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La COVID-19 « n’est pas un passe-droit » pour Peter Nygard

Un dessin représente Peter Nygard.

Peter Nygard a comparu par vidéoconférence depuis le Centre correctionnel de Headingley. Il a passé son temps à enlever et à remettre son masque et a semblé prendre des notes pendant l'audience de mercredi.

Photo : La Liberté Manitoba/Tadens Mpwene

L’avocat du procureur général du Canada a affirmé, mercredi, que la COVID-19 « n'est pas un passe-droit pour sortir de prison », au deuxième jour d’une audience qui se déroule à Winnipeg pour une éventuelle libération sous caution de Peter Nygard.

Scott Farlinger a ainsi répondu aux avocats de Peter Nygard qui ont, à de multiples reprises, rappelé le fait que leur client avait une santé fragile et qu’il risquait d’attraper la COVID-19 en détention.

L’avocat du procureur général du Canada a fait valoir que la gravité des accusations auxquelles fait face M. Nygard prévaut sur tout risque auquel l’homme d’affaires fait face en prison, notamment en ce qui concerne sa santé.

Il y a un niveau de préméditation, de coordination et de planification, a-t-il souligné au sujet des accusations.

L’homme de 79 ans fait face à 9 chefs d’accusation aux États-Unis, dont ceux de racket et de trafic sexuel. Selon un document de cour, les preuves rassemblées aux États-Unis réunissent des témoignages de plus d’une vingtaine de personnes.

L’ancien magnat de la mode souhaite être libéré dans l’attente d’un procès en vue d’une éventuelle extradition vers les États-Unis.

Mardi, deux anciens employés, Greg Fenske et Steve Mager, se sont portés garants de l’homme d’affaires et ont témoigné devant la cour. L’avocat du procureur général a tenté de convaincre la juge qu’ils n’étaient pas crédibles.

Nygard absent des tribunaux

Mercredi, Scott Farlinger a rappelé que Peter Nygard avait l'habitude de ne pas se présenter au tribunal pour des comparutions et que la justice ne devrait pas lui faire confiance sur ce point.

À ce titre, il a estimé que les tribunaux canadiens devraient limiter plus sévèrement le risque de non-comparution pour respecter les obligations découlant des traités d’extradition.

Un dessin illustrant le procès de Peter Nygard.

L'audience pour remise en liberté sous caution de Peter Nygard se déroule à Winnipeg.

Photo : La Liberté Manitoba/Tadens Mpwene

Scott Farlinger a, par ailleurs, mentionné le fait qu’il était impossible de savoir exactement le montant des fonds auxquels a réellement accès Peter Nygard à cause de la structure financière complexe de son entreprise.

On nous dit qu’il a tout perdu, mais on sait que c’est faux, a-t-il déclaré, faisant référence au fait que l’homme d’affaires a versé environ 1 million de dollars à une société à numéro détenue par Greg Fenske, pour acheter une maison à Winnipeg.

Il a ajouté que rien n’indique qu’il n’aura pas accès à des fonds s’il était assigné à résidence.

Un plan solide comme du roc

Les avocats de l’homme d’affaires, Jay Prober et Richard Wolson, ont balayé ces critiques. Jay Prober a même qualifié le plan proposé pour la remise en liberté sous caution de solide comme du roc.

Ils ont aussi assuré que Peter Nygard n’était pas à risque de s’enfuir parce qu’il n’a plus de passeport. Il a expiré en septembre et M. Nygard n’en a pas demandé de nouveau, a assuré Jay Prober.

Il n’a d'ailleurs aucun endroit où aller, en particulier avec la COVID-19, s’est ensuite exclamé l’avocat.

Il n’est pas non plus en assez bonne santé pour voyager, a-t-il ajouté.

Laisser Peter Nygard en prison, une bombe à retardement

Toutefois, une bonne partie de la défense des avocats de Peter Nygard s’est concentrée sur les risques encourus, selon eux, par leur client quant à la COVID-19 s’il reste en détention.

Pendant près de 90 minutes, Richard Wolson a tenté de démontrer que la situation au Centre correctionnel de Headingley était dangereuse. Non seulement M. Nygard a 79 ans, mais sa santé s’est détériorée , a-t-il dit. Le laisser en prison reviendrait à le mettre dans une situation où il se trouve avec une bombe à retardement.

Si vous avez un homme qui n’est pas à risque de fuir, dont la santé est déclinante, alors la COVID-19 doit peser lourdement dans la décision de la juge Shawn Greenberg, a affirmé Richard Wolson.

La juge met en doute la fiabilité d’un des garants

Shawn Greenberg a cependant fait savoir que ses plus importantes inquiétudes concernaient l’un des garants, Greg Fenske.

Elle se demande s’il a quelque chose à perdre si Peter Nygard ne respecte pas les conditions de sa libération sous caution, alors même que la maison qu’il a achetée pour son ancien patron l’a été avec de l’argent transféré par Peter Nygard.

Cela ne lui coûtera rien s’il perd la maison parce que ce n’est pas son argent, a-t-elle dit.

Par conséquent, elle s’interroge sur la façon dont Greg Fenske surveillerait les agissements de Peter Nygard.

Les avocats de l’homme d’affaires ont tenté de la rassurer en faisant valoir que trois personnes seront en mesure de surveiller Peter Nygard et que celui-ci porterait un bracelet électronique. Par ailleurs, une infirmière vivrait avec lui dans la maison en tout temps pour surveiller sa santé.

Ce qu’on propose, ce serait de donner à la police les horaires pour savoir qui passerait à la maison de M. Nygard et quand, a ajouté Jay Prober.

Devant la persistance des inquiétudes de la juge, les avocats de Peter Nygard ont demandé à pouvoir s’entretenir avec lui. L’audience doit reprendre le 28 janvier à 10 h.

Avant une éventuelle procédure d'extradition

Un porte-parole du ministère canadien de la Justice a déclaré que les autorités américaines avaient jusqu'au 12 février pour présenter une demande officielle d'extradition en ce qui concerne Peter Nygard. Le Canada aura ensuite 30 jours, soit jusqu’au 15 mars, pour décider ou non de poursuivre la procédure et d’autoriser, dans ce cas, une audience d'extradition.

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