•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Seulement 36 amendes distribuées au Nouveau-Brunswick depuis le début décembre

Un contenu vidéo est disponible pour cet article
Un homme a reçu une amende de la police à Montréal.

Un homme a reçu une amende de la police à Montréal, en décembre 2020. Au Nouveau-Brunswick, très peu d'amendes ont été données.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Pascal Raiche-Nogue

Blaine Higgs et Dominic Cardy montent le ton face aux gens qui enfreignent les règles sanitaires. Mais sur le terrain, les forces de l’ordre distribuent peu d’amendes aux contrevenants.

Depuis quelques jours, de grosses pointures du gouvernement provincial cachent de moins en moins leur exaspération.

Le 11 janvier en point de presse, le ministre de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a ciblé la minuscule minorité de gens qui font fi des conseils et des règles de la Santé publique.

Dominic Cardy n’y est pas allé de main morte.

Ne faites pas ça! Ne prenez pas une décision que vous allez regretter pour le reste de vos jours. Une décision minuscule de tous les jours comme aller au restaurant dans une autre zone de santé... voyons donc!

Le ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick Dominic Cardy.

Le ministre de l'Éducation du Nouveau-Brunswick, Dominic Cardy, s'en est pris aux récalcitrants lors du point de presse du 11 janvier.

Photo : Radio-Canada

On voit aussi des signes d'agacement de la part du premier ministre, Blaine Higgs.

Mardi, lorsqu’il a annoncé que le Sud passait en phase rouge, il s’est désolé que la population ait fait preuve de complaisance au cours des dernières semaines.

Et maintenant, nous en payons le prix. C’est comme une carte de crédit que l’on utilise trop pendant les vacances de Noël en faisant un blitz de magasinage. Ça nous tombe dessus en janvier. Nous voyons les résultats de rassemblements excessifs pendant le temps des Fêtes.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick, le 5 janvier 2021.

Blaine Higgs, premier ministre du Nouveau-Brunswick, a manifesté des signes d'agacement lors des points de presse sur la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Il n’a pas précisé ce qu’il entendait par rassemblements excessifs. Rappelons que jusqu’au 5 janvier, toute la province était en phase jaune. Les rassemblements de petite taille étaient permis.

La santé publique demandait aussi aux gens de limiter leurs contacts étroits à 20 personnes.

Six amendes par semaine en moyenne

Les politiciens durcissent le ton, mais pas les forces de l’ordre. Du moins pas pour l’instant. C’est ce que démontrent des données fournies par le gouvernement provincial.

Du 1er décembre au 13 janvier, seulement 36 contraventions ont été distribuées au Nouveau-Brunswick pour non-respect de l’arrêté d’urgence, dans lequel se trouvent les règles sanitaires en vigueur.

Cela donne en moyenne 6 contraventions par semaine, et ce, sur l’ensemble du territoire. Les contrevenants ont tous écopé de l’amende minimale, qui s'élève à 292,50 $.

Miser sur la communication, pas sur la répression

Le Parti libéral et l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick — qui ne sont habituellement pas d'accord sur grand-chose —  s'entendent pour dire que le problème, ce n'est pas le nombre d'amendes, mais les communications du gouvernement Higgs.

Selon moi, faire honte au public n'a vraiment aucune place dans ces communications. Lors des conférences de presse, la priorité doit être la communication. C'est essentiel que les gens soient bien informés, non seulement des règles, mais aussi des raisons pour lesquelles les règles sont en place, affirme le député de Moncton-Centre, le libéral Robert McKee.

Robert McKee devant un camion des pompiers

Le député provincial de Moncton-Centre, Robert McKee, critique la communication du gouvernement Higgs au sujet de la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Michel Nogue

Le chef de l’Alliance, Kris Austin, abonde dans le même sens. Il croit d’ailleurs que les gens qui enfreignent les règles ne suivent pas les mises à jour gouvernementales sur la pandémie. Le changement de ton de Blaine Higgs risque donc de leur passer cent pieds au-dessus de la tête.

Au final, je vois mal ce que cela va donner de leur rentrer dedans. Je pense que ce dont les gens ont besoin, c’est de l’information concise, simple et cohérente. Lorsque le message n’est pas cohérent et que les règles changent, les gens sont mêlés. Et lorsqu’ils sont mêlés, ils perdent confiance. C’est ce que l’on veut éviter.

Kris Austin devant des drapeaux.

Kris Austin, chef de l'Alliance des gens du Nouveau-Brunswick, dit avoir noté un changement de ton dans le discours de Blaine Higgs.

Photo : Radio-Canada

Le chef du Parti vert, David Coon, note lui aussi un changement de ton à Fredericton.

Je pense que le ton est un peu plus dur [...] Je pense que ce n’est pas un message pour la majorité des gens du Nouveau-Brunswick. Cela vise une minorité. J’imagine que le premier ministre ressent de la frustration.

David Coon porte un masque et participe à une mêlée de presse.

David Coon, chef du Parti vert du Nouveau-Brunswick, croit que le ton du premier ministre est un peu trop dur actuellement.

Photo : Radio-Canada

Le premier ministre, Blaine Higgs, a affirmé mardi que les forces de l’ordre mettent les bouchées doubles ces jours-ci, surtout dans les régions en phase rouge — soit les zones d’Edmundston et du Sud.

On peut donc s’attendre à ce que plus d’amendes soient distribuées d’ici au retour à la phase orange.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !