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Des tables de restaurant installées à l'extérieur.

À Washington, les résidents sont nombreux à trouver des façons de célébrer l'arrivée du président Joe Biden.

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Avec les restrictions de rassemblement à cause de la pandémie et les mesures de sécurité sans précédent qui ont été mises en place à Washington depuis l’insurrection du 6 janvier, la cérémonie d'assermentation de Joe Biden et de la vice-présidente Kamala Harris sera plutôt virtuelle. Mais rien de tout cela n’a pu empêcher certaines partisanes de participer à leur façon à cet événement qu’elles qualifient d’historique à plus d’un titre.

Tirée à quatre épingles, Margaret Fournier piétine d’impatience dans l’attente de la cérémonie d’investiture. Il faut dire que ce n’est pas la première fois qu’elle se déplace de son Texas pour assister à ce grand rendez-vous présidentiel.

En tant que lieutenante-colonelle qui a servi comme infirmière de l’armée américaine pendant 27 ans et qui a été déployée en Irak et en Afghanistan, elle avait été invitée par le comité d’investiture Obama-Biden en 2013 pour participer à l'assermentation.

Installée confortablement dans sa chambre d’hôtel d’Alexandria, dans l’État voisin de la Virginie, elle confie qu’elle avait déjà acheté son billet d’avion pour l'assermentation de 2021 avant même de connaître le résultat de l’élection du 3 novembre dernier. Pas une seule seconde elle n’a douté de la victoire de Biden.

Je savais que Joe Biden allait gagner, il était prédestiné, souffle-t-elle, avec une pointe de mysticisme. La nouvelle ère Biden et une éventuelle future présidence Harris lui donnent plein d’espoir. Regardez toutes les femmes, particulièrement afro-américaines, qui ont été choisies par Joe Biden. Nous en sommes là, nous les femmes, et si Kamala devient un jour présidente, cela changera l‘Histoire en instaurant les plus hautes normes pour que les femmes sortent de l’ombre.

Kamala Harris, notre sœur

Margaret Fournier a un point commun avec la vice-présidente dont elle chante les louanges, tout autant que celles de Joe Biden. Elle a fait ses études sur le même campus que Kamala Harris, à Washington. L’Université Howard fait partie de ces HBCU, ce réseau de collèges et d'universités historiquement noirs créé avec l'objectif de servir la population afro-américaine.

Kamala Harris n’a jamais caché sa fierté d’avoir étudié dans un de ces établissements. Pendant la convention démocrate virtuelle, elle portait d’ailleurs fièrement son chandail de l’Université Howard. Son cheminement fait aujourd’hui la fierté de celles qui sont passées aussi par là.

L’Université Howard a produit des gens exceptionnels qui font des choses exceptionnelles. C’est d’eux que nous avons besoin pour réunifier le pays, explique Margaret Fournier.

Cette sororité des HBCU, Nikkie Ray a voulu la célébrer à l’occasion de cette cérémonie d’investiture. Elle et son mari sont arrivés il y a quelques jours, tout droit de leur Louisiane natale. Pour elle aussi, ce sera la deuxième fois qu’elle va assister à l’investiture d’un président. Quand j’étais jeune maman, c’était merveilleux d’avoir eu l’occasion d’être à l’investiture de Barack Obama en 2009, raconte-t-elle. À l’époque, sa fille avait juste 6 mois.

J’étais très déterminée qu’elle fasse partie de ce moment.

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Une femme pointe un journal.

Kamala Harris, une source d'inspiration et de fierté pour des Afro-Américaines

Photo : Radio-Canada / Frédéric Arnould

Joe Biden, leur idole improbable

Aujourd’hui, c’est l’occasion pour elle de ressortir ses souvenirs d’il y a 12 ans : quelques photos et l’édition spéciale du Washington Times du 20 janvier 2009. Regardez! Joe Biden est là, dit-elle en pointant le titre de l’époque : Le chemin improbable de Biden vers Washington. Vous voyez, vous ne savez jamais ce que la vie vous réserve.

Pour Nikkie Ray, le moment historique de mercredi, ce sera aussi l’assermentation de Kamala Harris. C’est pour elle qu’elle avait voté lors des primaires, Joe Biden était son deuxième choix. Au moment de se confier à la caméra, elle est en train de terminer la coordination de la rencontre de ces anciennes étudiantes de HBCU avant l’investiture de mercredi.

Les plans d’assister en personne à la cérémonie ont évidemment été bousculés par la pandémie et par l’insurrection du 6 janvier. On savait que l'assermentation serait virtuelle, mais cela ne nous empêche pas de vouloir célébrer entre nous, renchérit-elle.

Un cadeau presque tous les quatre ans

Nikkie, qui reste dans son hôtel de Baltimore au Maryland, a fait la route pour aller saluer les différentes participantes, comme Margaret Fournier. Et elle a un petit cadeau pour cette dernière, qui fête ses 66 ans en ce 20 janvier. Bref, chaque investiture est comme un cadeau pour Margaret. Sauf, dit-elle avec une grimace presque de dégoût, il y a quatre ans, lorsque Donald Trump a été assermenté. Il m’a beaucoup déçue, tout ce qu’il a fait, c'est diviser les Américains.

Juste avant que la ville de Washington ne soit presque complètement fermée au public, pour décourager les rassemblements en pleine pandémie et dans un sentiment d’insécurité depuis les émeutes d’il y a deux semaines, Nikkie, Margaret et une dizaine d’autres Afro-Américaines ont réservé une table dans un des restaurants de Washington, non loin de l’Université Howard.

Si les repas à l’intérieur sont interdits, il est possible de manger sur la terrasse dans des bulles en plastique dans lesquelles on a installé de petites chaufferettes. Ce n’est pas parce que les alentours du Capitole sont barricadés qu’il ne faut pas célébrer entre sœurs de cœur l'avènement de Joe Biden et de sa vice-présidente, expliquent-elles.

La promesse de guérison du pays

La jeune Patrice Duboyse, une étudiante de Détroit, le confirme. C’est ce dont notre démocratie a besoin en ce moment-ci, je suis ici pour Joe et Kamala. Les attentes de ces Afro-Américaines sont en tout cas gigantesques. La communauté noire s’est mobilisée pour que Joe Biden gagne la Maison-Blanche, dit Nikkie. Le 20 janvier à midi, l’histoire commence à nouveau, estime dans un ton plein d’espoir Margaret, la guérison commence à nouveau.

Un dernier toast pour la démocratie et pour l’investiture et puis la lieutenante-colonelle Fournier commence à se déhancher en chantant Kamala, Kamala, Kamala. And Joe and Joe and Joe.

La soirée sera fraîche et longue, mais ce mercredi historique leur réchauffera le cœur en pensant à ce changement de direction des États-Unis sous Joe Biden et Kamala Harris. Elles ne seront pas sur le Mall de Washington pour y assister en chair et en os, mais bien devant l’écran de télévision de leur chambre d’hôtel. Y assister à tout prix, loin de chez elles, mais plus proches de plusieurs kilomètres du Capitole. C’est aussi ça, l’Amérique en 2021.

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