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Ventilation : des classes dépassent les normes de CO2 en Abitibi-Témiscamingue

La façade de l'école secondaire.

La polyvalente Le Carrefour à Val-d'Or est ventilée mécaniquement. (archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Des tests préliminaires effectués dans certains établissements scolaires pour mesurer le taux de dioxyde de carbone ont produit des résultats qui dépassent parfois la norme gouvernementale de 1000 ppm.

Avant les Fêtes, la qualité de l’air a été mesurée dans quelques bâtiments de chaque centre de services scolaire en Abitibi-Témiscamingue. Dans certaines classes, le taux de dioxyde de carbone dépassait la norme de 1000 ppm lorsque les élèves étaient présents et que les fenêtres étaient fermées ou insuffisamment ouvertes.

Le constat des tests préliminaires

Au Centre de services scolaire du Lac-Témiscamingue, le directeur des services des ressources matérielles et du transport scolaire, Joël Fleury, affirme que ces résultats ne sont pas une surprise.

C’est évident que dans une classe d’une vingtaine d'élèves, une mesure qui a été prise au milieu de la période démontre un taux de CO2 qui dépasse les normes si les fenêtres ne sont pas ouvertes, dit-il, ajoutant que les taux de dioxyde de carbone diminuent après que l’on a ouvert les fenêtres.

Un bâtiment ancien converti en centre de formation professionnelle.

Le centre de formation professionnelle du Frère-Moffet, à Ville-Marie, a fait l'objet de tests. (archives)

Photo : Radio-Canada / Jocelyn Corbeil

Le constat est semblable au Centre de services scolaire de l’Or-et-des-Bois. « Les écoles ventilées mécaniquement respectent la norme de 1000 ppm. Pour ce qui est des écoles ventilées non mécaniquement, nous devons nous assurer de respecter la procédure d’ouverture des fenêtres, afin de respecter la norme du 1000 ppm », écrit-on par courriel.

Du côté de Rouyn-Noranda, la directrice des ressources matérielles, Édith-Martine Lapierre, déclare que les résultats sont généralement très bons.

On voit qu’on débute la journée avec un certain taux, ça augmente graduellement pendant la journée et à l’ouverture des fenêtres, ça redescend. Il y a seulement quelques cas isolés où il a fallu faire de petits correctifs, des fenêtres qui ouvraient mal parce qu’elles étaient gelées, il y avait de la glace, des choses comme ça, souligne-t-elle.

Une affiche sur le devant de l'école des Kekeko en hiver indique « École et Centre Communautaire de Beaudry ».

L'école des Kekekos, à Beaudry, a également fait l'objet de tests. (archives)

Photo : Radio-Canada / Emily Blais

Au Centre de services scolaire Harricana, on communiquera dans les prochains jours les résultats ainsi que les mesures qui seront mises en place. Le centre de services scolaire du Lac-Abitibi n’a pas encore répondu à notre demande d’entrevue.

Comment assure-t-on une bonne ventilation?

Le taux de dioxyde de carbone n’est pas lié à la COVID-19. Le professeur au département de santé environnementale et de santé au travail de l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Maximilien Debia, explique que le taux de CO2 nous sert d’indicateur sur la circulation de l’air.

Lorsque l’on a présence de personnes, donc qui vont générer du CO2, si la pièce n’est pas bien ventilée, on va avoir accumulation de ce CO2. On a des niveaux seuils qui nous donnent une information sur le degré d’aération, de confinement de la pièce, et on est capable de dire s’il y a un apport d’air suffisant ou pas dans cette salle, décrit-il.

La ventilation permet donc de diluer la potentielle présence de bioaérosols (ou gouttelettes) infectieux dans une pièce. Selon M. Debia, la ventilation mécanique peut assurer un moins grand risque de contamination par l’air.

C’est sûr que l’idéal, c'est d’avoir des systèmes de ventilation mécaniques. Pourquoi? Parce qu’ils vont garantir un taux de changement d’air frais à l'heure, donc ils vont permettre d’amener de l'air extérieur et de diluer les contaminants avec de l’air frais, affirme-t-il.

Le gouvernement recommande de son côté d’ouvrir les portes et les fenêtres pour assurer une ventilation adéquate. Toutefois, M. Debia croit que l’on devrait installer des unités mobiles de filtration dans les classes où la ventilation naturelle ne suffit pas.

Dans les milieux où l’on a [le pire des cas], je dirais, ce sont des solutions qui sont proposées par plusieurs personnes. Je pense qu’il y a plusieurs scientifiques spécialisés dans les aérosols qui ont retenu cette solution pour aider à maîtriser le risque dans le contexte actuel, indique-t-il.

Une ventilation naturelle

L’architecte à la retraite Guy Leclerc pense que la ventilation naturelle, soit par les fenêtres, doit être priorisée.

Le problème avec la mécanique, c’est que c’est compliqué, ça coûte cher. En gros, un système de ventilation mécanique, c’est un paquet de conduits avec de gros moteurs, de gros humidificateurs, des purificateurs. De la grosse gear [mécanismes]. Pourquoi? Pour remplacer de l’air intérieur par de l’air extérieur. Exactement ce que les fenêtres font, affirme-t-il.

En Abitibi-Témiscamingue, la majorité des écoles primaires ne sont pas dotées de systèmes de ventilation mécanique, donc on doit ouvrir les fenêtres pour faire circuler l’air. Certains bâtiments, comme des centres de formation professionnelle, ont quant à eux des systèmes de ventilation mécanique.

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