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La présidence Biden aura « d’énormes conséquences » sur la Colombie-Britannique

Le nouveau président annonce un changement de ton et des politiques qui seront « extrêmement importantes » pour de nombreuses industries de la province, disent des experts.

Joe Biden.

L'arrivée du président Joe Biden à la tête des États-Unis « changera d'abord le ton » des relations avec le Canada, selon des experts.

Photo : Reuters / MIKE SEGAR

La fin de l’ère Trump et l’arrivée de Joe Biden à la tête des États-Unis aura des conséquences importantes en Colombie-Britannique, affirment des politologues qui se montrent optimistes à la veille de la cérémonie d'investiture.

Voici cinq points qui risquent d’être influencés par la nouvelle administration américaine.


Un combat « cohérent » contre une pandémie

L’approche plus rationnelle promise par le nouveau président américain dans la lutte contre la pandémie aura des retombées sur l’économie de la Colombie-Britannique, croit Andy Hira, professeur de sciences politiques à l’Université Simon Fraser, dans le Grand Vancouver.

La semaine dernière, Joe Biden a dévoilé le programme de la Maison-Blanche pour l'immunisation des Américains contre la COVID-19.

Cette démarche planifiée pourrait accélérer la reprise économique des deux côtés de la frontière, selon le professeur. Ce sera un grand boom pour l'économie de la Colombie-Britannique, car nous dépendons beaucoup du trafic transfrontalier, surtout dans notre industrie touristique , dit-il, ajoutant qu'elle aura même d'énormes conséquences.

Depuis mars 2020, la frontière terrestre entre la province et l’État voisin de Washington, fermée aux voyages non essentiels, nuit notamment aux commerçants.

Le gouverneur démocrate de Washington, Jay Inslee, est convaincu que l'administration Biden sera plus cohérente et plus fiable et qu’elle relèvera les défis de la pandémie de COVID-19.

Pour sa part, le ministre de la Santé de la Colombie-Britannique, Adrian Dix, estime qu’il est trop tôt pour spéculer sur ce que l’administration Biden représente pour la province.

Des planches de bois empilées.

L'industrie forestière en Colombie-Britannique a été mise à mal au cours des dernières années.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui


Reprise de l’industrie du bois d’oeuvre, fibre de l’économie

L’arrivée de Joe Biden est extrêmement importante pour l’industrie du bois d'œuvre et du sciage de la Colombie-Britannique, puisque les États-Unis en sont le premier client, rappelle Luc Bouthillier, professeur et titulaire au département des sciences du bois et de la forêt à l'Université Laval, à Québec.

Pilier de l’économie provinciale, l’industrie forestière connaît des conditions difficiles depuis des années. Or, le professeur remarque que des occasions d'affaires se sont multipliées ces derniers mois. L’arrivée de M. Biden, en ce sens, tombe à point, dit-il.

L’arrivée de Biden, dans le dossier du bois d'œuvre comme dans tous les autres, c’est un changement de ton, d’abord et avant tout.

Luc Bouthillier, professeur et titulaire au département des sciences du bois et de la forêt à l'Université Laval
Une scierie en Colombie-Britannique.

L'une des scieries en Colombie-Britannique de la compagnie forestière Tolko, qui a dû fermer plusieurs de ses usines en 2020.

Photo : La Presse canadienne / Jonathan Hayward

Alors que la structure tarifaire sous l’administration Trump s’élevait à environ 20 %, en novembre, elle a baissé à 8 %, note M. Bouthillier. Est-ce qu’on peut s’attendre à ce que ces droits disparaissent? Non, mais on peut s’attendre à un nouveau climat de négociations.

La nouvelle représentante au département du Commerce nommée par Joe Biden, Katherine Tai, apportera aux relations entre les deux économies un multilatéralisme renouvelé, croit-il.

Mme Tai ne manquera pas d'observer que la Colombie-Britannique est un bon réservoir de matières premières et de sciage, pour compenser une certaine faiblesse aux États-Unis, estime M. Bouthillier.

Une administration démocrate ne réglera pas tous les maux d’une industrie mise à mal par des phénomènes naturels, comme les feux de forêt et des épidémies de dendroctone du pin, admet-il.

M. Bouthillier demeure néanmoins optimiste.

Je suis persuadé que le nouveau climat d’affaires qui va s’établir avec l’administration Biden va permettre des avancées qui vont garantir un avenir à l’industrie du bois de la Colombie-Britannique.

Une industrie, souligne-t-il, qui fait partie de la fibre de la province.

Deux personnes portant un masque marchent au centre-ville de Vancouver.

Vancouver devient une plaque tournante de l'industrie des technologies.

Photo : Radio-Canada / Ben Nelms


Développer le carrefour technologique à Vancouver

En promettant un plan de relance qui inclut des investissements importants pour les sphères informatiques et de haute technologie, Joe Biden crée des occasions de développement à Vancouver, où l’industrie technologique est en expansion, croit M. Hira.

La métropole est devenue une plaque tournante dans le domaine, presque une extension de Seattle et de la Silicon Valley, fait-il valoir. Or, la plupart des entreprises ne parviennent pas à croître et en restent souvent au stade d'entreprises en démarrage

Avec des politiques à long terme plus rationnelles et cohérentes, elles pourront vraiment profiter de la stimulation technologique qui viendra des États-Unis, avance le professeur.

Des tuyaux sont entassés les uns sur les autres.

Joe Biden a réitéré son intention de révoquer le permis de construction du pipeline Keystone XL.

Photo : Radio-Canada / Kyle Bakx


Changements climatiques et transformation énergétique

L’annonce a semblé causer une onde de choc dans certaines régions canadiennes, en particulier en Alberta et en Saskatchewan : Joe Biden entend révoquer le permis de construction du pipeline Keystone XL. Pourtant, l’opposition du futur président au projet énergétique transfrontalier était bien connue.

En Colombie-Britannique, où le gouvernement s’oppose au projet d’expansion du pipeline Trans Mountain, qui doit augmenter le débit de pétrole jusqu’au terminal de Burnaby, dans la région de Vancouver, le message qu’envoie Washington correspond davantage à ses propres ambitions en matière de lutte contre les changements climatiques, croient les experts.

Pour la politologue de l'Université de la Colombie-Britannique Kathryn Harrison, il s’agit d’un appel au réveil. Les industries pétrolières ne peuvent plus compter sur un marché stable dans un monde soumis à des contraintes liées aux émissions de carbone, dit-elle.

Trois épaulards, dont un nouveau-né, nagent près de la côte.

En Colombie-Britannique, les épaulards sont l'un des symboles importants de la lutte contre les changements climatiques.

Photo : Gracieuseté de Jared Towers

Par ailleurs, le plan de relance proposé par Joe Biden comprendra un financement important pour des projets liés aux changements climatiques, explique M. Hira de l'Université Simon Fraser.

Il s’agit d’une occasion de participer à la transformation de notre économie post-carbone, qui touche également la Colombie-Britannique, toujours engagée dans des projets énergétiques controversés, notamment la construction du Site C, un immense barrage dans le nord de la province.

Nous aurons peut-être un sentiment naturel d’euphorie à la même période, l’année prochaine. Mais les défis à long terme demeurent, en particulier lorsqu’il est question de transformer notre économie en une économie technologique sans pour autant exacerber les inégalités.

Le ministre de l’Environnement et de la Stratégie de la lutte contre les changements climatiques, George Heymann, n’a pas souhaité commenter les effets possibles de la nouvelle administration américaine sur la province.

La femme tient un parapluie au-dessus de sa tête.

Meng Wanzhou quitte son domicile pour se rendre au tribunal, à Vancouver, le 3 octobre dernier.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck


La résolution de l’affaire Huawei

Des experts avancent qu’une nouvelle administration américaine pourrait influer sur la résolution du procès de la directrice financière de Huawei, Meng Wanzhou, qui se tient à Vancouver.

Cette affaire, qui dure depuis deux ans, contribue à l’aggravation de relations amères entre le Canada et la Chine, et met un frein aux ambitions commerciales de longue date de la Colombie-Britannique avec le pays d’Asie, dit M. Hira. Il ajoute que l’un des objectifs centraux d'un groupe de réflexion vancouvérois, l'Asian Pacific Foundation, est d’étendre la base commerciale entre les deux régions.

Or, ces démarches sont suspendues tant que Meng Wanzhou subira son procès pour extradition aux États-Unis, indique le professeur.

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