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La pandémie exacerbe les difficultés de recrutement à la GRC

Un agent de la Gendarmerie royale du Canada faisant dos à la caméra, face à un groupe de policiers.

Selon le président de la Fédération de la police nationale, un manque d'employés augmenterait le risque d'épuisement professionnel chez les agents déjà en poste. (archives)

Photo : Reuters / Valerie Zink

Radio-Canada

L’arrivée de la COVID-19 l'an dernier a dû abruptement mettre sur pause le programme de formation et d’entraînement des cadets de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Or, l’organisme représentant les milliers de membres du corps policier fédéral, la Fédération de la police nationale, craint maintenant que les retards causés par le coronavirus empirent le manque d’effectifs déjà présent avant la pandémie.

Au début de l'année 2020, 1280 cadets, répartis en 40 troupes de 32 étudiants chacune, s’entraînaient au centre de formation situé à Regina.

Le tout a cependant dû être suspendu temporairement au mois de mars. Seize troupes ont même été renvoyées à la maison avant de pouvoir terminer le programme.

Après un confinement obligatoire de 14 jours, les cadets ont lentement pu reprendre leur entraînement.

Bien que la GRC espère toujours pouvoir avoir 500 diplômés cette année, l’impact qu’aura eu cette pause sur le nombre de postes vacants au sein du corps policier demeure incertain pour le moment.

La présence de suffisamment de ressources sur le terrain a toujours été un défi pour la GRC.

Brian Sauvé, président de la Fédération de la police nationale

Une incertitude que partage le président de la Fédération de la police nationale, Brian Sauvé, qui craint que le retard n’ait des conséquences sur les objectifs d’embauche.

Un problème qui ne date pas d’hier

Selon des statistiques obtenues par CBC, il y avait moins de 1 % d’inoccupation pour l’ensemble des 19 050 postes de gendarmes en date du 1er avril 2020.

La situation est pire dans certaines régions du pays. Le Yukon, par exemple, avait 12 % de ses postes qui étaient vacants au printemps dernier.

La situation était également problématique au Nouveau-Brunswick. Même en ajoutant davantage d'agents, un quart de travail sur quatre au sein de la GRC de la région de Moncton n’avait pas le nombre d’employés minimum.

Une situation qui, selon l’Autorité policière régionale de Codiac, serait due au grand nombre de congés de maladie à long terme au sein du corps policier.

Selon Brian Sauvé, il y a un réel risque d’exténuer les gendarmes de première ligne si les postes vacants ne sont pas pourvus. Une situation encore plus critique dans les petites régions moins bien desservies.

Un portrait de Brian Sauvé.

Brian Sauvé, de la Fédération de la police nationale, se questionne sur les moyens de rendre le métier de policier plus attrayant pour les jeunes. (archives)

Photo : Fédération de la police nationale

S’il n’y a pas assez de personnel, les agents vont sacrifier leur temps personnel, leur temps avec la famille et leurs vacances pour s’assurer que le travail soit fait. Tout ça mène à l'épuisement professionel, explique-t-il.

Une telle situation amène nos gendarmes à être surchargés de travail, à vivre davantage de stress. Même la vie familiale en sera dégradée parce que les enfants ne verront pas leur parent aussi souvent. Le conjoint sera déçu d’avoir un partenaire membre de la GRC qui n’est jamais à la maison.

La quantité plutôt que la qualité

Lors d’un audit tenu en juin dernier sur le programme de recrutement de la GRC, de nombreux problèmes avaient été identifiés.

Avec une hausse de la demande pour des agents et une absence de critère clairement défini, le recrutement [de membres réguliers] met davantage l’accent sur la quantité de candidatures plutôt que sur la qualité de celles-ci, a affirmé l’audit.

Une critique à laquelle un porte-parole du corps policier fédéral répond que de nouvelles stratégies de recrutement sont actuellement en développement.

C’est un problème au sein de la police, reconnaît Brian Sauvé. De nos jours, vous ne voyez pas les jeunes enfants jouer à la police et au voleur. [Ils veulent davantage] devenir ambulancier, enseignant ou pompier.

Nous devons tous nous demander comment rendre la profession de policier plus attrayante pour ceux qui considèrent travailler au sein des forces de l’ordre au Canada.

Avec les informations de Catharine Tunney

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