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Biden arrive à Washington, Trump joue l'apaisement

Le couple Harris-Emhoff se tient la main et se regarde et le couple Biden regarde devant lui, avec l'obélisque de Washington en arrière-plan.

Joe Biden (droite), Kamala Harris (gauche) ainsi que leurs conjoints respectifs, Jill Biden et Douglas Emhoff, ont participé à un événement commémoratif pour les victimes de la COVID-19, à Washington.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

Agence France-Presse

Donald Trump a, pour la première fois mardi, dit souhaiter la réussite de l'administration de Joe Biden, dans un message d'adieu diffusé la veille d'une passation de pouvoir organisée dans un pays profondément divisé, traumatisé par l'assaut meurtrier du Capitole de Washington.

C'est dans un Washington barricadé et sous haute garde que Joe Biden est arrivé mardi, avant sa prestation de serment prévue mercredi sous le sceau de l'unité.

Hasard ironique, c'est pendant la diffusion de la vidéo d'adieu du président républicain sortant que l'ex-bras droit de Barack Obama a atterri près de Washington.

Sans nommer son successeur, Donald Trump a dit prier pour que son administration réussisse à maintenir l'Amérique sûre et prospère.

Donald Trump parle dans un écran de télévision.

Le président républicain sortant Donald Trump dit espérer que l'administration Biden garde les États-Unis en sécurité.

Photo : Getty Images / MANDEL NGAN

Celui qui pendant plus de deux mois a refusé le verdict des urnes en dénonçant des fraudes imaginaires va devenir le premier président en 150 ans à ne pas assister à la prestation de serment de son successeur.

Très ému, Joe Biden venait, lui, de quitter son fief du Delaware en évoquant la mémoire de son fils décédé, Beau Biden, et sa propre mort. Il a ainsi participé à un événement au Major Joseph R. (Beau) Biden III National Guard/Reserve Center, à l'aéroport de New Castle.

Eh bien, excusez mon émotion, lorsque je mourrai, Delaware sera écrit dans mon coeur, a déclaré le démocrate, qui deviendra mercredi à midi le 46e président américain, en écho aux paroles de l'auteur irlandais James Joyce.

À 78 ans, Joe Biden sera le plus vieux président américain à prendre ses fonctions.

Joe Biden et Jill Biden sortent de l'avion et descendent les marches.

Le président élu Joe Biden et son épouse Jill sont arrivés à la base militaire Andrews, mardi après-midi.

Photo : Associated Press / Evan Vucci

Il a souligné le choix historique de sa colistière Kamala Harris, qui deviendra mercredi la première femme vice-présidente, mais aussi la première personne noire et d'origine indienne à occuper cette fonction.

Ne me dites pas que les choses ne peuvent pas changer. Elles peuvent changer, et elles changent. C'est ça, l'Amérique.

Joe Biden, président désigné des États-Unis

Tous deux ont participé en fin d'après-midi à une cérémonie devant le mémorial d'Abraham Lincoln en hommage aux victimes de la COVID-19 aux États-Unis, pays le plus endeuillé du monde avec plus de 400 000 morts.

Avant son départ pour la Floride, prévu pour mercredi matin, Donald Trump pourrait quant à lui gracier encore plusieurs dizaines de personnes.

Dans son message d'adieu, le défenseur de l'Amérique d'abord a aussi vanté son bilan économique et en politique étrangère, notamment sa fermeté face à la Chine.

Je suis tout particulièrement fier d'être le premier président depuis des décennies à ne pas avoir déclenché de nouvelles guerres.

Donald Trump, président des États-Unis

Isolé, passant sa dernière journée à la Maison-Blanche, il quitte le pouvoir avec une cote de popularité au plus bas.

Une capitale sous haute sécurité

Mardi, la capitale fédérale avait des allures de camp retranché. Les mesures de sécurité entourant la cérémonie d'investiture sont exceptionnelles.

Quelque 25 000 soldats de la Garde nationale et des milliers de policiers venus de tout le pays seront déployés.

Des membres de la Garde nationale américaine devant le Capitole.

Des membres de la Garde nationale dans une zone sécurisée du complexe du Capitole américain.

Photo : AP / Jacquelyn Martin

De hautes grilles, parfois surmontées de barbelés, protègent la zone rouge entre la colline du Capitole et la Maison-Blanche. On est loin de l'ambiance de liesse qui avait envahi Washington après la victoire de Joe Biden au début de novembre.

Le comité organisateur de la cérémonie a limité le nombre d'invités et, sur l'immense esplanade du National Mall, où des milliers d'Américains viennent traditionnellement voir leur nouveau président prêter serment, plus de 190 000 drapeaux ont été plantés pour représenter ce public absent.

Depuis le 6 janvier, près d'une centaine de manifestants ont été inculpés pour avoir participé aux violences du Capitole. Parmi eux, des élus et des membres anciens ou actifs des forces de l'ordre.

Du changement

Sur le fond comme sur la forme, Joe Biden entend marquer un contraste aussi net que possible avec son prédécesseur.

Mercredi, celui qui se présente comme un rassembleur lancera un message d'unité aux Américains, lors d'un discours de 20 à 30 minutes.

Autre moment d'union à la symbolique forte : Mitch McConnell, chef des républicains au Sénat, sera présent avec lui, à son invitation, lors d'une messe à la cathédrale Saint-Matthieu mercredi matin. Les autres dirigeants du Congrès ont aussi été conviés.

Portrait de Mitch McConnell.

Le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, le 9 novembre 2020

Photo : Reuters

En attendant, le processus de confirmation par le Sénat des secrétaires désignés par le président désigné a commencé mardi, afin que le gouvernement entre au plus tôt en fonction face aux nombreuses crises qui traversent l'Amérique.

Sur le front diplomatique, son futur secrétaire d'État, Antony Blinken, a promis de rompre avec quatre années d'unilatéralisme en revigorant les alliances mises à mal sous Donald Trump.

La prochaine secrétaire au Trésor Janet Yellen a, elle, dit préférer voir grand pour répondre à la crise économique provoquée par la pandémie, et traiter plus tard les préoccupations sur le déficit public.

Le gouvernement sortant a de son côté annoncé d'ultimes décisions, dont la plus spectaculaire est celle du secrétaire d'État, Mike Pompeo, de considérer que la Chine commet un génocide contre les musulmans ouïgours.

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