•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Joe Biden saura-t-il désamorcer sans risques l'héritage de Donald Trump?

Joe Biden a promis de s’attaquer à la pandémie de COVID-19, mais il entend aussi poser rapidement des gestes en environnement et en immigration. Au risque, il est vrai, de déplaire à ses adversaires.

Joe Biden et sa femme descendent de l'avion.

Joe Biden et son épouse Jill à leur arrivée à la base Andrews, dans la région de Washington, mardi.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

Dans une ville aux allures de base militaire, l’ambiance est loin d’être festive. Dans ce contexte, aussi bien se mettre au travail le plus vite possible.

Il ira à la Maison-Blanche après avoir prononcé ce discours et posera des gestes immédiats pour faire avancer le pays, a affirmé dimanche son chef de cabinet Ronald Klain, sur les ondes de CNN.

L’entourage du 46e président a déjà laissé circuler le plan qui marquera les dix premiers jours de son administration.

D’abord, elle s’attaquera à la pandémie de COVID-19, un dossier prioritaire. Dès aujourd’hui, Joe Biden entend donc imposer le port du masque sur les propriétés fédérales et mieux protéger les Américains menacés d'être évincés de leur logement en pleine pandémie.

Pour marquer le changement de locataire à la Maison-Blanche, Joe Biden voudra aussi déconstruire un pan de l’héritage de Donald Trump. Il s’assurera donc que les États-Unis réintègrent l’Accord de Paris sur le climat.

Puis le président annulera le moratoire imposé par son prédécesseur aux ressortissants venant de certains pays à majorité musulmane.

Joe Biden devrait aussi révoquer le permis présidentiel de l’oléoduc Keystone XL, infirmant ainsi une décision annoncée par Donald Trump dans les toutes premières semaines de sa présidence.

Décrets par président :

  • Donald Trump : 210
  • Barack Obama : 276
  • George W. Bush : 291
  • Bill Clinton : 364

La plupart de ces décisions ont un point commun : elles seront imposées au moyen de décrets présidentiels, qui ne nécessitent pas l’aval du Congrès.

La pratique n’a rien d’inusité. Dès son entrée en fonction, Donald Trump a lui-même apposé sa signature à un décret soulignant l’intention de son administration de mettre fin au système d’assurance maladie Obamacare.

En fait, tout au long de sa présidence, le 45e président n’a pas hésité à avoir recours aux décrets pour gouverner en contournant la branche législative, ce qui a suscité l’indignation de nombreux élus démocrates.

Le président Trump après la signature d'un décret en Caroline du Nord.

Le président Trump après la signature d'un décret en Caroline du Nord.

Photo : Reuters / TOM BRENNER

Les principes sont parfois sacrifiés, lance David Schultz, professeur de sciences politiques à l'Université Hamline au Minnesota, alors que c’est une administration démocrate qui s’apprête cette fois à imposer ses priorités.

Le politologue comprend la volonté de la nouvelle administration de marquer rapidement un contraste avec la précédente, mais il souligne que les gestes posés de manière unilatérale peuvent contribuer au climat polarisé de Washington, alors que Joe Biden veut se présenter comme un président qui tentera d’unir la nation.

Pendant que des élus démocrates comme le représentant James Clyburn demandent à Joe Biden d’utiliser son pouvoir exécutif si les républicains refusent de collaborer, sur Fox News des commentateurs accusent déjà le prochain président de tenter d’imposer aux Américains des priorités parfois qualifiées de libérales et radicales.

Gouverner par décrets n'est pas une cause de la polarisation, mais cela n'aide certainement en rien.

David Schultz, professeur de sciences politiques à l'Université Hamline

Le défi d’imposer des politiques durables

Au-delà des enjeux partisans, la manière de légiférer a un impact sur la durabilité des politiques adoptées par une administration.

Car un décret peut facilement être annulé par un prochain président, ce qui est beaucoup moins évident pour une loi adoptée avec l’aval du Congrès.

Les présidents veulent réaliser des choses et ils vont avoir recours aux décrets pour y parvenir. Mais ces décrets ne sont pas toujours la meilleure manière de s'assurer que les changements de politiques deviennent permanents, explique le professeur David Schultz.

Joe Biden, qui a représenté le Delaware au Sénat pendant plus de trente ans, devra donc montrer qu’il n’a rien perdu de sa capacité à négocier avec ses collègues républicains.

Joe Biden, pendant la période de transition présidentielle.

Joe Biden entend tourner le dos à l'ère Trump rapidement.

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

À ce chapitre, les efforts semblent déjà avoir été entrepris. Avant sa prestation de serment, le futur président assistera à une messe en compagnie du leader démocrate au Sénat, Chuck Schumer, et de son homologue républicain, Mitch McConnell, à qui Joe Biden a parlé à quelques reprises ces dernières semaines.

Dans un Sénat que les démocrates ne contrôlent que de justesse et où le procès en destitution de Donald Trump pourrait prendre beaucoup d’espace ces prochaines semaines, le défi s’annonce grand.

Est-ce que l'administration Biden parviendra à réaliser ce que les présidents récents ont échoué à faire?, se demande David Schultz, à propos de la capacité de cette nouvelle administration à développer une bonne relation avec le Congrès.

Dès le début de son mandat, Joe Biden fera parvenir aux élus une proposition de réforme en immigration, puis son administration tentera rapidement de faire approuver un immense plan d’aide et de relance économique de près de 2000 milliards de dollars.

Le sort qui sera réservé à ces législations nous donnera un avant-goût de l’état des relations entre la Maison-Blanche et le Capitole.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !