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Kamala Harris, un exemple à ne pas tenir pour acquis, selon Dominique Anglade

Dominique Anglade en point de presse.

Dominique Anglade est devenue, en mai 2020, la première femme à diriger le Parti libéral du Québec et la première personne de couleur à être cheffe de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade, ne cache pas qu'elle a suivi avec émotion les cérémonies entourant le changement de garde à la Maison-Blanche. L'accession de Kamala Harris à la vice-présidence des États-Unis l'inspire particulièrement.

Cette femme, une politicienne de couleur de 10 ans son aînée, incarne pour elle un important symbole. C'est extrêmement émouvant, simplement le fait qu'elle arrive là – une femme forte, déterminée –, et le message que cela envoie à toute une génération, affirme Mme Anglade, avec une touche d'admiration dans la voix.

En mai dernier, Dominique Anglade a, à sa façon, écrit une page d'histoire politique en devenant la première femme à diriger le Parti libéral du Québec et la première personne de couleur à exercer la fonction de cheffe de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale.

Mais briser un plafond de verre ne garantit pas des jours meilleurs pour les femmes et les personnes de couleur en politique, prévient-elle. Il ne faut jamais confondre des avancées et des acquis. Si les avancées étaient des acquis après Barack Obama, on n’aurait pas eu Donald Trump. Est-ce que l'Amérique noire a beaucoup progressé sous Donald Trump tout simplement parce qu'il y a eu un président noir avant lui? Non.

Plus près de nous, au chapitre de la place des femmes en politique, elle rappelle que, même s'il y a déjà eu six femmes simultanément à la tête des provinces et territoires au Canada, il n'y en a plus aucune. En 2013, lorsque Pauline Marois était première ministre du Québec, elle pouvait compter sur cinq homologues féminines, soit Christy Clark en Colombie-Britannique, Alison Redford en Alberta, Kathleen Wynne en Ontario, Kathy Dunderdale à Terre-Neuve-et-Labrador et Eva Aariak au Nunavut.

Or le discours du nouveau président des États-Unis a semé une lueur d'espoir dans l'esprit de la politicienne de 46 ans. Nous mènerons, pas seulement par l'exemple de notre pouvoir, mais par le pouvoir de notre exemple, a dit Joe Biden après avoir prêté serment.

Une phrase que Dominique Anglade n’oubliera pas, et qui lui fait croire que des changements durables sont possibles. Cette notion d'exemplarité là, c'est de ça dont on a besoin aujourd'hui. Il faut que nos élus, il faut que Joe Biden, au premier chef, soit capable de démontrer cette ouverture à l'autre, cette inclusion. Cette force de l'exemple. C'est une phrase que je vais retenir! s'exclame-t-elle.

L'arrivée en poste de Kamala Harris ouvre donc la voie, mais le chemin à parcourir sera long et difficile, selon Dominique Anglade. Chaque niveau de diversité amène son niveau de complexité, alors si vous êtes une femme, et une femme noire... Elle défriche pour plusieurs femmes derrière elle, mais il faut que les autres prennent le relais, explique-t-elle.

La cheffe libérale croit plus que quiconque en l'importance des modèles pour les femmes en politique. Moi, avant de me lancer, c'est sûr que je me suis demandé : qui a réussi? De qui je peux m'inspirer? Tu regardes l'ancienne première ministre Pauline Marois, puis une ancienne politicienne comme Lise Bacon... Ça permet de se raccrocher à quelque chose et de faire sa propre histoire après, conclut-elle.

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