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TC Énergie suspend la construction de Keystone XL

Des tuyaux empilés dehors.

Le pipeline Keystone XL devait permettre d'approvisionner les raffineries du Texas en pétrole lourd.

Photo : La Presse canadienne / Alex Panetta

L’entreprise TC Énergie a interrompu les travaux de construction de l’oléoduc Keystone XL quelques heures avant que le nouveau président américain Joe Biden révoque le permis présidentiel de la compagnie mercredi.

Cette annulation fait partie des premières mesures présidentielles annoncées par l’équipe de transition du président américain dans le cadre de la lutte contre la crise climatique. 

La compagnie établie à Calgary s'est dit déçue par l’action qui était attendue de la part du nouveau président américain, Joe Biden. 

Elle va évaluer les effets financiers de cette décision, mais prévoit déjà un impact significatif sur ses revenus du premier trimestre de 2021.

Selon une présentation aux investisseurs datant de la mi-novembre, TC Énergie avait déjà dépensé plus de 2,1 milliards de dollars dans le projet. Des chantiers de construction étaient en cours en Alberta et aux États-Unis. 

Des pertes d’emploi à prévoir

[L’annulation du permis] mènera directement au congédiement de milliers de travailleurs syndiqués et nuira aux engagements de l’industrie en matière environnementale ainsi qu’aux partenariats historiques avec les communautés autochtones, a déploré la compagnie dans un communiqué publié mercredi matin.

L’entreprise avait signé un accord avec une coalition de Premières Nations de la Saskatchewan et de l’Alberta, Natural Law Energy, pour un investissement jusqu’à 1 milliard de dollars.

Des tuyaux sont entassés les uns sur les autres.

Le chantier de la portion albertaine de l'oléoduc Keystone XL permettait à des villages albertains comme celui d'Oyen de vivre un boom économique.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx

Cette semaine, elle s’était engagée à ce que l’oléoduc soit carboneutre lors de sa mise en service prévue, en 2023.

Selon le gouvernement albertain, le pipeline devait permettre l’emploi de 2000 personnes pendant les 2 ans de construction et générer 30 milliards de dollars en taxes et redevances.

Le président de l’Association canadienne des pipelines d’énergie Chris Bloomer est très déçu et frustré parce que, selon lui, l’administration américaine n’a pas pris en compte les progrès effectués pour améliorer le projet de pipeline. 

Avec cette décision, nous allons perdre des avancées technologiques, nous allons perdre une participation autochtone et nous allons nuire aux intérêts énergétiques stratégiques des deux pays, a-t-il déclaré.

Recours juridiques?

Même si l’entreprise a souligné qu’elle va évaluer toutes les options, elle n'a pas mentionné l’utilisation de moyens juridiques comme l’avait fait le premier ministre albertain Jason Kenney.

Trans Canada, l’ancienne appellation de TC Énergie, avait poursuivi les États-Unis lorsque le président Barack Obama avait rejeté le projet. La poursuite avait été interrompue à l’arrivée au pouvoir de Donald Trump.

L’entreprise note toutefois dans son communiqué avoir un portefeuille solide d’autres infrastructures évalué à 25 milliards de dollars. Ces initiatives devraient générer une croissance des revenus et soutiendront une augmentation de nos dividendes de 8 à 10 % en 2021 et de 5 à 7 % après cela, indique le nouveau PDG de l’entreprise, François Poirier, dans le communiqué.

L’ambassadrice du Canada aux États-Unis, Kirsten Hillman, considère pour sa part que le dossier est clos. Selon elle, le président américain Joe Biden est un homme qui respecte ses promesses de campagne, quels que soient les arguments avancés par le Canada.

Nous devons accepter la décision et avancer [sur d’autres projets]

Une citation de :Kirsten Hillman, ambassadrice du Canada aux États-Unis

Une saga de 13 ans

Le projet est en cours depuis 13 ans, émaillés de contestations judiciaires et de retards. Il devait transporter jusqu’à 830 000 barils de pétrole lourd de l’Alberta jusqu’aux raffineries du golfe du Mexique.

Une carte du Canada et des États-Unis. Une ligne verte relie Hardisty, en Alberta, à Steele City au Nebraska. Une ligne noire relie quant à elle Hardisty à Houston et Port Arthur au Texas.

En vert, le tracé du nouveau pipeline Keystone XL proposé qui relierait l'Alberta au golfe du Mexique, et en gris, le tracé du pipeline existant.

Photo : Radio-Canada

Pour la province, l’oléoduc représentait l’espoir d’une plus grande capacité d’exportation de sa ressource et, ainsi, d’un meilleur prix pour son pétrole.

C’est la raison pour laquelle le gouvernement albertain avait décidé d’investir 1,5 milliard de dollars dans le projet et de garantir jusqu’à 6 milliards de dollars de prêt.

Selon le premier ministre albertain, l'abandon du projet entraînera une perte de 1,5 milliard de dollars pour les contribuables.

C’est une mauvaise nouvelle parmi tant d’autres mauvaises nouvelles pour l’économie albertaine, a souligné le doyen de la faculté d’affaires de l’Université de l’Alberta, Joseph Doucet.

Le professeur ne croit pas que l’annulation causera des problèmes pour exporter le volume de production de pétrole de la province puisque plusieurs autres projets de pipeline sont en cours. Cependant, sans accès accru aux raffineries américaines, l’Alberta aura plus de mal à obtenir un prix plus élevé pour sa ressource.

Le coût total du projet était évalué à environ 11,5 milliards de dollars.

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