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Le déménagement temporaire des Raptors à Tampa n'excuse pas tout

Un joueur de basketball tente d'inscrire un panier malgré la présence d'adversaires autour de lui.

Les Raptors ont entamé la saison 2020-21 à Tampa, en Floride, et y joueront leurs matchs à domicile au moins jusqu'en mars.

Photo : Associated Press / Martha Asencio Rhine

Les Raptors de Toronto ne sont pas parfaits par les temps qui courent, mais ils jouent assurément mieux que lors des deux premières semaines de la saison. L'équipe semble avoir retrouvé sa vraie nature, signe qu'elle s'adapte de plus en plus à sa nouvelle réalité, aux États-Unis, et à ses nouveaux quartiers, en Floride.

Après avoir encaissé huit revers à ses dix premiers matchs, la formation torontoise a tenté d'effacer l'un des pires débuts de saison de son histoire avec quatre victoires d'affilée. Toutes sauf la dernière à domicile, et à huis clos, puisque l'Amalie Arena – où l'équipe dispute ses matchs locaux de la première moitié de la saison – ne permet plus l'entrée de spectateurs depuis le 9 janvier.

L'équipe du Nord a conclu son séjour de cinq matchs à la maison avec un revers contre le Heat de Miami mercredi, puis une victoire aux dépens de cette même équipe deux jours plus tard. En somme, elle est enfin au niveau que lui prédisaient les experts, celui d'une équipe capable de gagner plus de matchs qu'elle n'en perd et de se tailler une place en séries éliminatoires.

Des spectateurs en petit nombre dans les gradins d'un amphithéâtre.

Les Raptors ont permis l'entrée de 3 800 spectateurs pour leurs premiers matchs locaux à Tampa, mais ils jouent à huis clos depuis une dizaine de jours.

Photo : Associated Press / Martha Asencio Rhine

Alors, comment les joueurs se sont-ils remis de leurs maux des premiers matchs? La présence de partisans à Tampa – décrits comme hostiles par Fred VanVleet – était-elle en cause? Était-ce le choc de jouer si loin de la maison? Doit-on mettre la faute sur le déménagement temporaire de l'équipe à Tampa?

De dire qu'il n'y a qu'une cause, ça serait réducteur parce que c'est trop complexe pour que ce soit juste ça. C'est multifactoriel.

Jean-Michel Pelletier, psychologue sportif

Jean-Michel Pelletier, qui est psychologue sportif et expert de la question de la motivation au travail, y voit un bel exemple de l'effet papillon, où un premier changement en apparence anodine peut engendrer des conséquences plus importantes et inattendues. Un cercle vicieux en quelque sorte, précise-t-il.

Ça se peut que la pandémie et le déménagement aient causé un problème. Le problème a ensuite causé un conflit de confiance. Et l'atteinte à la confiance amène des problèmes de compétences.

L'importance de la routine

Deux joueurs de basketball.

Pascal Siakam (gauche) a repris du poil de la bête dernièrement.

Photo : Reuters / Kim Klement

Fort de son expertise comme consultant en préparation mentale auprès de plusieurs équipes sportives, Marc-Antoine Roussel convient que les athlètes de la trempe des joueurs des Raptors dépendent de leurs habitudes pour exceller. En temps de pandémie, ils ont pu, de manière compréhensible, être déboussolés.

La routine, pour ces athlètes-là, ça a un impact majeur sur la confiance en soi, la gestion de l'anxiété, au niveau de la concentration et de la motivation aussi […] Et l'absence de la foule, ça joue pour beaucoup aussi, évalue-t-il.

Ce dernier avise qu'il n'y a pas moyen de déterminer le temps dont un athlète a besoin pour prendre ses repères dans un nouvel environnement et retrouver la confiance que lui conférait son ancienne routine.

Tout le monde est différent! Juste le fait de fonctionner sans partisans à travers la ligue (ou en petit nombre), il y en a pour qui ça aura un effet tout au long de la saison.

Moins de marge de manœuvre pour réussir

Chris Boucher s'apprête à mettre le ballon dans le panier.

Contrairement à certains de ses coéquipiers, le Montréalais Chris Boucher a explosé dès le coup d'envoi de la saison.

Photo : Sergio Estrada-USA TODAY Sports

L'entraîneur Charles Dubé-Brais, à l'emploi du club-école des Raptors depuis 2018, estime que les Torontois ont effectivement pu être pressés de se mettre en marche alors qu'ils n'étaient pas encore prêts.

Pendant le camp d'entraînement, certains joueurs et des membres du personnel d'entraîneurs se cherchaient encore une maison où habiter, fait-il remarquer.

Sans dire que leurs familles n'étaient pas bien prises en charge, est-ce que ces questions ont pu occuper un peu d'espace dans leur tête? Je pense que oui.

Mais comme l'excuse du chien qui mange les devoirs, celle du déménagement à Tampa ne tient plus la route au bout de quatre semaines d'activités, selon l'entraîneur.

Je pense qu’on reconnaît un peu plus l’équipe qu’on s’attendait à voir en début de saison

Charles Dubé-Brais, entraîneur

Si l'équipe ne réussit pas à remonter au classement d'ici la fin de la campagne, elle n'aura qu'elle-même à blâmer, selon lui. À ce jour, les Raptors occupent le 11e rang dans l'Association de l'Est.

Les Raptors, ça fait huit ans qu’ils dépassent les prédictions [des preneurs aux livres] de Las Vegas. C’est une équipe qui surperforme presque chaque année parce que, en fait, on les sous-estime toujours un peu, souligne Charles Dubé-Brais.

Cela dit, cette année, je pense que leur marge de manœuvre a beaucoup diminué avec les départs de (Marc) Gasol et (Serge) Ibaka. C’est sûr que (Chris) Boucher bouche les trous un petit peu, mais ce n’est pas une équipe qui peut quand même gagner si elle ne joue pas très bien, un peu comme elle le faisait par le passé.

L'entraîneur estime que toutes les équipes ont été dérangées par le contexte de la pandémie. Les équipes à domicile gagnent d'ailleurs avec beaucoup moins de régularité cette saison que par le passé.

Maintenant que les effets du déménagement à Tampa des Raptors se sont estompés, il juge que l'équipe a tout pour atteindre ses objectifs et se tailler une place en séries éliminatoires. La clé? La patience.

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