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Sherbrooke va de l’avant avec le terrain de soccer synthétique du parc Central

Un grand terrain de soccer enneigé.

Ce terrain de soccer sera transformé en terrain synthétique au printemps.

Photo : Radio-Canada

Malgré le désaccord de centaines de citoyens, la Ville de Sherbrooke s’apprête à convertir un terrain de soccer naturel du parc Central, dans le secteur Rock Forest, en terrain synthétique.

Cette conversion s’inscrit dans le cadre d'un plus grand projet, toujours en réflexion, de créer un pôle soccer avec dix terrains et un nouveau stationnement. Cette idée fait controverse depuis plusieurs semaines : plus de 5000 personnes, dont 2600 Sherbrookois, ont signé une pétition pour s'y opposer, et des citoyens ont créé un groupe Facebook pour la protection du parc. Ils craignent notamment que ces installations entraînent un déboisement.

L’installation d’un terrain synthétique doit être faite au printemps et représente, jusqu’à maintenant, la seule étape du projet à avoir été approuvée. Elle inquiète cependant déjà des citoyens.

Il y a l'aspect environnemental, qui est très important, mais le deuxième qui est aussi important, c'est que si vous faites un terrain synthétique de deux millions de dollars au parc central, qu'est-ce qui va vous empêcher de faire le reste du pôle de soccer? craint Denis Rancourt, membre du Groupe Facebook de citoyens pour la protection du parc Central de Rock Forest et professeur en génie mécanique.

Carte sur laquelle le futur terrain synthétique est encadré.

Site du futur terrain de soccer synthétique

Photo : Radio-Canada

Les Sherbrookois craignent ainsi que le terrain synthétique fasse boule de neige et pousse la ville à aller de l’avant avec le reste du projet. Ils ont aussi peur que des microplastiques utilisés pour recouvrir le terrain se retrouvent dans le ruisseau situé en bas d’une petite pente qui borde le terrain, ou encore plus loin.

Quand vous jouez, vous allez vous retrouver avec ces particules là dans vos souliers, dans votre linge… Il y a plusieurs études… Il y a des milliers de parcs comme ça, et les gens commencent à se poser des questions : quels sont les impacts sur la santé? Quels sont les impacts sur l’environnement?, se demande M. Rancourt.

« Ce qu’on veut dire à la Ville, c’est pourquoi on ne peut pas s’arrêter, discuter et regarder ce qui se passe? »

— Une citation de  Denis Rancourt, membre du Groupe Facebook de citoyens pour la protection du parc Central de Rock Forest et professeur en génie mécanique

Il indique aussi que ce genre de terrain synthétique pourrait être pertinent pour des endroits déjà contaminés, mais pas pour le parc Central.

Dans un message à Radio-Canada, le Groupe Facebook de citoyens pour la protection du parc Central de Rock Forest a également partagé un rapport de la Santé publique de Toronto datant de 2015, qui suggère notamment que ce genre de terrains retient la chaleur et pourrait ainsi favoriser la création d'îlots de chaleur en milieux urbains.

Quantité de particules « négligeable »

Même s'il salue l'intérêt des citoyens pour les particules de plastique, et indique qu’elles représentent une préoccupation environnementale valide, le chimiste et chercheur au centre de transfert technologique en écologie industrielle, Marc Olivier, croit que les terrains de soccer ne sont pas responsables de leur présence en grande quantité dans la nature.

Parfois, on s’inquiète sans prendre conscience que le problème ne vient pas de là, mais vient d’ailleurs, explique-t-il.

« La quantité de particules fines qui peut venir de la surface d'un terrain de soccer est négligeable comparé à la quantité de particules fines qui viennent tout simplement de la circulation des véhicules automobiles. »

— Une citation de  Marc Olivier, chimiste et chercheur au centre de transfert technologique en écologie industrielle

L’usure des pneus sur l’asphalte génère des particules fines de plastique qui s’en vont dans l’atmosphère. C’est une quantité phénoménale de matière, ajoute-t-il.

Il note aussi qu'en cas de ruissellement vers les cours d'eau, les particules du terrain seraient assez grosses pour être arrêtées facilement par des barrières, si la Ville choisit d'en installer. Les particules beaucoup plus petites que des particules qui peuvent se dégager d’un revêtement de sol dans un terrain de soccer sont plus dangereuses pour la nature et la santé, puisqu’elles peuvent notamment être respirées, conclut-il.

« On avait un manque »

Le conseiller municipal du district du Lac-Magog, Pierre Tremblay, accueille d'un très bon œil la conversion du terrain. 

C'est évident, à Sherbrooke, lorsqu'on fait un projet, quel qu'il soit, c'est impossible d'avoir la majorité des gens qui sont satisfaits. Du côté du soccer, on avait un manque, ça va servir à près de 5000 jeunes, lance-t-il.

Pour lui, le terrain synthétique permettra d'étendre les heures de jeu, puisque la pelouse naturelle s'endommage si elle est trop utilisée. Il note également que le terrain synthétique permettra de jouer plus tôt dans la saison.

La Ville de Sherbrooke a convié ses citoyens à une soirée d’échange sur l’aménagement des parcs de Rock Forest le 18 mars, pendant laquelle ils pourront notamment discuter du reste du projet de pôle soccer. Des citoyens croient toutefois que cette rencontre vient trop tard, puisque le terrain synthétique sera alors déjà en voie d’être installé.

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