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Un deuxième confinement qui exacerbe l’isolement chez les aînés

Quelqu'un entre dans un édifice avec un panier d'épicerie.

Une employée du programme Vieillir chez soi de Hearst, Stéphanie Larose, livre des produits d'épicerie à une personne âgée, à la porte d'un immeuble pour aînés.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Le nouveau confinement provincial et l'ordre de rester à domicile pour contrer la pandémie de COVID-19 exacerbent l’isolement chez les aînés. Pour plusieurs personnes âgées, leurs seules interactions se limitent à des visites de travailleurs jugés essentiels.

La pandémie a obligé le programme Vieillir chez soi de Hearst à mettre fin à la majorité de ses activités en personne.

Avant l’arrivée de la COVID-19, le programme offrait un service d’aide aux aînés à l’épicerie.

Des membres du personnel faisaient les achats avec ces personnes et les accompagnaient à la maison par la suite, avec la collaboration de la Croix-Rouge.

Depuis le début de la pandémie en mars dernier, le service a été remplacé principalement par un service de livraison.

Le personnel prend les commandes au téléphone, fait les achats et assure la livraison.

La coordonnatrice du programme Vieillir chez soi à Hearst, France Ayotte.

La coordonnatrice du programme Vieillir chez soi à Hearst, France Ayotte, fait des achats à l'épicerie pour des personnes âgées de la communauté.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

Selon la coordonnatrice du programme, France Ayotte, les aînés sont ainsi réconfortés d’avoir moins de contacts et moins de risque de contracter le virus.

Ça devient aussi une arme à double tranchant. En étant confiné à la maison, ça empêche de pouvoir avoir le petit côté social qui vient, jusqu’à un certain point, maintenir notre bien-être, notre santé mentale et notre santé physique, dit-elle.

Line Picard vit seule à la Villa Belle-Rivière de Hearst, un immeuble de logements pour personnes âgées.

Depuis la mise en place du confinement le 26 décembre, elle ne peut plus recevoir de visiteurs, à l'exception de travailleurs qui lui apportent des articles essentiels, lui préparent des repas et font de l'entretien ménager, quelques jours par semaine.

Line Picard dit qu’elle ne peut plus accueillir sa coiffeuse et la personne qui lui offre des soins de pieds, services qui ne sont pas considérés comme essentiels.

Elle ne va pratiquement pas à l’extérieur en hiver puisqu’elle se déplace à l’aide d’une marchette.

Une résidente de Hearst, Line Picard.

Line Picard sur le balcon de son logement l'été dernier.

Photo : Gracieuseté de Line Picard

Elle dit ressentir de l’angoisse et de l’insécurité.

Jusqu'où ça va aller, jusqu'à quand, on se pose mille et une questions.

Line Picard, locataire dans une résidence pour personnes âgées.

Elle a aussi peu de contacts avec ses colocataires puisque la salle commune de l’édifice est fermée depuis le mois de mars dernier.

Le personnel du programme local Vieillir chez soi constate les inquiétudes des aînés et craint un impact possible sur leur santé.

On se permet au téléphone de jaser un peu plus longtemps, de vérifier comment ils vont physiquement et s'ils rencontrent des problèmes à recevoir d'autres services qu'ils peuvent avoir à la maison.

France Ayotte, coordonnatrice du programme Vieillir chez soi à Hearst

Les responsables du programme se penchent sur la possibilité de mettre sur pied des groupes de marche d’un maximum de cinq personnes, afin de respecter les consignes provinciales.

Stéphanie Larose du programme Vieillir chez soi à Hearst.

Stéphanie Larose place des sacs d'épicerie dans sa voiture pour aller les livrer.

Photo : Radio-Canada / Francis Bouchard

L’isolement des personnes âgées préoccupe également la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario (FARFO).

Dans une entrevue accordée à l’émission Le Matin du Nord la semaine dernière, le directeur général de l’organisme, Gilles Fontaine, a indiqué que les problèmes de santé mentale chez les aînés sont aggravés dans une crise comme celle de la COVID-19.

L'ordre de rester à la maison est en vigueur au moins jusqu'au 11 février.

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