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Ottawa « profondément préoccupé » par les tensions en Ouganda

Des policiers gardent une route menant à la résidence de l'opposant Bobi Wine.

Des policiers ougandais chassent des journalistes qui tentaient de se rendre à la résidence de l'opposant Bobi Wine à Kampala.

Photo : Reuters / BAZ RATNER

Radio-Canada

Le gouvernement canadien se dit « profondément préoccupé » par la situation politique qui prévaut en Ouganda à la suite de l’élection contestée du président Yoweri Museveni et de la mise en résidence surveillée de son principal opposant Bobi Wine.

Le climat demeure tendu depuis l’élection présidentielle la semaine dernière, dont le vainqueur est au pouvoir depuis 1986. Annoncée le week-end dernier, sa réélection lui permet d’amorcer un sixième mandat de suite à la tête du pays.

Le président ougandais Yoweri Museveni.

Le président sortant Yoweri Museveni - au pouvoir depuis 35 ans - a été réélu pour un sixième mandat de suite.

Photo : Reuters / Henry Nicholls

Le gouvernement canadien se dit préoccupé par les restrictions imposées durant la campagne électorale et réclame la libération des membres de l’opposition de même que la tenue d’enquêtes pour faire la lumière sur les allégations de fraude électorale.

Ottawa n’a toutefois pas l’intention de suspendre le déploiement occasionnel d’un de ses avions militaires dans ce pays africain.

Le gouvernement Trudeau appuie des missions de maintien de la paix de l’ONU dans la région, et il précise que l'entente a été conclue avec les Nations unies et non avec l’Ouganda.

L’entente de maintien de la paix entre le Canada et l’ONU prévoit le transport de troupes et d’équipement entre la ville du centre de l’Ouganda, Entebbe, et les différentes missions de l’organisation internationale en Afrique.

Allégations de fraude et résidence surveillée

Un homme parle au micro.

Robert Kyagulanyi, aussi connu sous le nom de Bobi Wine, dénonce les fraudes électorales.

Photo : Reuters / Abubaker Lubowa

Dans la foulée des allégations de fraudes électorales, décriées par le principal opposant et ancien chanteur, Bobi Wine – de son vrai nom Robert Kyagulanyi – a été placé en résidence surveillée.

Il a qualifié l’élection de frauduleuse et affirme avoir remporté le scrutin. Les résultats du scrutin donnent toutefois le président sortant vainqueur avec une majorité de 58,6 % des voix, contre 34,8 % pour M. Wine. Ce dernier dénonce une mascarade complète.

Âgé de 38 ans, M. Wine constituait le principal adversaire de M. Museveni, 76 ans. Le jeune politicien soutient être coupé de tout contact avec ses avocats et son parti au moment où la limite des 10 jours prévus pour contester le résultat de l’élection s’amenuise.

Les avocats de M. Wine ont déposé une requête judiciaire pour tenter d’obtenir la levée de l’encerclement de sa maison et le retrait des forces de sécurité. Une audience est prévue pour jeudi.

Des policiers casqués et vêtus de gilets pare-balles marchent dans la rue.

Des policiers de l'escouade antiémeute patrouillent dans les environs de la maison du candidat défait à l'élection présidentielle, Bobi Wine.

Photo : Reuters / ABUBAKER LUBOWA

Accroc diplomatique américain

Par ailleurs, le gouvernement ougandais a accusé l’ambassadrice américaine Natalie Brown de ne pas avoir respecté les règles diplomatiques et la soupçonne de malveillance. L’ambassadrice aurait tenté de rencontrer l’opposant gardé à son domicile sans l’approbation du gouvernement.

L’ambassadrice Brown a ainsi été interceptée par les policiers de l’escouade antiémeute, lundi, qui montent la garde autour de la maison de M. Wine.

L'objectif de la visite de l'ambassadrice Brown était de vérifier la santé et la sécurité de M. Kyagulanyi étant donné qu'il n'a pas été en mesure de quitter son domicile, a indiqué l'ambassade américaine dans un communiqué publié sur Facebook.

Nous attendons d'elle qu'elle écrive au ministère des Affaires étrangères et qu'elle respecte les règles diplomatiques, a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement ougandais, Ofwono Opondo. Nous ne pensons pas qu'un pays ami ou quelqu'un qui veut aider dans une situation difficile agirait de cette façon.

C'est l'arrogance des Américains, qui pensent qu'ils dirigent le monde.

Ofwono Opondo, porte-parole du gouvernement ougandais

De son côté, l'ambassade américaine a déclaré que la campagne électorale en Ouganda a notamment été marquée par le harcèlement des candidats de l'opposition, des équipes de campagne et des supporteurs.

Ces actions illégales et l'assignation à résidence de fait d'un candidat à l'élection présidentielle constituent une tendance inquiétante pour la démocratie ougandaise.

Extrait du communiqué de l'ambassade américaine

Le porte-parole du gouvernement ougandais refuse pour sa part de parler de résidence surveillée au sujet de la situation de M. Wine. [Il] est sous protection du gouvernement ougandais, a indiqué M. Opondo en estimant que M. Wine était une cible.

Il est dans l'intérêt du gouvernement de l'Ouganda qu'il ne soit pas blessé d'une quelconque manière, a précisé le porte-parole du gouvernement.

Avec les informations de La Presse canadienne, et Agence France-Presse

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