•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Décès de 33 aînés vaccinés en Norvège : démêlons le vrai du faux

Les autorités norvégiennes affirment pour l’instant qu’il n’y a pas de lien entre ces décès et l’injection du vaccin, et rappellent que des centaines de résidents de centres pour personnes âgées meurent chaque semaine, pandémie ou pas.

Capture d'écran d'un article intitulée « La Norvège lance une alerte après la découverte de 23 décès liés au vaccin de Pfizer ». Le mot « ATTENTION » est superposé sur l'image.

Plusieurs titres d’articles mentionnaient sans contexte supplémentaire que 23 personnes sont décédées après avoir été vaccinées en Norvège. Les autorités norvégiennes affirment pour l’instant qu’il n’y a pas de lien établi entre ces morts et l’injection.

Photo : Capture d'écran

Depuis l'annonce la semaine dernière que 23 personnes (maintenant 33) seraient décédées en Norvège après avoir reçu la première dose du vaccin Pfizer-BioNTech contre la COVID-19, des internautes à travers le monde expriment leurs inquiétudes, convaincus que ces décès sont dus à la vaccination. Or, l’Agence norvégienne du médicament (NOMA) affirme pour l’instant qu’il n’y a pas de lien établi entre le vaccin et ces décès.

Cette interprétation erronée des faits pourrait avoir été causée par les multiples titres d’articles qui mentionnaient sans contexte supplémentaire que 23 personnes sont décédées après avoir été vaccinées en Norvège. C’est notamment le cas du New York Post, qui a obtenu plus de 120 000 partages sur Facebook de son texte sur le sujet.

Qui sont les morts?

Dans un communiqué publié le 14 janvier (Nouvelle fenêtre), l’Agence norvégienne du médicament indiquait que 23 décès soupçonnés d’être associés aux vaccins contre la COVID-19 lui avaient été signalés. Elle expliquait du même coup que 13 de ces décès avaient été étudiés de plus près et que les autres faisaient toujours l’objet d’une enquête.

Aucun lien causal n’a pu être établi entre les 13 décès étudiés et le vaccin, a précisé le médecin-chef de la NOMA, Sigurd Hortemo, au média de vérification Faktisk (Nouvelle fenêtre).

Les 33 personnes décédées habitaient des résidences pour personnes âgées, avaient 75 ans et plus, et étaient fragiles et atteintes de maladies graves.

Une personne est considérée comme fragile si elle souffre d’insuffisance cardiaque grave, de démence, de maladie pulmonaire obstructive chronique ou d’une autre maladie grave, selon le directeur médical de la NOMA (Nouvelle fenêtre), Steinar Madsen.

Plusieurs d’entre elles étaient également en phase terminale.

Notons qu’en date du 19 janvier, plus de 48 000 personnes ont été vaccinées contre la COVID-19 en Norvège. Elles habitent toutes des résidences pour personnes âgées, car c’est ce segment plus vulnérable de la population que priorise le pays nordique pour la première phase de sa campagne de vaccination.

Une petite bouteille dans laquelle se trouve une dose du vaccin.

Plus de 48 000 personnes ont été vaccinées contre la COVID-19 en Norvège.

Photo : Associated Press / Michel Spingler

Pourquoi sont-ils décédés?

Dans son rapport hebdomadaire sur les réactions indésirables aux vaccins du 14 janvier, (Nouvelle fenêtre) la NOMA indiquait qu’aucun lien entre les vaccins et ces morts n’était même soupçonné dans plusieurs des rapports de décès. Ceux-ci étaient plutôt attribuables aux problèmes de santé préexistants des patients, selon les personne ayant observé les décès, mais ont tout de même été signalés par souci d’exhaustivité.

En Norvège, nous avons une "culture du signalement" pour les réactions indésirables aux vaccins. [...] Les professionnels de la santé ont un faible seuil de signalement pour les possibles réactions indésirables, même lorsque les liens de causalité semblent très peu clairs, peut-on lire dans le document.

Il est important de noter qu’environ 400 personnes meurent chaque semaine (Nouvelle fenêtre), pandémie ou pas, dans les résidences pour personnes âgées norvégiennes, selon la NOMA. Il est donc tout à fait normal qu’un certain nombre de résidents meurent, même s’ils ont reçu le vaccin.

Malgré tout, nous ne pouvons exclure que des réactions indésirables communes, telles que la fièvre et la nausée, pourraient contribuer à un cours de maladie plus sérieux et une issue fatale chez certains patients fragiles avec des maladies sous-jacentes sévères, dit le médecin-chef la NOMA, Sigurd Hortemo dans un communiqué (Nouvelle fenêtre). Il est possible – mais pas certain – que cela se soit produit dans le cas de certains des décès d'aînés fragiles ayant été vaccinés.

Jasna Stojanovski tient une seringue.

La Norvège enquête toujours sur 20 des 33 décès d'aînés vaccinés contre la COVID-19.

Photo : CBC/Evan Mitsui

Comment réagit la Norvège?

L’Institut norvégien de la santé publique a mis à jour son guide de vaccination contre la COVID-19 en y ajoutant des instructions plus détaillées pour les personnes âgées fragiles, sans pour autant changer sa feuille de route ni proscrire le vaccin à certaines personnes.

Nous demandons aux médecins de continuer la campagne de vaccination, mais de mener des évaluations supplémentaires des personnes très malades pour qui [des effets secondaires du] vaccin pourraient aggraver leur problème de santé préexistant, a expliqué le directeur médical de la NOMA, Steinar Madsen, à Bloomberg (Nouvelle fenêtre).

Cette évaluation supplémentaire consiste notamment à discuter avec le patient des potentiels risques et bénéfices de recevoir le vaccin.

Il n’en demeure pas moins que pour la grande majorité des personnes âgées fragiles, les effets secondaires du vaccin seront plus que compensés par un risque réduit de tomber gravement malade de la COVID-19, soutient la NOMA sur son site web (Nouvelle fenêtre).

Pfizer a déclaré au réseau CNN (Nouvelle fenêtre) qu'il travaillait avec la NOMA pour rassembler toutes les informations pertinentes en lien avec ces décès, ajoutant que le nombre d'incidents jusqu'à présent n'est pas alarmant et qu'il est conforme aux attentes.

Decrypteurs. Marie-Pier Élie, Jeff Yates, Nicholas De Rosa et Alexis De Lancer.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !