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Femme accusée d'avoir poignardé son ex : « J'ai eu peur pour ma grossesse »

Sabrina-Rose Dufour

Sabrina-Rose Dufour au palais de Justice de Montréal

Photo : Radio-Canada

Une Montréalaise de 28 ans accusée de l'homicide involontaire de son ex-conjoint affirme avoir agi en légitime défense lorsqu'elle l'a poignardé en février 2019. La femme enceinte d'environ trois mois, qui subissait de la violence conjugale, aurait craint qu'il la frappe au ventre et fasse du mal à leur enfant à naître.

C'est mon instinct d'être enceinte qui fait que je suis allée jusque-là, a déclaré Sabrina-Rose Dufour devant le jury, mercredi.

Quand Phillip Lloyd Celian s'est approché d'elle dans la cuisine de son appartement, en colère, les poings serrés, le 6 février 2019, elle affirme avoir voulu se protéger.

J'avais peur qu'il me frappe encore, qu'il me frappe dans le ventre. J'ai eu peur pour ma grossesse, j'ai eu peur de faire une fausse couche. J'ai eu peur parce que, la veille, il m'avait frappée dans le ventre aussi.

Armée d'un couteau à steak, elle l'aurait poignardé au thorax pour se défendre.

J'ai juste eu le réflexe de lui donner un coup. C'est arrivé tellement vite... Je ne pensais pas l'avoir blessé autant.

Sabrina-Rose Dufour

Mardi, au début de son témoignage, Mme Dufour avait longuement relaté les multiples attaques qu'elle aurait subies de la part de son ex-conjoint Phillip Lloyd Celian dès les débuts de leur relation, en 2017.

Après avoir appris qu'elle était enceinte, elle est allée habiter dans une maison pour femmes victimes de violence, en janvier 2019. Elle dit avoir alors repris contact avec sa famille, planifié des études et fait des démarches pour revoir son aînée.

Mais Phillip Lloyd Celian serait parvenu à l'amadouer, et ils ont continué à se voir. Je croyais qu'il allait changer, dit-elle.

J'étais en petite boule par terre

La veille du drame, Sabrina-Rose Dufour est allée rejoindre Phillip Lloyd Celian dans l'appartement exigu qu'il partageait avec sa mère, dans l'est de Montréal. Un conflit a éclaté et il l'aurait frappée à de multiples reprises.

Il s'est acharné de coups, dans le ventre, sur le visage... J'étais en petite boule par terre, a relaté l'accusée, d'une voix posée.

La jeune femme s'est réfugiée chez un voisin, mais elle est revenue chez la victime peu après pour y passer la nuit.

À son réveil le lendemain, Phillip Lloyd Celian aurait tenté de lui retirer une bague qu'il lui avait offerte en cadeau quelques semaines auparavant.

Le bijou était coincé sur son doigt; elle aurait utilisé du savon, de l'eau, mordillé la bague, mais rien n'y a faisait. Mme Dufour aurait finalement pris un couteau pour déloger la bague, qui a fini par glisser.

Phillip Lloyd Celian l'aurait alors poussée au sol. Elle se serait relevée, le couteau toujours dans la main. Laisse-moi partir, aurait-elle dit, mais il lui aurait bloqué le chemin.

Tu vas me battre comme hier? lui aurait-elle demandé. Oui, tu le sais déjà, aurait-il répondu. Il serait devenu extrêmement colérique et se serait approché d'elle au point où elle aurait craint pour sa sécurité et celle du fœtus.

Phillip Lloyd Celian aurait prononcé ces dernières paroles à son endroit : Tu m'as poignardé.

Il serait sorti de l'appartement en courant et elle aurait aussi quitté les lieux, avant de revenir devant l'immeuble peu après pour se rendre aux policiers.

Insultes, jalousie et drogues

En contre-interrogatoire, la procureure aux poursuites criminelles et pénales Jasmine Guillaume a longuement détaillé des messages textes échangés entre la victime et l'accusée dans les semaines précédant le drame. Ils s'échangeaient des insultes vulgaires à profusion.

Me Guillaume a relevé que Sabrina-Rose Dufour utilise le mot en n pour dénigrer Phillip Lloyd Celian. Des insultes sur la couleur de peau sont utilisées de part et d'autre? a mentionné Me Guillaume, laissant entendre que Mme Dufour devait répliquer de façon semblable lors de leurs chicanes de vive voix.

Par texto, c'est beaucoup plus facile de se laisser aller, a répondu l'accusée, qui a soutenu qu'elle n'aurait pas eu le courage de l'insulter ainsi en personne.

La procureure a également suggéré que l'accusée était possessive et qu'elle n'aimait pas que son conjoint aille "chiller" avec ses amis plutôt que de rester avec elle.

Il y avait de la jalousie dans notre couple des deux côtés, a répondu Mme Dufour. Ça m'arrivait de penser qu'il me trompait.

Me Guillaume a également souligné que, dès son arrivée en maison d'hébergement pour femmes victimes de violence, où elle était allée pour se sentir en sécurité, Sabrina-Rose Dufour a écrit à son ex-conjoint pour qu'il sache comment communiquer avec elle.

Le contre-interrogatoire a également révélé que Sabrina-Rose Dufour consommait des amphétamines récréativement une fois par semaine, pendant sa relation avec la victime, qu'elle avait des problèmes financiers et qu'elle peinait à conserver un appartement dans les années avant sa rencontre avec M. Celian.

Le contre-interrogatoire se poursuit jeudi.

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