•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'équipe Biden affiche sa fermeté face à la Chine et l'Iran

Antony Blinken lors d'une audition devant le Congrès.

Antony Blinken souhaite que les États-Unis reprennent le chemin du multilatéralisme à l'échelle internationale.

Photo : Reuters

Agence France-Presse

Les futurs membres du Cabinet de Joe Biden ont affiché mardi leur fermeté face à la Chine, mais aussi l'Iran, pour faire taire les accusations de faiblesse, tout en promettant de rompre avec la diplomatie unilatéraliste de Donald Trump.

Nous pouvons remporter la compétition avec la Chine : le prochain secrétaire d'État américain Antony Blinken a annoncé la couleur dès le début du processus de confirmation, par le Sénat, des membres désignés par le président élu des États-Unis pour intégrer son gouvernement.

Surtout, il a reconnu que le président républicain sortant, qui trouve rarement grâce aux yeux des démocrates, avait eu raison d'avoir une position plus ferme face à la Chine.

À la veille de quitter la Maison-Blanche, Donald Trump a sûrement pu apprécier cette approbation, lui qui a fait de sa stratégie face à Pékin l'un des principaux points forts de son bilan.

Nous avons redynamisé nos alliances et uni les nations du monde pour faire face à la Chine comme jamais auparavant, a affirmé le milliardaire lors d'un discours d'adieu diffusé par la Maison-Blanche.

Les États-Unis se sont engagés dans une confrontation sans merci avec le géant asiatique, à laquelle le faucon Mike Pompeo, secrétaire d'État jusqu'à mercredi, a donné des allures de nouvelle guerre froide.

Les conservateurs américains ont multiplié les procès en faiblesse à l'égard de Joe Biden, accusé de faire partie de cette classe dirigeante qui a trop longtemps espéré voir la mondialisation favoriser une démocratisation chinoise.

Tenir tête à Pékin

Face à ces critiques, donc, l'équipe démocrate assure qu'elle saura tenir tête à Pékin. Antony Blinken a dit partager l'accusation de génocide perpétré par la Chine contre les musulmans ouïgours, rendue publique mardi par Mike Pompeo.

Nous devons nous attaquer aux pratiques abusives, injustes et illégales de la Chine en matière commerciale, a martelé de son côté la future secrétaire au Trésor Janet Yellen, reprenant elle aussi des accusations portées par l'administration Trump depuis quatre ans.

Janet Yellen, qui a les cheveux courts et blancs, s'adresse aux reporters, devant un drapeau américain.

Janet Yellen, future secrétaire au Trésor

Photo : Reuters / LEAH MILLIS

Quant à la prochaine directrice du renseignement national, Avril Haines, elle a admis que l'approche américaine vis-à-vis du géant asiatique devait évoluer et répondre à la réalité d'une Chine plus sûre d'elle et plus agressive.

Je suis favorable à une position agressive, a-t-elle assuré, en affirmant que les démocrates ne l'avaient pas été suffisamment sous l'administration de Barack Obama, dont Joe Biden était le vice-président, de 2009 à 2017.

Pour autant, Antony Blinken a promis une diplomatie à l'opposé de celle de Donald Trump, qui a bousculé ses alliés, flirté avec des autocrates, cassé les conventions internationales et méprisé les cercles multilatéraux.

Nous devons faire face à la Chine depuis une position de force, pas de faiblesse, a-t-il soutenu, en assurant que cela impliquait de travailler avec les alliés au lieu de les dénigrer, de participer aux institutions internationales et de les mener plutôt que de s'en désengager.

Même philosophie à l'égard de l'Iran

Plusieurs sénateurs, républicains mais aussi démocrates, ont manifesté leur inquiétude quant à la promesse de Joe Biden de revenir rapidement dans l'accord international de 2015 sur le nucléaire iranien, dont Donald Trump a claqué la porte en le jugeant insuffisant pour endiguer Téhéran.

Le prochain secrétaire d'État a affirmé que la sortie de cet accord, dénoncée avec constance par les alliés européens de Washington, avait renforcé la menace nucléaire iranienne.

Un Iran avec l'arme nucléaire ou sur le point d'avoir la capacité d'en fabriquer une rapidement serait un Iran encore plus dangereux que maintenant, a-t-il souligné.

Un gros plan du président américain Joe Biden.

Le président désigné des États-Unis, Joe Biden, souhaite réintégrer l'accord de Paris sur le climat.

Photo : Getty Images / ANGELA WEISS

Et s'il a confirmé que le président Biden rejoindra à nouveau l'accord si l'Iran revient dans les limites de ses engagements nucléaires, dont il s'affranchit chaque jour un peu plus, il a prévenu qu'il ne s'agissait pas d'une fin en soi.

Nous utiliserions cela comme un point de départ, avec nos alliés et partenaires qui seraient à nouveau du même côté que nous, pour rechercher un accord plus fort et plus durable, a-t-il ajouté. Il a estimé que cela devrait inclure le programme de missiles balistiques de l'Iran ainsi que ses activités déstabilisatrices au Moyen-Orient.

Renforcer les alliances

Outre les dossiers spécifiques, Antony Blinken a promis de revigorer les alliances fondamentales des États-Unis pour les ramener en première ligne sur la scène internationale.

Le leadership américain compte encore, a-t-il lancé. Ensemble, nous sommes en bien meilleure position pour contrer les menaces posées par la Russie, l'Iran et la Corée du Nord, et pour défendre la démocratie et les droits de la personne.

Pour mettre en musique ce retour de l'Amérique, Joe Biden, dès son arrivée à la Maison-Blanche mercredi, réintroduira Washington dans l'accord de Paris sur le climat.

Et Antony Blinken a confirmé qu'il tenterait de négocier avec la Russie une prolongation du traité clé de désarmement de leurs arsenaux nucléaires New Start, qui expire le 5 février – un des tout premiers tests diplomatiques de l'administration démocrate.

Lloyd Austin, arborant plusieurs décorations militaires, témoignant devant un comité du Congrès (archives)

Lloyd Austin souhaite que Washington rouvre l'accord passé avec les talibans, en Afghanistan.

Photo : Getty Images / Chip Somodevilla

Le Pentagone contre les extrémismes

Le prochain secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, s'est de son côté engagé à lutter contre l'extrémisme au sein de l'armée américaine, après la participation de militaires en civil dans l'assaut contre le Capitole par des partisans du président sortant Donald Trump.

Les activités auxquelles nous avons assisté récemment dans nos rangs, en termes de comportements potentiellement racistes ou extrémistes, sont à mon avis absolument inacceptables, a déclaré M. Austin, 67 ans, choisi par le président élu Joe Biden pour devenir le premier Afro-Américain à diriger le Pentagone.

Je ferai tout pour débarrasser nos rangs des racistes et des extrémistes, a-t-il assuré devant la commission des Forces armées du Sénat, alors que 12 soldats de la Garde nationale américaine ont été écartés du dispositif de sécurité de la cérémonie d'investiture de Joe Biden dans le cadre d'une procédure de recherche d'éventuels liens avec des groupes extrémistes.

La tâche du ministère de la Défense est de protéger l'Amérique de nos ennemis, mais nous ne pouvons pas la mener à bien si certains de ces ennemis se cachent dans nos rangs, a poursuivi l'ex-général de l'armée de Terre, dont la nomination doit encore être confirmée par les sénateurs.

M. Austin est généralement resté vague sur ses projets à la tête de l'armée américaine, mais dans des réponses écrites soumises aux élus, il a précisé avoir l'intention de réexaminer les retraits militaires d'Allemagne et de Somalie voulus par Donald Trump.

Il a revanche soutenu le retrait d'Afghanistan. Je voudrais voir ce conflit s'achever avec un règlement négocié, a-t-il dit aux sénateurs, jugeant que se focaliser sur les opérations antiterroristes à l'avenir serait utile.

Questionné sur l'Iran, avec lequel Joe Biden a fait savoir qu'il voudrait reprendre le dialogue, M. Austin a estimé que Téhéran restait un élément déstabilisateur dans la région et qu'il serait donc dangereux que le régime ait accès à l'arme nucléaire.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !