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L’ex-entraîneur René Bellemarre condamné à payer 17 500 $ à une ancienne athlète

Un homme sourit à la caméra devant une salle du palais de justice de La Sarre.

René Bellemare au palais de justice de La Sarre (archives)

Photo : Radio-Canada / Lise Millette

L’ancien entraîneur du club d’haltérophilie de La Sarre, René Bellemarre, est condamné à verser 17 500 $ à une ancienne athlète, que l’on ne peut identifier.

Bellemarre poursuivait le Centre d’aide et de prévention des actes à caractère sexuel de l’Abitibi-Ouest et cette ancienne athlète pour atteinte à sa réputation. Il réclamait 285 000 $, mais la procédure s’est retournée contre lui lorsque le tribunal a finalement jugé que la procédure du demandeur était abusive.

À l’été 2019, le Centre d’aide et de prévention des actes à caractère sexuel de l’Abitibi-Ouest (CAPACS) publiait un communiqué dénonçant le fait que René Bellemarre, condamné pour attouchements sexuels sur une athlète mineure, ait pu réaliser ses travaux communautaires au bénéfice du Club d’haltérophilie de La Sarre.

Dans les mois précédents, René Bellemarre avait reçu une peine de 30 jours à purger dans la collectivité, 125 heures de travaux communautaires et une probation de 2 ans, en plus de voir son nom inscrit à vie au registre des délinquants sexuels, après avoir été reconnu coupable d’attouchements sexuels sur une personne d'âge mineur.

Dans une poursuite déposée le 27 septembre 2019, René Bellemarre a reproché à l’organisme d’avoir atteint à sa réputation en publiant ce communiqué.

Selon Bellemarre, le communiqué portait atteinte à sa réputation en affirmant qu’il avait commis des agressions sur plusieurs victimes mineures. Or, arguait-il, il n’y en avait eu qu’une seule, soit celle visée par les accusations pour lesquelles il a été reconnu coupable. De plus, René Bellemarre mentionnait que ce n’était pas des agressions, mais des attouchements.

L’une de ses anciennes athlètes était également visée par cette poursuite en atteinte à sa réputation. René Bellemarre lui reprochait d’avoir porté plainte à la Fédération québécoise d’haltérophilie, où elle rapportait des gestes inappropriés posés par le demandeur à l’endroit de plusieurs jeunes filles du club d’haltérophilie de La Sarre.

Il lui reprochait aussi d’avoir inadéquatement informé le CAPACS et d’avoir publié une mention J’aime concernant ledit communiqué sur les réseaux sociaux.

En tout et partout, René Bellemarre souhaitait donc obtenir 285 000 $ en dommages moraux et punitifs. Dans ce montant, il réclamait 75 000 $ à l’ancienne athlète, lui attribuant une responsabilité plus grande que chacun des autres défendeurs.

C’est une vengeance personnelle, je n’ai pas été la seule à cliquer "J’aime" sur la publication du Centre d’aide et de prévention des actes à caractère sexuel, a-t-elle fait remarquer.

Une poursuite abusive

René Bellemarre a finalement abandonné sa poursuite en mars 2020, mais l’ancienne athlète n’en est pas restée là. Elle a demandé au tribunal de déclarer la poursuite initiale abusive et de condamner René Bellemarre à payer ses frais de justice.

Il voulait se désister deux jours avant notre audience, mais ça n’avait pas d’allure, j’avais déjà des frais d’avocats engagés pour me défendre. Je pense clairement que ces mesures étaient abusives, a-t-elle ajouté.

La juge Isabelle Breton lui a finalement donné raison: la poursuite de René Bellemarre était clairement disproportionnée. Dans sa procédure, le demandeur fait peu état en quoi sa réputation fut entachée, précise-t-elle.

La juge rappelle que si le demandeur a été reconnu coupable de gestes posés à l’endroit d’une seule victime d’âge mineur, il a été initialement accusé pour des gestes posés à l’endroit de plus d’une victime mineure.

Si le demandeur souhaite maintenant tourner la page et recommencer une nouvelle vie, tel qu’il l’affirme, il doit également conjuguer avec les gestes qu’il a posés. Ces gestes, dont il doit assumer la pleine responsabilité, affectent certainement sa réputation, écrit-elle.

C’est pourquoi elle a condamné René Bellemarre à verser 17 000 $ à titre de dommages-intérêts et 500 $ à titre de dommages punitifs en juillet 2020.

René Bellemarre et la direction du CAPACS n’ont pas voulu commenter.

Une autre poursuite en cours

René Bellemarre n’en a pas encore fini avec les procédures judiciaires. Une autre poursuite, cette fois envers le président du club d’haltérophilie de Rouyn-Noranda, Mario Robitaille, n’est pas encore complétée.

Les prochaines étapes seront le contre-interrogatoire du défendeur ainsi que les plaidoiries des deux parties.

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