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Les votes de grève se multiplient dans les cégeps

Une salle de classe vide avec un tableau, des tables et des chaises.

Des manifestations d'autres syndiqués de la CSQ ont eu lieu l'automne pour appuyer les négociations.

Photo : Radio-Canada

Les enseignants des cégeps de Matane et de Rimouski ainsi que les membres du Syndicat des professionnelles du Cégep de Baie-Comeau ont voté, mardi, en faveur d’un mandat de grève de cinq jours à prendre au moment jugé opportun.

À Baie-Comeau, les membres du syndicat ont approuvé la proposition avec la plus forte proportion, soit 94,1 %.

De l'autre côté du fleuve, les membres du Syndicat du personnel enseignant du cégep de Matane l'ont approuvé à près de 80 %.

Et les enseignantes et enseignants du cégep de Rimouski l’ont entérinée dans une proportion de 87 %.

Plusieurs syndicats de la CSQ ont déjà reçu de tels mandats, c’est le cas entre autres, dans la région, des syndicats des cégeps de Gaspésie-Les Îles et de celui de Rivière-du-Loup.

D'autres organisations syndicales de l’éducation, affiliées à la CSQ, seront aussi appelées à se prononcer sur un vote de grève d’ici le 29 janvier.

La CSQ demande à tous ses membres du réseau de l’éducation d’exprimer ainsi leur mécontentement devant l’impasse des négociations pour le renouvellement de leur convention collective.

Enjeux syndicaux

À Matane, le vice-président du Syndicat, Yannick Malouin, rappelle que la convention collective des enseignants est échue depuis près d’un an, soit depuis avril 2020. Il y a vraiment un vrai sentiment d’écœurement. Il n'y a eu aucune avancée significative dans la négociation, commente le porte-parole du syndicat.

L'entrée du CEGEP de Matane sous la neige.

L'enseignement à distance, qui existait avant la pandémie, est devenu une réalité que les enseignants souhaitent la baliser.

Photo : Jean-Pierre Perouma

Parmi leurs principales revendications, les enseignants demandent à Québec de mieux encadrer l’enseignement à distance.

Le cégep de Matane, souligne M. Malouin, était déjà un pionnier en matière de formation à distance et de téléenseignement.

La pandémie a accéléré le mouvement, ce qui n’est pas sans effet sur la charge de travail. Les collègues qui enseignent à distance doivent travailler autrement, réfléchir à leur pédagogie. Ça prend plus de temps pour préparer un cours à distance, fait valoir l’enseignant.

Il relève que la tâche est aussi plus lourde puisque les étudiants qui présentent des difficultés d’apprentissage sont plus présents dans le réseau collégial.

Coordonnatrice du comité de coordination syndicale pour les syndicats des enseignants et enseignantes du Cégep de Rimouski, Marie-Josée Boudreau, explique que les enseignants veulent plus que les montants forfaitaires qui ont été versés pour aider cette nouvelle clientèle. On veut que cette aide soit pérenne, qu’on soit sûrs de pouvoir compter sur cette aide-là , commente Mme Boudreau.

À bout de souffle

La pénurie de personnel a aussi des impacts sur la charge de travail des enseignants qui sont dans certains cas à bout de souffle, indique la porte-parole syndicale.

Des postes sont vacants dans la moitié des départements du cégep de Rimouski, relève Marie-Josée Boudreau.

Mme Boudreau note une augmentation du nombre d’absences pour maladie parmi les membres.

Ateliers Saint-Louis et Cégep de Rimouski

La pénurie de personnel est une réalité bien tangible au cégep de Rimouski.

Photo : Radio-Canada / Julie Tremblay

La précarité reste par contre l’enjeu principal de la négociation, observe Yannick Malouin. Il y a énormément de précarité vécue par les profs de cégep. Les contrats se négocient de session en session, ce sont souvent des contrats qui ne sont pas à temps complet.

Selon les données de l’Institut de la statistique du Québec, rapportées par la CSQ, la rémunération globale des employés de l’État québécois accuse un retard de 9,2 % par rapport aux autres salariés du Québec.

Mme Boudreau appelle les directions régionales des cégeps à appuyer leurs revendications. Il y a, dit-elle, une différence entre les besoins et le discours des directions régionales et ce qui est offert à la table de négociation. C’est là que nos directions ont un rôle politique à jouer.

Elle juge que l’impasse actuelle pourrait mener effectivement à la réalisation des mandats de grève.

Les premières journées de grève pourront avoir lieu à partir du début février.

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