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Condamné au civil et au criminel pour avoir harcelé une femme

Illustration d'une femme se protégeant d'agressions.

Une femme de la Mauricie a vécu du harcèlement pendant deux ans de la part d'un homme qu'elle connaissait à peine.

Photo : iStock

Radio-Canada

Visites inopportunes sur son lieu de travail et devant sa résidence, appels, messages, commentaires sur ses publications sur les réseaux sociaux : un entrepreneur électricien de la Mauricie devra vivre avec les conséquences du harcèlement qu’il a fait subir à une femme ces deux dernières années.

Le titre original de ce texte a été modifié. Dans une version précédente, nous avons incorrectement utilisé le mot amour dans le titre. Le mot n'était pas approprié puisqu'il s'agissait plutôt de harcèlement.

Le juge Alain Trudel a condamné Stéphane Garant à lui verser 7000 $ au terme d’un procès civil où il a jugé qu’il avait porté atteinte aux droits fondamentaux de la victime, une massothérapeute et mère de famille.

En février 2019, l'homme a d’ailleurs plaidé coupable d'une accusation de menaces, après quoi il a dû se soumettre à une probation d'un an, qui l'interdisait d'entrer en contact avec sa victime. Mais un casier judiciaire ne l’aurait pas arrêté.

Son intérêt marqué pour cette femme, une connaissance avec laquelle il n’a jamais entretenu de relation amoureuse ou amicale, commence lors de l’été 2018. Par la suite, il la suit, l’épie et tente insidieusement de s’immiscer dans sa vie et celle de sa famille, peut-on lire dans le jugement.

Malgré ses efforts pour esquiver les avances du défendeur, ce dernier se fait toujours insistant au point où la demanderesse, inquiète de ce comportement, décide de le contacter afin de lui exprimer son malaise et lui demander directement de cesser toute tentative de contact, est-il écrit dans le jugement du juge Trudel, de la Cour du Québec, division des petites créances.

Il cesse alors ses tentatives pendant trois mois, avant de se présenter à son lieu de travail, au début du mois de janvier 2019, et de poser une carte professionnelle sur le pare-brise de sa voiture, sur laquelle il l’invite à l'appeler puisqu’il est seul ce soir-là, sans son épouse.

La demanderesse conclut aussitôt que le défendeur la suit et la surveille jusqu’à Trois-Rivières puisque ce dernier ne demeure pas dans cette ville. Cet événement lui cause un important stress et ravive ses inquiétudes, écrit le juge Trudel.

Stéphane Garant est accusé de non-respect des conditions de probation, alors qu'il aurait, en 2020, envoyé à la victime un message de Saint-Valentin, se serait créé un profil Facebook en prenant le nom de famille de son conjoint pour lui envoyer des messages lui déclarant son amour et aurait stationné sa voiture devant sa résidence, peut-on lire dans le jugement.

En voyant que les mesures au criminel ne fonctionnaient pas, étaient transgressées, la police m’a encouragée à le poursuivre au civil, pour que ça cesse, nous a confié la femme, jointe au téléphone.

Je me suis dit : "Ça va peut-être le ramener à la raison en se disant ça me coûte cher, il faut que j'arrête ça", ajoute celle qui nous a demandé de conserver son anonymat par peur de représailles.

Stéphane Garant ne s'est pas présenté au procès civil qui le condamne à des dommages-intérêts. Le juge Alain Trudel a tout de même considéré que la preuve qui lui a été présentée était crédible et fiable.

Le comportement fautif du défendeur à l’endroit de la demanderesse a suscité chez elle crainte, stress, peur, désarroi et cette situation lui a occasionné de nombreux troubles et inconvénients, chamboulant sa vie personnelle, familiale et professionnelle pendant plusieurs mois, indique-t-il.

Stéphane Garant doit retourner au palais de justice de Shawinigan le 8 mars pour répondre aux accusations de non-respect des conditions de probation.

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