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Plus de financement réclamé pour les organismes d'aide en santé mentale

Une femme qui porte un masque regarde par la fenêtre.

Les conséquences de la pandémie sur la santé mentale de la population se font sentir dans les organismes communautaires (archives).

Photo : Getty Images / Ozgurcankaya

Radio-Canada

Plusieurs organismes de l'Est-du-Québec participent mercredi aux consultations du gouvernement du Québec entourant les effets de la pandémie sur la santé mentale.

Ces consultations, initiées par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, sont en cours depuis mardi. Le ministre Carmant souhaite ainsi améliorer les services en santé mentale pendant et après la pandémie.

La directrice du Centre Accalmie de Pointe-à-la-Croix, Dominique Bouchard, y participe. Elle réclame un financement adéquat et récurrent pour les organismes. C'est le nerf de la guerre, selon elle, pour atténuer les problèmes de santé mentale engendrés par la pandémie.

Il faut financer correctement tous les groupes communautaires en santé et services sociaux, affirme Mme Bouchard en entrevue à l'émission Bon pied, bonne heure.

On donne des enveloppes très ciblées, et c'est important, mais en même temps, ça ne reviendra pas, ce n'est pas récurrent, souligne-t-elle.

On comprend l'état d'épuisement dans les hôpitaux, on vit la même chose.

Dominique Bouchard, directrice du Centre Accalmie

La directrice constate que les besoins ont augmenté depuis le début de la pandémie.

Les gens sont très, très isolés. Ils sont souvent peu de moyens de transport et avec la COVID, il n'y en a plus. Je pense à des gens âgés qui n'ont pas pu voir leur famille à Noël, je pense à des gens qui ont perdu des proches mais qui n'ont pas pu faire leur deuil, c'est dramatique, observe-t-elle.

Le centre Accalmie à Pointe-à-la-Croix

Le Centre Accalmie située à Pointe-à-la-Croix offre de l'hébergement d'urgence aux personnes en difficulté (archives).

Photo : Radio-Canada

Par ailleurs, Mme Bouchard rappelle que les conséquences de la pandémie sur la santé mentale des gens, autant chez les aînés que chez les jeunes, ne disparaîtront pas par magie lorsque la crise sanitaire sera terminée.

C'est clair qu'on n'a pas fini de voir de la détresse, avance-t-elle.

Il y a même des gens qui n'osent pas venir en hébergement parce qu'ils ont peur d'attraper la COVID, déplore Mme Bouchard, qui précise que tous les organismes communautaires ont pourtant mis en place des mesures sanitaires très strictes, selon les recommandations du gouvernement.

Le Centre Accalmie, qui offre de l'hébergement d'urgence aux personnes en difficulté, a d'ailleurs maintenu ses activités tout au long de la pandémie. Ce qui ne veut pas dire que la crise sanitaire n'a pas compliqué le travail de l'équipe de Mme Bouchard.

La COVID a tout ralenti. Par exemple, une personne qui veut maintenir sa sobriété ne peut pas aller en thérapie, c'est fermé. Si elle se cherche un logement, les propriétaires ne sont pas très chauds à l'idée de faire visiter des logements. Ça complexifie, ça alourdit toutes les démarches, précise-t-elle.

Pauvreté et particularités régionales

La porte-parole du Regroupement des organismes communautaires et alternatifs en santé mentale et directrice de l’Éclaircie, aux Îles-de-la-Madeleine, Rachelle Leblanc, est aussi l'une des invitées à la portion de la consultation réservée spécifiquement à la santé mentale en région en contexte de pandémie.

Pour Mme Leblanc, la pandémie a contribué à accroître la pauvreté, ce qui augmente la détresse et l’anxiété. Cette réalité a des impacts dans des communautés insulaires comme l'archipel madelinot où le coût de la vie est plus élevé qu'ailleurs au Québec.

Les deux femmes font valoir l’importance d’agir pour contrer la pauvreté et d'augmenter l’accès à des logements sociaux afin de prévenir les problèmes de santé mentale.

Les difficultés de transport et disparités régionales dans l’accès aux services en santé mentale sont aussi des problèmes, disent-elles.

Dominique Bouchard plaide toutefois pour l’obtention de moyens qui facilitent de vraies rencontres avec les intervenants. Les gens ont besoin de se voir, fait-elle valoir suggérant entre autres moyens l’installation des cubicules avec des cloisons de plastique. Les moyens technologiques, oui, mais ça ne réglera pas tout, estime la directrice de l’Accalmie.

Mme Bouchard profite de la tribune offerte par la consultation pour rappeler la présence dans la région d’une communauté anglophone, souvent difficile à joindre, ainsi que de trois communautés autochtones. Ces communautés ne disposent d’aucun service de thérapie.

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