•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le tueur Allan Legere planifiait une prise d'otage

« Nous avons dû mettre en garde certaines des femmes membres du personnel. »

Allan Legere vêtu d'une tunique bleue, fraîchement rasé et portant des verres fumés, est menotté et escorté par des policiers.

Le tueur et violeur en série Allan Legere (deuxième à partir de la gauche) est escorté par des policiers de la GRC le 24 novembre 1989 à Miramichi, au Nouveau-Brunswick. Il avait été capturé le jour même après son évasion et une cavale de près de sept mois.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

La Presse canadienne

Allan Legere avait planifié une nouvelle évasion l'année où il a été reconnu coupable d'une série de meurtres violents qui avaient semé la panique à Miramichi, au Nouveau-Brunswick, selon une décision écrite lui refusant la libération conditionnelle.

La décision de huit pages, qui fait suite à une audience de la Commission des libérations conditionnelles le 13 janvier, indique également qu'en mai 2019, une arme avait été retrouvée à l'intérieur du téléviseur dans sa cellule de l'Établissement d'Edmonton, une prison à sécurité maximale.

La décision écrite réitère le refus ferme de la commission de toute forme de libération conditionnelle pour le détenu de 72 ans, notant le refus d’Allan Legere d'accepter la responsabilité de sa violence et sa suggestion que les familles des victimes lui pardonnent et passent à autre chose.

La décision contient également de nouveaux détails sur une tentative d'évasion peu connue jusqu'ici.

Le meurtrier, violeur et pyromane reconnu coupable s'est échappé de prison le 3 mai 1989, alors qu'il purgeait une peine d'emprisonnement à perpétuité pour le meurtre du commerçant John Glendenning lors d'un vol en 1986.

Il a ensuite terrorisé la région de Miramichi en perpétrant quatre autres meurtres violents, plusieurs incendies criminels et une agression sexuelle avant d'être arrêté le 24 novembre 1989.

Évasion et prise d'otage

Pourtant, même lorsqu'il a été emprisonné à l'Établissement de l'Atlantique, prison à sécurité maximale, après sa condamnation en 1991, Allan Legere semblait continuer de planifier sa prochaine évasion.

Allan Legere menotté et amené par deux policiers à son procès.

Allan Legere (archives)

Photo : Radio-Canada

Selon les informations du dossier, vous avez des antécédents de tentatives et de succès d'échapper à la garde, est-il écrit dans la décision. En 1987, vous avez tenté de vous échapper à deux reprises, en 1989 vous vous êtes échappé et en 1991 vous avez de nouveau tenté de vous échapper.

En ce qui concerne la tentative de 1991, les informations du dossier relaient que le plan pour échapper à la détention incluait une intention de prendre une employée en otage.

Legere a été reconnu coupable des meurtres le 3 novembre 1991 après que des preuves d’ADN eurent confirmé sa présence sur les lieux où se sont produits les meurtres.

La raison d'un transfert

John Harris, un ancien directeur du Service correctionnel du Canada à l'Établissement de l'Atlantique, à Renous, au Nouveau-Brunswick, a déclaré lors d'un entretien téléphonique qu'il se souvenait de la tentative d'évasion de 1991, sur laquelle on a des informations recueillies par des agents du renseignement de l'établissement.

Les portes du pénitencier derrière une haute clôture métallique surmontée de barbelés.

L'Établissement de l'Atlantique est une prison fédérale à sécurité maximum située à Renous, au Nouveau-Brunswick (archives).

Photo : CBC

Lorsque cette information [du plan d'évasion] a commencé à apparaître et que cela a commencé à devenir un peu intense, c'est à ce moment-là que la décision a été prise de le faire transférer dans l'unité super-maximum de Sainte-Anne-des-Plaines, près de Montréal, s'est souvenu M. Harris.

L'agent correctionnel à la retraite, âgé de 77 ans, a précisé que le plan d’Allan Legere avait été gardé secret, mais qu'il avait été ajouté au dossier pour justifier le transfert.

Nous avons dû mettre en garde certaines des femmes membres du personnel [...] Nous ne savions pas de quelle femme il s'agissait, mais nous avions une indication qu'il s'agissait d'une agente correctionnelle, a-t-il indiqué.

Allan Legere quitte le palais de justice les menottes aux poignets.

Allan Legere en novembre 1991.

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Lors de son audience de libération conditionnelle, la semaine dernière, Legere n'a pas accepté la responsabilité des morts violentes, affirmant que d'autres avaient commis ces meurtres. Il a aussi attribué aux effets de l'alcool ses gestes à l'endroit d'une femme qu'il a ligotée et agressée sexuellement.

Il a dit à plusieurs reprises qu'il ne s'attendait pas à une libération conditionnelle, mais qu'il aimerait avoir la chance de poursuivre des programmes de réadaptation dans une prison à sécurité moyenne.

John Harris exhorte la commission et le service correctionnel fédéral à rester vigilants, car il pense que Legere pourrait planifier une autre évasion, malgré ses démentis d'une telle intention lors de l'audience.

Ce ne sera pas une évasion telle que nous y pensons. Il prévoit atteindre un niveau de sécurité minimum, où vous pouvez simplement partir, a-t-il soutenu.

Commentaires fermés

L’espace commentaires est fermé. Considérant la nature sensible ou légale de certains contenus, nous nous réservons le droit de désactiver les commentaires. Vous pouvez consulter nos conditions d’utilisation.