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Premier pas vers un vaccin capable de combattre plusieurs coronavirus à la fois

Illustration montrant le SRAS-CoV-2.

Il existe 5000 virus de la famille des coronavirus, dont le SRAS-CoV-2 à l'origine de la pandémie actuelle.

Photo : iStock / Bertrand Blay

Radio-Canada

En fixant divers fragments de plusieurs coronavirus sur des nanoparticules que l’on injecte, des chercheurs ont trouvé une solution prometteuse pour amener le système immunitaire à produire des anticorps contre plusieurs adversaires à la fois, alors que les vaccins actuels ne permettent d’en combattre qu'un seul.

L'équipe du laboratoire de Pamela Björkman du Caltech (California Institute of Technology) qui travaille à mettre au point ce vaccin, testé sur des souris, espère avoir ainsi une arme de choix pour prévenir l’apparition de futures pandémies.

Pour y parvenir, ces bio-ingénieurs ont mis au point des nanoparticules composées de 60 sous-unités protéiques sur lesquelles ont été fixés, un peu comme du Velcro, des morceaux de huit différents coronavirus.

Lorsque ces particules ont été injectées à des souris dans un vaccin, celui-ci a induit la production d'anticorps réagissant à plusieurs coronavirus différents, y compris des coronavirus qui n'étaient pas présents sur les nanoparticules.

Cette plateforme de particules a généré une réponse diversifiée d’anticorps, ce qui constitue un avantage par rapport aux méthodes de vaccination traditionnelles qui ne présentent que des fragments d'un seul type de virus, expliquent les scientifiques dans un communiqué publié par l’institut californien.

Ces travaux laissent à penser qu'en présentant de multiples variants différents de coronavirus au système immunitaire, ce dernier apprend à reconnaître les caractéristiques communes des coronavirus et pourrait donc potentiellement réagir à un nouveau coronavirus émergent – et pas seulement à un variant du SRAS-CoV-2 – qui pourrait provoquer une autre pandémie, écrivent les chercheurs, qui jugent leurs résultats prometteurs.

La prochaine étape consiste maintenant à savoir si l'immunisation prévient l'infection virale ou les symptômes d'infection chez les rongeurs qui fabriquent ces anticorps.

Si nous pouvons montrer que la réponse immunitaire induite par notre technologie des nanoparticules protège effectivement contre les maladies résultant d'une infection, alors nous espérons que nous pourrons faire avancer cette technologie vers des essais cliniques sur l'humain, même si de nombreuses étapes doivent être franchies d'ici là.

Alex Cohen, l’un des auteurs principaux des travaux

Nous n'envisageons pas que cette méthodologie puisse remplacer les vaccins existants dans un avenir proche, mais il est bon de disposer de nombreux outils pour faire face aux futures menaces virales émergentes, affirme M. Cohen.

Les résultats d'Alex montrent qu'il est possible de susciter diverses réponses d'anticorps neutralisants, même contre des souches de coronavirus qui n'étaient pas représentées sur la nanoparticule injectée, explique Pamela Björkman.

Nous avons donc bon espoir que cette technologie pourra être utilisée pour se protéger contre les futurs coronavirus animaux qui se transmettent à l'humain.

Pamela Björkman

En outre, les nanoparticules provoquent des réponses neutralisantes contre le SRAS-CoV-2, de sorte qu'il pourrait être possible de les utiliser maintenant pour protéger contre la COVID-19 ainsi que d'autres coronavirus ayant un potentiel pandémique, conclut Mme Björkman.

Le SRAS-CoV-2 à l'origine de la maladie COVID-19 est l’un des 5000 virus de la famille des coronavirus qui circulent chez des espèces animales, comme les chauves-souris.

Certains d’entre eux ont la capacité de sauter d’une espèce à l’autre, comme l’a fait le SRAS-CoV-2.

À ce jour, au moins six autres d’entre eux se sont montrés capables d’infecter l’humain.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Science (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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