gauche à droite : Jason Kenney et Joe Biden.

Le premier ministre de l’Alberta veut des sanctions contre les États-Unis, à la suite de l’annulation du permis de Keystone XL, si Joe Biden refuse de dialoguer.

Photo : Jason Franson/The Canadian Press, Carolyn Kaster/The Associated Press)

La révocation du permis de construction de l’oléoduc Keystone XL par le nouveau président des États-Unis, Joe Biden, est « un coup de poing et une attaque directe aux relations commerciales entre les deux pays », selon le premier ministre albertain, Jason Kenney. Il demande à Ottawa d’imposer des sanctions commerciales aux États-Unis, si Joe Biden refuse de dialoguer.

Malheureusement, il s'agit d'une insulte dirigée contre l'allié et le partenaire commercial le plus important des États-Unis, a déclaré Jason Kenney.

Il demande au premier ministre Justin Trudeau de s'asseoir avec la nouvelle administration afin de débattre de la question et propose au gouvernement fédéral d'imposer des sanctions commerciales en cas d'échec.

La faiblesse n’est pas une option.

Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta

Le Canada aurait dû être consulté

Jason Kenney ajoute que le Canada fait partie de la solution à la transition énergétique, mais que la décision de mercredi a été prise sans que le pays n'ait eu la chance de faire valoir son point de vue.

Avant ses commentaires, Justin Trudeau et l'ambassadrice du Canada aux États-Unis, Kirsten Hillman, ont indiqué que, bien que déçus de la décision, ils s'étaient résignés à vivre avec.

Bien que nous saluons l'engagement du président à lutter contre les changements climatiques, nous sommes déçus, mais acceptons la décision du président de tenir sa promesse électorale sur Keystone XL, a déclaré Justin Trudeau dans un communiqué.

Je crois que c'est une décision prise et qu’il faut que nous nous tournions vers le futur, a pour sa part déclaré Kirsten Hillman, en entrevue mercredi à RDI. J'ai eu beaucoup de conservations sur le sujet avec l'équipe Biden et des gens très haut placés de son administration, et c'est une décision claire et ferme de leur part.

Joe Biden a révoqué le permis pour le pipeline de 8 milliards de dollars le jour même de son assermentation en tant que 46e président des États-Unis d’Amérique.

Je suis fier des mesures prises aujourd’hui, et je vais commencer par tenir les promesses que j'ai faites au peuple américain, a-t-il déclaré dans le bureau ovale.

Une carte du Canada et des États-Unis. Une ligne verte relie Hardisty, en Alberta, à Steele City au Nebraska. Une ligne noire relie quant à elle Hardisty à Houston et Port Arthur au Texas.

En vert, le tracé du nouveau pipeline Keystone XL proposé qui relierait l'Alberta au golfe du Mexique, et en gris, le tracé du pipeline existant.

Photo : Radio-Canada

Question de lutte contre les changements climatiques

La révocation du permis de Keystone XL par Joe Biden fait partie d'une série de décrets visant à lutter contre les changements climatiques, qui comprend également la réintégration des États-Unis à l'accord de Paris sur le climat.

Le gouvernement de l'Alberta a accepté l'année dernière d'investir environ 1,5 milliard de dollars en capitaux propres dans le projet, plus d’autres milliards en garanties de prêts. La partie canadienne du projet est en construction depuis plusieurs mois et emploie environ 1000 travailleurs dans le sud-est de l'Alberta.

Dans sa déclaration, Justin Trudeau indique qu'il avait parlé directement avec Joe Biden au sujet du projet en novembre dernier. Selon lui, l’ambassadrice du Canada aux États-Unis, Kristen Hillman et d’autres membres du gouvernement ont fait valoir le cas du Canada auprès des hauts fonctionnaires de l’administration Biden.

Mardi, le premier ministre du Canada a réitéré son appui à Jason Kenney dans le cadre d’une rencontre en lien avec l’avenir de l’oléoduc Keystone XL. Mercredi, Jason Kenney a dit espérer plus du gouvernement Trudeau.

J’apprécie les mots. Maintenant nous avons besoin de voir des actions.

Jason Kenney, premier ministre de l’Alberta

Décision dévastatrice, selon O’Toole

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O'Toole, a qualifié l'annulation du pipeline de dévastatrice.

Nous devons ramener le plus de gens possible au travail, dans toutes les régions du Canada, dans tous les secteurs, le plus rapidement possible. La perte de cet important projet ne fait que rendre cela plus difficile, a-t-il déclaré dans un communiqué.

Trudeau aurait dû faire plus pour défendre notre secteur énergétique de classe mondiale et les hommes et les femmes qui en dépendent pour subvenir aux besoins de leur famille.

Erin O’Toole, chef du Parti conservateur du Canada
Des travailleurs sont proches d'une canalisation située sous terre, dans une tranchée.

La finalisation du projet aurait permis la création de près de 15 000 emplois, selon Jason Kenney.

Photo : La Presse canadienne / AP/TC Energy

L'Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP), dont le siège social est basé à Calgary, est aussi déçue par cette décision.

Cette action détruit des milliers d'emplois canadiens et américains à un moment où les deux économies ont grandement besoin d'investissements privés, a indiqué son président et chef de la direction, Tim McMillan.

De plus, il élimine les investissements de capitaux propres et les possibilités d'emplois pour les Autochtones créés par des dirigeants autochtones, qui travaillent à améliorer la qualité de vie et à réduire la pauvreté dans leurs collectivités, dit-il.

C'est un autre exemple de la raison pour laquelle le Canada doit continuer de se diversifier et de développer un meilleur accès aux marchés pour ses ressources.

Tim McMillan, président et chef de la direction de l'Association canadienne des producteurs pétroliers

Il ajoute que le pétrole et le gaz naturel canadien sont produits en respectant des normes environnementales et de sécurité qui sont parmi les plus élevées dans le monde et que pour cette raison, le Canada a un rôle important à jouer pour fournir une énergie moins polluante.

L'ACPP continuera de soutenir les efforts visant à ouvrir la porte à une collaboration avec le président Biden et son administration pour sauver Keystone XL, a-t-il déclaré. 

Avec les informations de Thomson Reuters, de la Presse canadienne et de l'Associated Press

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