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Les orques femelles sont plus perturbées par la présence de bateaux que les mâles

Des orques en voie de disparition nagent à Puget Sound, dans l'État de Washington.

Les chercheurs s'inquiètent des répercussions sur la capacité à se reproduire de l'espèce.

Photo : Associated Press / Elaine Thompson

Chez les épaulards résidents du Sud, les femelles sont plus enclines que les mâles à cesser de chasser lorsque des bateaux se trouvent à proximité, observent des chercheurs de l’État de Washington. Les scientifiques s'inquiètent des effets du phénomène sur la capacité reproductive de cette espèce gravement menacée.

À l’aide de microcapteurs, Marla Holt et son équipe ont observé pendant quatre ans le comportement des orques dans les eaux entourant les îles américaines San Juan, un archipel de la mer Salish.

Ils ont constaté que, de manière générale, les épaulards effectuaient moins de plongées nécessaires à la capture de proies et passaient moins de temps sous l’eau lorsque des navires se trouvaient à proximité.

Cette observation était encore plus marquée chez les femelles.

Lorsque les bateaux se rapprochent, elles ont tendance à abandonner leur recherche de nourriture, précise Mme Holt, biologiste au centre National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

C’est préoccupant parce qu'un apport calorique réduit pourrait signifier que les femelles ont moins d'énergie pour des actions liées à la reproduction, notamment pour nourrir le veau, explique-t-elle.

Une orque dans les eaux entourant les îles San Juan où l'on aperçoit le mont Baker.

Les épaulards, comme ici dans les îles San Juan, ont besoin d'espace pour chasser.

Photo : Associated Press / Elaine Thompson

Des comportements de chasse qui diffèrent

Le phénomène a surpris la principale auteure de l’étude, publiée dans le journal Frontiers in Marine Science.

C’était inattendu, reconnaît-elle. Mais, quand on regarde la manière différente dont les mâles et les femelles chassent la nourriture, cela a du sens.

Si les mâles chassent souvent seuls, les femelles ont tendance à rester en compagnie des plus jeunes.

Il y a sans doute dans cette différence de comportements de chasse une explication aux conclusions de l'étude, croit Marla Holt.

Un groupe d'épaulard avec un traversier qui passe derrière.

Les épaulards doivent remonter à la surface pour respirer, les bateaux peuvent alors représenter un obstacle, note Marla Holt.

Photo : C. Emmons/NOAA Fisheries

Des pistes à explorer

Les épaulards résidents du sud se nourrissent exclusivement de poissons, notamment de saumon quinnat plus gras et ainsi plus riche en calories.

La chasse au saumon nécessite des plongées profondes et de nombreux mouvements, explique Mme Holt. Or, les jeunes orques ont une capacité de plongée réduite, et la présence des bateaux est un obstacle supplémentaire.

De plus, les épaulards aiment partager leurs prises : Il est possible que, plus les bateaux se rapprochent, plus cela entrave leur capacité à partager.

Enfin, si une mère est en présence d’un veau, il peut y avoir un désir de le protéger des bateaux qui manœuvrent autour.

Elles ont besoin d’espace, conclut Mme Holt.

Un épaulard résident du Sud nage devant un banc de saumons près du fleuve Fraser, en Colombie-Britannique.

Des scientifiques de l'Université de la Colombie-Britannique utilisent des drones aériens pour étudier les épaulards résidents du Sud.

Photo : La Presse canadienne / Keith Holmes

Réglementer le trafic maritime

La population des épaulards résidents du Sud ne compte à ce jour que 74 membres.

Les conclusions de l’étude devraient servir à orienter les décisions gouvernementales entourant le trafic maritime, croient les chercheurs.

Ces résultats peuvent éclairer les futures décisions de gestion visant à préserver les possibilités d'alimentation et à améliorer les efforts de rétablissement pertinents pour de nombreuses espèces de cétacés, notamment les populations vulnérables et en danger, notent-ils.

La Garde côtière canadienne a formé une équipe pour superviser les activités des navires commerciaux et des bateaux de plaisance en temps réel dans les eaux côtières.

Marla Holt admet que tous ne sont pas forcément au courant du besoin d'espace des orques, mais elle aimerait leur envoyer un message : Si vous êtes en mer et que vous voyez des épaulards, donnez-leur de l’espace.

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