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Sans Keystone XL, des villages albertains diront adieu à leurs rêves de développement

Les installations du pipeline Keystone de Trans Canada à Hardisty, en Alberta.

Selon la Municipalité, le pipeline Keystone XL aurait pu apporter 1000 emplois supplémentaires dans la région de Hardisty, à 200 km au sud-est d'Edmonton.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

La mort du projet de pipeline Keystone XL représenterait la perte de centaines d’emplois et de milliers de dollars de revenus pour les municipalités albertaines sur le tracé de l’oléoduc. 

Le village de Consort, situé à 350 km au nord-est de Calgary, devait être le prochain à bénéficier des retombées économiques de la construction du pipeline de l’entreprise TC Énergie.

Fin des espoirs de retombées économiques

Un camp de 200 à 400 travailleurs devait s’établir au printemps dans cette municipalité d’environ 700 habitants.

Cela aurait eu un impact économique énorme pour les petits commerces, explique le maire, Michael Beier. 

Il souligne que l’entreprise a l’habitude d’investir dans les infrastructures municipales et de faire des dons aux organismes à but non lucratif locaux.

Outre les gains qui pourraient ne jamais se matérialiser si le président américain révoque le permis du projet de pipeline, le maire s’inquiète pour les emplois existants des habitants. 

La moitié de la communauté travaille dans l'industrie pétrolière. Sans augmentation de nos exportations, il n’y aura pas de possibilité de croissance, déplore-t-il.

Une pancarte d'hôtel affiche complet "No vacancy" en anglais.

L'afflux de travailleurs a rempli tous les hôtels et les locations d'Oyen.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx

À une centaine de kilomètres plus au sud, la municipalité d’Oyen profite depuis un an des retombées économiques de la construction de Keystone XL. Selon le maire, Doug Jones, le chantier a rapporté entre 3 et 4 millions de dollars de revenus supplémentaires chaque mois aux commerces et à la Municipalité. 

Le boom économique devait se prolonger encore deux ans avec quelques périodes plus calmes. L’avenir est cependant incertain.

Une planification urbaine impossible

La municipalité de Hardisty, le point de départ du pipeline en Alberta, compose avec cette incertitude depuis plus de 10 ans.

C’est très difficile pour nous de prévoir les infrastructures nécessaires aux commerces qui veulent s’établir pour répondre à l’afflux de travailleurs du projet Keystone XL, explique la gestionnaire municipale Sandy Otto.

Nous développons des terrains… Puis il n’y a plus aucune raison pour ces nouvelles entreprises [de s'installer ici]. Puis le projet repart et nous devons réagir rapidement pour avoir les fonds nécessaires, dit-elle.

Une carte du Canada et des États-Unis. Une ligne verte relie Hardisty, en Alberta, à Steele City, au Nebraska. Une ligne noire relie quant à elle Hardisty à Houston et Port Arthur au Texas.

En vert, le tracé du nouveau pipeline Keystone XL proposé qui relierait l'Alberta au golfe du Mexique, et en gris, le tracé du pipeline existant.

Photo : Radio-Canada

Cette fois-ci, la Municipalité avait prévu un doublement de sa population au cours de la prochaine décennie. Un vaste terrain avait été mis de côté pour permettre un développement commercial et industriel. 

Nous allons devoir mettre tout cela en suspens, déplore Mme Otto. Et si nous ne pouvons pas avoir Keystone XL, nous nous développerons à un rythme d’escargot.

Les différents politiciens espèrent encore que le président américain sera ouvert aux arguments des gouvernements albertain et fédéral. 

D'après les entrevues de Jordan Omstead

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