•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les variants du SRAS-CoV-2 expliqués par la science

Le SRAS-CoV-2, responsable de la COVID-19, vu dans un microscope électronique.

Le SRAS-CoV-2, qui provoque la COVID-19, vu dans un microscope électronique

Photo : Reuters / NIAID-RML

Faut-il avoir peur des variants du SRAS-CoV-2? Le Dr Guillaume Poliquin explique ce qu’est un variant et comment on mène la recherche sur ces mutations du nouveau coronavirus.

Guillaume Poliquin est le directeur général intérimaire du Laboratoire national de microbiologie de l’Agence de la santé publique du Canada, à Winnipeg, qui est au coeur de la recherche sur le SRAS-CoV-2 au pays.

Dans ce laboratoire, certaines équipes de chercheurs travaillent au séquençage du virus et de ses possibles variants. D’autres analysent les données ainsi obtenues. Il y a également les chercheurs qui mettent en culture des variants qui doivent être analysés plus en profondeur, pour obtenir la mutation complète du virus qui livrera ensuite tous ses secrets.

Alors que le monde s'inquiète des variants découverts au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, Guillaume Poliquin rappelle que les mutations sont un phénomène naturel chez un virus.

On anticipait en mars dernier qu'éventuellement on verrait ce genre de phénomène, explique Guillaume Poliquin. Des variants, dit-il, il va y en avoir d'autres.

Un contenu vidéo est disponible pour cet article

Le point sur les recherches des variants du coronavirus

Un variant est une mutation dans le virus du SRAS-CoV-2, explique en résumé Guillaume Poliquin. Cette mutation peut causer un changement de la dynamique de transmission du virus, ou encore modifier sa capacité à causer une infection plus sévère.

En général, dit-il, les variants n’ont pas de grandes conséquences, mais, des fois, ils sont plus consternants et alors ils doivent être explorés de façon plus approfondie.

Les mutations dans les virus se produisent en effet de façon naturelle, ajoute le chercheur, et c’est pourquoi, dès mars 2020, le gouvernement a investi dans les capacités de séquençage du laboratoire national, pour faire en sorte qu’on puisse découvrir des variants et les relier à des caractéristiques du virus.

Comment se fait la recherche?

Pour étudier les variants, le laboratoire mise sur le séquençage du virus. En comparant le virus à un livre, Guillaume Poliquin explique que d’autres technologies identifient le virus à travers la couverture du livre, si on veut. On reconnaît une petite partie du virus et avec ça on voit qu’il s'agit du SRAS-CoV-2. Le séquençage permet de lire tout le livre et donc d’obtenir plus d'information.

Une fois qu’on découvre un variant, on ne sait pas encore ce que ça veut dire. La prochaine étape, c’est de le faire pousser en culture pour obtenir le virus et travailler sur la souche elle-même. On peut alors découvrir si la mutation est importante ou non.

Pour ce faire, le laboratoire national travaille en collaboration avec d’autres équipes de chercheurs situés ailleurs au Canada ou dans d’autres pays. Ces équipes échangent entre elles les cultures et les données, pour accélérer la recherche.

Le Canada est capable de faire le séquençage de 55 % de tous les échantillons, explique Guillaume Poliquin. C’est comparable à ce qu’on peut faire au Royaume-Uni.

On a des raisons d’être fiers de ce qu’on a développé à date et on continue à investir dans le domaine pour faire plus de séquençage et faire le travail qui suit avec les souches. C’est important de continuer à peaufiner notre approche, affirme le directeur général intérimaire.

Comprendre les variants pour agir ensuite

Si la grande majorité des mutations sont silencieuses, dit le chercheur, connaître celles qui peuvent avoir des effets sur la santé est important. La recherche permet ainsi de savoir si un variant est plus transmissible, plus virulent ou s’il a un impact sur les vaccins, par exemple.

On peut répondre à ces questions en quelques semaines ou en quelques mois, précise Guillaume Poliquin.

Comprendre les mutations du virus peut permettre de savoir comment y répondre, rappelle-t-il.

Quel effet sur le vaccin?

Le directeur général intérimaire du laboratoire national se fait aussi rassurant : il est rare qu’un variant change un virus au point de rendre inefficace le vaccin qui le combat. Ce qu’on connaît sur les variants, en ce moment, indique que leur impact sur les vaccins est minime.

Quand on reçoit un vaccin, on développe plus qu'un anticorps ou qu’une réponse au vaccin. Un variant ou une mutation, d’habitude, ne change rien à l’efficacité du vaccin.

Un nouveau variant n’est pas non plus automatiquement plus dangereux que le virus ne l’était avant la mutation. Mais il pourrait être plus facilement transmissible. En général, les virus essaient d'évoluer pour être un peu plus facilement transmissibles et, pour ce faire, ils essaient aussi de rendre leur hôte un peu moins malade, parce que ça aide la transmission, explique Guillaume Poliquin.

La science vient ainsi en aide aux gouvernements qui doivent décider comment réagir à l'apparition de nouveaux variants plus transmissibles. Mais quoi qu'il en soit, nous avons les outils pour nous protéger du virus, rappelle-t-il. Se laver les mains, porter un masque et rester à la maison si on est malade nous protège du SRAS-CoV-2 aussi bien que de ses variants.

Avec des informations de Geneviève Murchison

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !