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Couvre-feu : l'ambiance à Rimouski après 20 heures

Un boulevard vide avec des enseignes lumineuses de motel à Rimouski.

Les rues désertes de Rimouski lorsque le couvre-feu est en vigueur.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Depuis le 9 janvier, passé 20 h, le couvre-feu imposé par Québec pour contrer la propagation de la COVID-19 entre en vigueur et les rues de Rimouski se vident. Nous sommes allés à la rencontre de ceux qui doivent se déplacer plus tard en soirée.


19 h 35

La tournée débute à la cantine le Rallye où habituellement à cette heure-ci les voitures font la file au service à l’auto. Deux employés se dépêchent de retourner à leur voiture pour rentrer à la maison avant 20 h.

Caroline, qui s’occupe des quarts de nuit, explique qu’elle n’a pas noté de baisse de l’achalandage depuis l'entrée en vigueur des nouvelles mesures sanitaires. La quantité de clients est la même, mais est concentrée pendant les heures d’ouverture réduites.

Les heures de travail ont été ajustées : au lieu de commencer à 16 h et de terminer pendant la nuit, les employés commencent vers 13 h pour terminer plus tôt.


19 h 45

Le parc Beauséjour est complètement vide. Il y a par contre encore plusieurs voitures sur les routes.

Sur le boulevard René-Lepage, on ne croirait pas qu’un couvre-feu est sur le point de débuter si ce n’est des stationnements vides et de l'absence de coureurs sur la promenade.

La promenade sur le long du fleuve à Rimouski est vide un soir d'hiver.

Aucun piéton n'est visible sur la promenade longeant le fleuve.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Un peu plus au sud du fleuve, deux employés dans le stationnement du Métro Sirois.

Ça fait bizarre de fermer à 19 h 30, c’est extrêmement tôt, lance Émile Michaud, emballeur.

M. Michaud assure ne pas avoir peur de se faire poser des questions par les policiers lorsqu’il retourne à la maison puisque son employeur lui a fourni une autorisation écrite, prouvant qu'il termine son quart de travail près de l'heure d'entrée en vigueur du couvre-feu.

L’autre soir, j’ai croisé quelques policiers, mais personne ne m’a contrôlé, raconte-t-il.

Le couvre-feu met cependant une certaine pression sur les clients et plusieurs se présentent à la dernière minute pour des achats éclairs.

Dans les 15 ou 20 dernières minutes avant la fermeture, on a des gens qui se réveillent et qui se disent : "je n’ai plus de lait pour demain matin!", illustre l'emballeur.

Émile Michaud assure travailler le même nombre d’heures par semaine, mais ceux qui sont plus bas dans la liste ont eu des réductions d’heures, note-t-il, ajoutant qu'il s'agit surtout d'étudiants.


19 h 55

Il y a quelques voitures dans le stationnement du restaurant McDonald, mais le service à l’auto est fermé. Dans l’une de ces voitures, Isaac Gagné est livreur pour l’entreprise Doordash.

C’est sûr qu’avec le couvre-feu, les gens ne peuvent pas sortir de chez eux. Donc s’il y a un avantage [pour moi] c’est qu’il y a plus de livraisons à faire!, dit-il, philosophe.

Il ne s’est lui aussi pas encore fait intercepter par la Sûreté du Québec (SQ) depuis l'instauration du couvre-feu, mais il a aussi une attestation de la part de son employeur, au cas où ça arriverait.

[Si je me fais contrôler], ça va peut-être me retarder de cinq minutes sur une livraison, mais sinon je devrais être correct, explique-t-il.

À quelques mètres de là, dans une autre voiture, Nicole attend la petite-fille de son conjoint qui termine son quart de travail.

C’est un petit peu stressant, j'ai hâte d'être de retour chez moi, laisse-t-elle tomber. Mais si un policier m’arrête, j’ai un papier en règle!

Un boulevard vide sur le bord du fleuve, la nuit, à Rimouski.

Le boulevard René-Lepage déserté après le début du couvre-feu

Photo : Radio-Canada / François Gagnon


20 h 15

Les premières minutes du couvre-feu sont passées et les voitures se font plus rares sur les routes. Nous roulons jusqu’au port qui est complètement désert.

Prochaine destination : le restaurant St-Hubert où des livreurs s’affairent toujours à cette heure-ci. En chemin, tous les stationnements sont vides et, dans le secteur plus industriel de la ville, seuls un camion et des déneigeurs sont sur la route.

Des stationnements de commerces vides, la nuit, à Rimouski.

Les stationnements des commerces sont complètement vides passé 20h.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Denis Michaud, livreur, note une baisse de la demande depuis un certain temps. Sûrement que les gens font plus attention avec leur argent, croit-il.

Si les affaires sont plus tranquilles, la saison estivale plus occupée a largement compensé. Les livreurs trouvent ça un peu plate [le couvre-feu], mais en même temps ça donne un petit break!

Lorsque questionné sur les rues désertes après 20 h, M. Michaud s'arrête un moment.

C’est vrai qu'il y a plus un chat!, lance-t-il en riant. Il y a beaucoup moins de monde et ça paraît!


20 h 35

Calme plat autour de l’hôpital de Rimouski. On y croise une dame qui visitait son fils hospitalisé et deux chauffeurs de taxi.

Harold, l’un d’eux, nous confie que le couvre-feu n’a pas vraiment changé quoi que ce soit pour lui : la fermeture des commerces a déjà considérablement diminué la demande de taxi.

Tu penses que c’est comment, toi? C’est mort!

Harold, chauffeur de taxi rimouskois

Il estime qu’en temps normal, il pouvait avoir près de 80 courses un dimanche soir. Ce nombre a chuté à une dizaine de courses depuis l’instauration des mesures sanitaires plus strictes.

Les quelques clients qu’il conduit en une soirée sont principalement des travailleurs essentiels.

Ça peut être un jeune qui s’en va chez un autre, mais on n’est pas là pour faire la police, lâche-t-il.

Il croit toutefois que bien peu de gens bravent les règlements avec la menace de contraventions de 1000 $ à 6000 $.


21 h 15

Dans les secteurs résidentiels, une auto est stationnée dans chacune des entrées et les rues sont complètement vides. Aucun promeneur de chien en vue.

Les rues résidentielles sont complètement vides à Rimouski.

Les rues résidentielles sont complètement vides à Rimouski.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Au centre-ville, seuls des déneigeurs s'affairent et on y croise qu'une voiture ou deux.

À cette heure-ci, les stations-services et les dépanneurs peuvent encore être ouverts, mais nous croisons quelques stations-services qui ont tout de même fermé leurs portes.

La rue Saint-Germain, au centre-ville de Rimouski, est tout aussi déserte lors du couvre-feu.

La rue Saint-Germain, au centre-ville de Rimouski, est tout aussi déserte lors du couvre-feu.

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Au dépanneur Jessop Sonic, sur le boulevard René-Lepage, le caissier Kasey Gadoury affirme ne pas voir beaucoup de clients lorsque le couvre-feu est en vigueur.

Il y a quelques personnes qui viennent acheter des cigarettes, mais je leur dis qu'elles n'ont pas le droit. Elles n'étaient pas trop contentes, raconte-t-il.

Il affirme lui aussi ne pas avoir été encore contrôlé par les policiers. Malheureusement, blague-t-il. C'est comme le petit thrill!

Justement, à la sortie du dépanneur, nous croisons deux voitures de la SQ qui roulent dans la direction inverse sur le boulevard.

Quelques minutes plus tard, un camion de la SQ nous suit jusqu'au stationnement de la station de Radio-Canada où deux agents vérifient notre autorisation.

Selon ces agents, près de 95 % des personnes interpelées jusqu'à maintenant ont une raison valable d'être à l'extérieur lors du couvre-feu : des travailleurs essentiels, des parents allant chercher leur enfant en garde partagée... ou des journalistes qui veulent observer comment se passe le couvre-feu!

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